dimanche 11 mai 2014

LES CURÉS, LES FRÈRES...


Maintenant que les conneries suscitées par le défunt projet de Charte du PQ sont, enfin, derrière nous, je ne peux m'empêcher de reprendre dans mon blogue ce magnifique texte de Claude Jasmin. 

Il est temps de dire haut et fort que l'immense majorité des prêtres et des religieux et religieuses ont été des gens décents, respectueux, et dédiés au mieux-être de leurs élèves. 


Les curés, les «frères», tous les ensoutanés de jadis : des pervers sexuels, pédophiles dangereux?


Bon, bon. Ça suffit les zélotes du fondamentaliste athéiste, chers anticléricalistes aveuglés, acharnés, repos!

La vérité : collectivement nous devons manifester aux enseignants de jadis une immense reconnaissance. En toute justice, sans aucune honte.

Officiellement on dit qu'il y a eu 7% de pédophiles, donc, il y a eu 93% de prêtres et de religieux enseignants qui se sont dévoués généreusement à ce vaste ouvrage pédagogique, mal payés, sans vrai prestige le plus souvent. Certes avec plus ou moins de talent pédagogique. Ces innombrables vaillantes troupes d'hommes en soutanes sont, ces temps-ci, collectivement salies par ce malheureux 7%.

Le temps est donc venu de stopper la diffamation généralisée des enseignants religieux, une entreprise malveillante, un ouvrage maléfique, entretenu par certains laïcistes fanatiques.

Hélas, nous sommes nombreux à nous taire, intimidés par la mode du jour : le vice répandu partout.

Allons. Plein de Québécois se taisent peureusement face à ce déferlement, à cette infâme généralisation.

Ce «tous les curés dans le même odieux sac» accable des gens âgés ayant consacré une vie en dévouement.

Toute une existence à enseigner aux enfants du peuple Québécois, sans aucune discrimination.

Je souhaite entendre, lire quelques témoignages de reconnaissance désormais. Innombrables sont ces anciens gamins qui ont une dette d'honneur
envers des religieux enseignants, dont des pédagogues absolument merveilleux. Il faut les nommer. 

En toute justice. Il faudrait pour chaque mille dollars arrachés à une congrégation accusée, verser «neuf fois» cette somme, cela correspondrait en toute équité à ce 7% de vicelards versus ce 93% d'intègres religieux.

Pour ma part, je dis merci aux dévoués Clercs de Saint-Viateur de ma «petite école», rue De Gaspé dans Villeray (frère Foisy, frère Carpentier, salut !); comme je dis «grand merci» aux Sulpiciens du collège Grasset (Père Amyot, père Legault, salut !) à Ahuntsic.


Claude Jasmin


jeudi 10 avril 2014

« MANE, THECEL, PHARES »

« MANE, THECEL, PHARES »[1]

Dans le Livre biblique de Daniel, le dernier roi de Babylone, Balthazar, assiégé par Cyrus dans sa capitale, se livre à une orgie avec ses courtisans ; dans une forfanterie d'impiété, il fait servir sur les tables les vases sacrés que Nabuchodonosor avait autrefois enlevés au Temple de Jérusalem. Cette profanation à peine commise, le monarque voit avec épouvante une main qui trace sur la muraille, en traits de flamme, ces mots mystérieux : « Mane, Thecel, Phares », soit « compté, pesé, divisé » que le prophète Daniel, consulté, interprète ainsi : « Tes jours sont comptés ; tu as été trouvé trop léger dans la balance ; ton royaume sera partagé ». Dans la même nuit, en effet, la ville est prise. Balthazar est mis à mort et la Babylonie partagée entre les Perses et les Mèdes. 
Je ne veux pas écrire ici, avec le confort et la vue a posteriori parfaite  des entraîneurs sportifs du lundi matin, que la défaite amère du Parti québécois à l'élection du 7 avril 2014, était écrite sur les murs du Parlement de Québec.
Mais cette défaite, analysée avec des perspectives historiques, sociologiques et démographiques, n'aurait pas dû nous surprendre et nous étonner autant. Ce gouvernement fut médiocre et il a mené une campagne purement tactique, sans dessein stratégique clair.


Au plan historique
Le Parti québécois se dirige, depuis près de vingt ans, vers un cul-de-sac électoral. Andrew Coyne, ce commentateur politique que les nationalistes québécois aiment détester en se levant le matin, a écrit avec justesse : «In the eight elections from 1970 to 1998, the PQ averaged almost 43% of the vote. In the five elections since then they have averaged barely 30%.[2]» Il n'est pas le seul commentateur, loin de là, à avoir fait ce constat.
Le 7 avril dernier, le PQ a obtenu 25 % des voix exprimées. La tendance vers le bas se maintient pour le parti.

Au plan sociologique
Il y a plus grave. Les chiffres de l'élection du 7 avril montrent que les jeunes, les 18 - 34 ans, ont déserté le Parti Québécois. Les enjeux liés à la souveraineté politique du Québec ne les intéressent pas, ne les motivent pas. L'article Un du programme du Parti québécois les laisse de glace. Ces jeunes sont maintenant ailleurs. Mais le PQ demeure le parti politique favori des 55 - 64 ans, les baby-boomers. 
Ce n'est pas très prometteur pour l'avenir.
Par ailleurs, l'ex-ministre Jean-François Lisée en fait lui-même le constat, «Le fait majeur de l'élection est donc le déplacement du vote francophone, dans tout le territoire, du PQ vers le PLQ. Un signal extrêmement fort.[3] »

Le Parti québécois a donc perdu l'appui de la très forte majorité de Québécois francophones qui lui était fidèle jusqu'à maintenant. Le PLQ a ramené dans son giron des électeurs péquistes déçus ou désabusés. 

Je ne parle pas des avancées de la CAQ et de Québec solidaire (en termes de nombre de comtés), qui démontrent encore une fois la poursuite de l'implosion de la coalition du parti fondé par René Lévesque il y a plus de 40 ans.
Enfin, le Parti québécois a perdu son emprise sur le "450", c'est-à-dire sur les couronnes Nord et Sud de Montréal, qui se sont réparties entre la CAQ et le Parti libéral. 

Tout cela représente un changement social et politique majeur dans l'histoire de ce parti et du Québec.

Un gouvernement médiocre
Un autre facteur doit être considéré dans cette analyse postélectorale. Pendant son séjour au pouvoir, le gouvernement du Parti québécois, entre septembre 2012 et juin 2013, a accumulé erreur par-dessus erreur, gaffe par-dessus gaffe.
Le drame de Lac-Mégantic en juillet 2013 est venu en quelque sorte 'réchapper' le gouvernement de Madame Marois. L'empathie bien réelle de la première ministre dans ces circonstances éprouvantes et l'action énergique et, enfin, coordonnée de ses ministres et ministères, tout cela est venu rassurer les Québécois : ils avaient enfin un gouvernement sérieux à la barre du navire.
Au lieu de poursuivre sur cette lancée, voilà que ce même gouvernement organise une fuite médiatique sur son projet de charte, dépose plus tard ce dernier et entreprend une opération de wedge politics, de politique de division entre Québécois comme on n'en avait pas vue depuis la crise de la conscription en 1942.
Ce faisant, le Parti québécois s'aliénait non seulement les néo-Québécois et les Anglo-Québécois, mais aussi et surtout une bonne partie des Québécois francophones pure laine incapables d'accepter cette vision du Québec. 

De plus, il jetait aux poubelles de l'histoire plus de trente années d'efforts sincères de rapprochements avec les minorités sur son territoire, efforts entrepris par Gérald Godin et Jacques Couture à la fin des années 1970. Pire encore, le gouvernement péquiste, sur ce projet de charte, refusait tous les compromis honorables qui lui étaient proposés. Minoritaire, il a adopté la ligne dure d'un gouvernement majoritaire.
Au total, malgré quelques très bons projets de loi rassembleurs, le gouvernement du PQ n'a pas été un très bon gouvernement. Il ne méritait pas d'être réélu, et c'est ce que les Québécois semblent bien avoir décidé, le 7 avril dernier.

Une campagne tactique
Un dernier mot sur la campagne déclenchée le 5 mars dernier. Au moment d'écrire ces lignes, on ne sait pas encore très bien pourquoi Madame Marois a décidé d'aller en élection.
Sa seule explication, c'est qu'elle désirait avoir « tous les pouvoirs » pour faire adopter ses projets de loi et faire progresser le Québec. C'est vrai que l'opposition a bloqué quelques projets de loi, mais c'est tout aussi vrai qu'elle a voté en faveur d'autres projets de loi. L'opposition à l'Assemblée nationale n'a pas fait de blocage systématique envers les projets gouvernementaux. Bien sûr, l'opposition avait annoncé son intention de voter contre le budget Marceau tel que présenté. Mais il n'y a pas eu de vote. Madame Marois a plutôt choisi d'aller en élection.
Ce faisant, elle s'imposait un très lourd fardeau de la preuve: son gouvernement ne faisait face à aucune motion de non-confiance; son gouvernement n'avait pas été renversé en Chambre; de plus, en déclenchant les élections, elle violait sa propre loi sur les élections à date fixe, pensant profiter de sondages favorables. Sa loi devait prévenir précisément ce genre de comportement de la part d'un chef de gouvernement.

Sur ces fondations problématiques, la campagne du PQ a pris un difficile envol. Madame Marois a boudé les journalistes - comme Monsieur Harper, le jour du déclenchement de l'élection. 

Est arrivé ensuite Monsieur Péladeau, le poing en l'air pour "le pays". Le reste de la campagne fut dédié au rattrapage sans succès d'un plan de match électoral sans dessein stratégique clair. On connaît la fin de l'exercice.

Et la suite…
Nous sommes maintenant entrés dans la saison des examens de conscience chez les membres du Parti québécois. Ce qu'on entend jusqu'ici à ce propos, sauf rarissimes exceptions, n'est guère encourageant pour l'avenir de cette formation politique. 

C'est "more of the same"... Personne n'ose vraiment remettre en question l'article Un du programme, alors qu'il constitue de façon de plus en plus évidente le cœur du problème fondamental du PQ. Mais cet article est aussi le ciment qui tient ensemble ce qui reste de ce parti politique. L'avenir s'annonce difficile.
Le PQ va tenir une course à sa chefferie, mais en regard de sa place dans l'évolution politique du Québec et de son propre cheminement comme organisation, cette course risque d'être aussi anecdotique, ultimement, que celle qui a fait de Gabriel Loubier le chef de l'Union nationale en 1971, ou de Daniel Paillé le chef du Bloc québécois plus récemment.
Le prochain chef du PQ risque fort d'être le dernier leader significatif de cette formation politique. 
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Images: Le Devoir, Radio-Canada, Internet

vendredi 4 avril 2014

LA RÉGION DE QUÉBEC : UNE CHAMPIONNE !

Pendant que l'ensemble du Québec affiche un taux de chômage moyen de 7,8 % en février, à Québec, le marché de l'emploi connaît un début d'année fracassant. Le mois dernier, le taux de chômage dans la région qui couvre les villes de Québec et Lévis est à 4,1 %. 

Selon Statistique Canada, Québec est la région où le chômage est le plus bas au pays. Québec connaît le plein emploi. Cette réussite est le résultat de la vision des leaders de la région depuis les années 1980.
À l’époque, l’industrie manufacturière déclinait rapidement. Le gouvernement du Québec, après l’explosion de la fonction publique des années 1970 et 1980, faisait une pause dans l’embauche, et le secteur touristique avait atteint en bonne part son plafond de création d’emplois. Les leaders de la région de Québec, parmi lesquels figuraient les maires Jean Pelletier et Jean-Paul L’Allier, et les recteurs Jean-Guy Pâquet et Michel Gervais, ont convenu que l’avenir économique de la région, pour se diversifier, devait reposer sur les industries de haute technologie appliquant les résultats de la recherche universitaire dans tous les domaines. 
 
Concrètement, cette orientation a mené à la création du Parc technologique du Québec métropolitain, classé maintenant parmi les meilleurs au monde dans sa catégorie. L’action énergique de Jean-Guy Pâquet a entraîné la création à Québec de l’Institut national d’optique (INO), avec les retombées concrètes que sont des entreprises spécialisées comme Exfo ingéniérie et bien d'autres. Cela a aussi permis de créer des centres de recherches biomédicaux dont la réputation dépasse largement nos frontières.
Les années 1990 ont permis deux développements spectaculaires à Québec. D’abord, l’arrivée du monde numérique et les nouvelles technologies de l’information et des communications ont ouvert une porte fascinante sur le 21e siècle. Puis, Jean-Paul L’Allier, ignorant les moqueries dont il faisait l’objet, a entrepris de revitaliser le centre-ville de Québec, le quartier Saint-Roch.
Cela a permis d’en faire aujourd’hui un foyer de création unique de jeux vidéos et d’innovations de toutes sortes. Les entreprises qui y sont installées, dont Ubisoft, recherchent constamment des employés qualifiés. Depuis la fin des années 1980, la région de Québec est donc sortie de sa torpeur et a cessé d’être le « gros » village dont on aimait se moquer.
Tout cela n’est pas le fruit du hasard. De la vision, de la détermination, voilà ce qui a fait qu’en 2014, Québec – la région - est le lieu au Canada où le chômage est le plus bas. Depuis le tournant de l’an 2000, le taux de chômage de la région de Québec a TOUJOURS été le plus bas au Québec et TOUJOURS parmi les plus bas du Canada. C’est une réussite qu’il faut reconnaître en saluant les visionnaires qui l’ont rendue possible.
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mardi 1 avril 2014

MAIS POURQUOI SOMMES-NOUS EN ÉLECTIONS ?

On approche, enfin, de la fin de cette campagne électorale plutôt pénible. Alors que la majorité se prépare à aller voter, lundi, il m'est revenu la désagréable idée que je ne sais pas pourquoi nous sommes en élections, au Québec.

J'ai consulté les journaux et j'ai trouvé ceci, en date du 5 mars dernier, dans La Presse (ça aurait pu être n'importe quel autre journal: ils ont tous rapporté la même chose). Donc, j'ai trouvé : « Pauline Marois veut que les Québécois lui «donnent les moyens d'agir». Devant le refus prévisible des partis d'opposition d'appuyer le récent budget, elle a déclenché des élections générales pour le 7 avril prochain.»

C'est donc devant le refus 'prévisible' des partis d'opposition du budget de M,. Marceau. Mais il n'y a eu, au Parlement, aucune discussion sur ce fameux budget. L'Opposition s'est opposée par principe dès le dépôt, mais si elle en avait eu le temps, peut-être aurait-elle pu trouver des moyens acceptables au gouvernement pour que ce budget soit adopté, même légèrement modifié. 

C'est donc cousu de fil blanc, comme prétexte, pour lancer le Québec en élection. Si le budget avait été effectivement rejeté par un vote au parlement, je comprendrais, mais on ne s'est même pas rendu là.

Pourquoi sommes-nous en élection ?

Le gouvernement Marois a fait adopter une loi sur les élections à date fixe, précisément pour éviter que le premier ministre décide seul de la date des élections par pur intérêt ou calcul électoraliste. Mais Madame Marois a fait précisément cela : elle a provoqué des élections sans que rien ne justifie objectivement qu'elle le fasse. Son gouvernement n'a pas été renversé en Chambre, l'opposition a permis l'adoption d'un certain nombre de lois, mais pas de toutes, comme il sied en démocratie. Elle avait les moyens de continuer à agir encore pour un bon moment.

Alors, pourquoi somme-nous en élections ? Au fond, il n'y a aucune raison valable pour que nous soyons, depuis le 5 mars, plongé dans cette frénésie électorale peu ragoûtante. C'est de la politique très politicienne, la pire qui soit.

Voilà qui n'aide pas à dissiper le cynisme de la population envers nos élus et nos institutions.


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mardi 25 mars 2014

CE «CIMENT» QUI PREND DOUCEMENT

Un autre sondage, cette fois de Léger Marketing publié dans le Journal de Montréal et repris dans le Huffington Post Québec, signale que l'avance du Parti libéral de Philippe Couillard se confirme tranquillement sur le Parti québécois de Pauline Marois.

Il semble qu’il se passe présentement quelque chose dans la tête de beaucoup de Québécois et de Québécoises. La descente récente de François Legault et surtout de Pauline Marois (PQ) dans une certaine boue est un signe qui ne trompe pas. Cela sent la panique.

J’ai souvent dit dans le passé et écrit qu’un parti nationaliste au Québec ne survivait pas beaucoup plus qu’un quart de siècle à son fondateur. L’Union nationale est disparue dans les années 1980, son fondateur, Maurice Duplessis, étant décédé en 1959. René Lévesque est mort en 1987. Faites vos propres calculs. 

La déclaration de Jean-François Lisée sur les "cycles péquistes" (qui seraient toujours assortis d’un référendum) a rebuté beaucoup de monde (tout comme son arrogance, mais ça, c’est une autre histoire). Il se peut que de plus en plus de gens soient fatigués de ces "cycles" péquistes et aient décidé qu’il faut, comme société, passer à autre chose.

Il reste moins de deux semaines d’ici l’élection du 7 avril. Mis à part le débat à TVA jeudi prochain, que peut-il arriver, si on oublie le "garrochage" de boue appréhendé jeudi, qui puisse changer complètement la donne ? Rien n'est impossible, certes. Mais j’observe les élections au Québec depuis mon adolescence en 1960, et je ne peux imaginer ce qui pourrait se passer pour créer un tel renversement de la tendance qui se dessine de plus en plus.

Est-ce qu’un sondage qui donne les libéraux majoritaires incitera des partisans ou des voteurs libéraux à ne pas aller voter ? On peut en douter, car ce parti a souvent démontré dans le passé que les gens qui votent pour lui vont sortir sur leur civière, s’il le faut, pour aller déposer leur bulletin dans l’urne.

Est-ce que ce sondage peut inciter des partisans de Québec solidaire (QS) à revenir au PQ ? Très possible, mais il est bien difficile d’en estimer le nombre, d'autant plus que les socio-démocrates les plus à gauche du PQ ont probablement fui vers Québec solidaire lors de l'accueil de l'homme d'affaires Pierre-Karl Péladeau par Pauline Marois. S'il s'avère que le PQ se dirige vers une défaite, tous les membres de son aile plus radicale, le SPQ libre en tête, risquent fort de ne pas aller voter du tout ou de voter QS.

Pour le PLQ, cet hypothétique bénéfice du PQ est possiblement compensé par davantage de caquistes qui iront voter libéral pour être du côté gagnant.

Comme le dit souvent le chroniqueur Gilbert Lavoie du Soleil, il semble bien que le "ciment électoral" soit pas mal pris, dans cette élection déclenchée avec cynisme, contrairement à la loi sur les élections à date fixe et très mal planifiée et menée du côté du PQ. 

Mais attendons le 7 avril au soir...

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lundi 24 mars 2014

ÉLECTIONS À DATE FIXE: JE REPRENDS UN VIEUX BLOGUE

Le 9 novembre 2012, j'écrivais le texte suivant. Pour mémoire et compte tenu de la façon dont Madame Marois a déclenché l'élection du 7 avril prochain au mépris de sa propre loi,  je crois utile de remettre ce texte en ligne, ici.

PROJET DE LOI 3 : À LA POUBELLE, VITE  !!!

Avez-vous pris le temps de lire le projet de loi 3, du ministre Drainville, sur les élections à date fixe ? Vous pouvez le faire ici. Il y a seulement six articles, et c’est d’un vide sidéral. Comme manque d’imagination, c’est réussi. Ce projet de loi in-si-gni-fiant (au sens de : qui ne signifie rien) est une insulte à l’intelligence des Québécois et Québécoises.

Il se contente de fixer les élections au quatrième lundi de septembre à tous les quatre ans. Il donne au directeur général des élections la latitude pour repousser cette journée d’une semaine «s’il constate que le jour du scrutin déterminé conformément au deuxième alinéa de l’article 129 ne concorde pas avec les exigences de la situation, notamment parce qu’il coïncide avec la tenue d’une autre élection. » Et c’est tout.

Aucune pénalité (comme l’inhabilité à siéger) pour quiconque qui, à l’avenir, déciderait de ne pas respecter cette loi. Aucune considération sur l’idée de voter le dimanche plutôt que le lundi, pour sacrer la paix au réseau scolaire avec les élections tenues un jour de semaine, alors que ce même gouvernement impose des élections le dimanche aux villes et commissions scolaires. Aucune idée de faire de cette journée une « multi-élection » où les Québécois et Québécoises, dans l’urne, voteraient à la même occasion pour leur député, leur maire, leur conseiller municipal et leur commissaire scolaire. Non. Le ministre et son gouvernement croient que les Québécois n’en sont pas capables, qu’ils ne peuvent pas mâcher de la gomme et marcher en même temps. Aucune préoccupation pour l’atteinte de la majorité absolue pour tous les députés suite à un second tour, si nécessaire.

Ce projet de loi démontre une effrayante absence de réflexion de la part de ce gouvernement; il ne constitue qu’une décoration de vitrine (« window dressing ») et il ne veut rien dire. Ce projet de loi est méprisant, puisqu’il prend les citoyens pour des cons.

Mais surtout, plus gravement, il est le fruit d’une complète absence de réflexion pour le bien commun démocratique des citoyens de cette province. Il mérite tout simplement la poubelle. Vraiment, qui veut faire l’ange fait la bête.

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C'est souvent utile de ne pas jeter ses vieux textes... et de rafraîchir nos mémoires !

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vendredi 21 mars 2014

AVEZ-VOUS REGARDÉ LE DÉBAT DES CHEFS ?

Avez-vous regardé le débat des chefs hier soir ? Je l'ai fait. C'était, en un sens, un bon débat, dans la mesure où un débat à quatre peut être un bon débat. Voici ma perception.

1) Il n'y a pas eu de moment dramatique (comme « Monsieur, vous aviez le choix » de Mulroney à Turner en 1984 sur les nominations libérales). Aucun des quatre chefs n'a fait d'erreur sérieuse. Le ton est demeuré poli et respectueux, même si parfois les échanges étaient vifs. Pas de descentes dans la boue, ce qui est à l'honneur des participants.

2) Les questions de Sébastien Bovet étaient excellentes, et le débat a été bien dirigé par Anne-Marie Dussault Elle a cependant erré quand elle a essayé de  rappeler la démission de Couillard comme Ministre de la santé alors qu'il avait décroché un emploi. Cela a permis à M. Couillard, nonobstant les règles du débat, de corriger sur-le-champ Mme Dussault. Je note que cette dernière n'a pas essayé de rappeler à Pauline Marois le "deal" entre la FTQ et Claude Blanchet, son mari, révélé devant la Commission Charbonneau.

3) Françoise David, qui fut la révélation et l'étoile du débat 2012, a bien performé, mais la nouveauté n'était évidemment plus au rendez-vous.

4) Pour Philippe Couillard, c'était son premier débat comme un chef de parti : il avait beaucoup à perdre. Mais il fut généralement assez bon, au fait de ses dossiers, et prompt à répondre du tac au tac en cas de besoin. Il s'est assez bien imposé dans l'exercice d'hier soir.

5) Pauline Marois fut bonne elle aussi, même si le ton de sa voix était un peu strident. Elle était visiblement nerveuse, étant la cible des attaques des trois autres leaders, mais elle n'a fait aucune erreur grave. Sur la question du référendum, elle a été poussée dans les câbles. Aux questions de François Legault sur ​​ce sujet, coincée entre les militants de son parti et les sondages sur la question, elle a répondu qu'« il n'y aura pas de référendum ... aussi longtemps que les Québécois ne seront pas prêts à avoir un », ce qui, de toute évidence, n'est pas vraiment une réponse.

Qui a gagné, qui a perdu ?

Je crois que François Legault est le grand perdant dans le débat. Il devait être éblouissant pour tenter de corriger la ligne descendante de son parti dans les sondages, mais ce ne fut pas le cas, même si sa performance fut plus qu'honnête.

Françoise David a peut-être gagné quelques votes au détriment du PQ, établissant clairement son parti comme le seul qui est de gauche et indépendantiste, alors que le PQ vacille sur son objectif et accepte des hommes 'de droite' comme PKP dans ses rangs.

Pauline Marois a sûrement conforté sa base militante et ses partisans, mais je ne vois pas comment elle a pu gagner beaucoup de nouveaux votes dans la population en général hier soir.

Enfin , Philippe Couillard a réussi à s'imposer comme un chef de parti sérieux, en contrôle de ses dossiers, même si sa performance ne fut pas aussi parfaite que ses partisans l'auraient souhaité. Novice dans ce genre d'exercice, il a très bien joué, et c'est à son avantage, et c'est là où on peu lui concéder un léger avantage au terme du débat.

Il est probablement le seul, avec Françoise David, à avoir probablement gagné des votes hier soir, dans son cas, au détriment de la CAQ .

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Photo: La Presse, via Internet.



mercredi 12 mars 2014

PKP: VENDRA, VENDRA PAS ???

Depuis que Pierre-Karl Péladeau a annoncé sa candidature pour le Parti québécois dimanche dernier, la question « qui tue » est: doit-il vendre ou non les actions de Québécor qu'il possède ?

D'un côté, le Commissaire à l'éthique de l'Assemblée nationale s'exprime prudemment, en rappelant que Monsieur Péladeau n'est que candidat et qu'il n'est pas encore élu. 

Dans le quotidien La Presse de ce matin, Me Claude Bisson, le jurisconsulte de l'Assemblée nationale, soutient que : « Même si les actions sont dans une fiducie sans droit de regard, la personne reste propriétaire de ses actions. Et tout le monde le sait. […] Si c'est le cas d'une compagnie comme Bombardier Produits récréatifs, c'est bien différent que l'ancien patron et l'actionnaire majoritaire d'une entreprise de communications, d'une entreprise de presse. »


De l'autre côté, ceux qu'on appelle les "ténors" de l'indépendance, croient au contraire que M. Péladeau ne doit pas vendre ses actions, « d'autant plus qu'un tel scénario déboucherait sans doute sur la perte de contrôle, par le Québec, d'un fleuron de notre industrie culturelle et par le fait même, du siège social d'une entreprise à l'importance vitale », écrivent-ils dans un texte paru ce matin.



QUI A TORT, QUI A RAISON ?


Difficile de départager la question avec certitude. Dans ce contexte, il faut se rappeler que le député Pierre Arcand, s'est départi de ses parts dans sa compagnie d'affichage Métromédia Plus lorsqu'il a accédé au Conseil des ministres. Métromédia Plus est une entreprise de communications.


Pourquoi Monsieur Péladeau, s'il est élu député et accède au Conseil des ministres si le PQ est réélu bien sûr, pourrait-il conserver ses actions, même si elles sont placées dans une fiducie sans droit de regard ? 

Le danger de voir le contrôle de Québécor passer à des mains non-québécoises suffit-il à justifier que les règles établies en cette matière soient changées en raison de l'arrivée de M. Péladeau en politique ?


Poser cette question, c'est se demander si la fin justifie les moyens. Poser cette question, c'est aussi se demander si l'éthique est une matière élastique. 


Je suis d'avis que seule une fin noble peut justifier les moyens utilisés pour l'atteindre. Pour une bonne partie des Québécois, l'indépendance est une fin noble en soi et peut justifier certaines contorsions acceptables à l'éthique convenue. Mais pour une majorité de Québécois à ce jour, l'indépendance n'est pas une fin noble ou souhaitable en soi. 


Je suis aussi d'avis que l'éthique, si ses règles peuvent et doivent évoluer au fil du temps, n'est pas une matière élastique dans sa portée, encore moins si on envisage de réduire cette dernière. On a de l'éthique, on convient des règles et on les respecte. Sinon, oublions l'éthique.


Alors, dans le cas de Monsieur Péladeau, doit-il vendre ou non les actions de Québécor qu'il possède ?


La réponse vient très probablement de Monsieur de la Fontaine qui, dans sa fable Les animaux malades de la peste, écrivait que « Selon que vous serez puissant ou misérable, Les jugements de cour vous rendront blanc ou noir. »

Monsieur Pierre-Karl Péladeau est puissant, et le jugement le rendra blanc. Vous le verrez, bien sûr...

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dimanche 9 mars 2014

UN ADIEU FINAL AUX NORDIQUES DE QUÉBEC…


Pierre-Karl Péladeau se lance en politique et se présente pour le Parti québécois. Grand bien lui fasse.  

Cet homme d'affaires, habitué à dicter ses volontés autour de lui et à se soucier d'abord des rendements de ses entreprises pour ses actionnaires, doit maintenant se convertir aux compromis, essentiels en politique, au bien commun et au service public, trois concepts qui n'ont jamais fait partie de son quotidien. 

De plus, sa possession d'un très large secteur des médias du Québec va poser des problèmes évidents. 

Enfin, pour les gens de Québec et pour Régis Labeaume, voilà probablement le

Feu les Nordiques...
clou dans le cercueil des Nordiques. Pensez-vous qu'à New York, chez Gary Bettman et compagnie, on va "encourager" un séparatiste en lui concédant une franchise de la LNH ?

Déjà que Pierre-Karl Péladeau, lors de sa tentative d'achat des Canadiens de Montréal, avait laissé un goût amer  chez les propriétaires des clubs de la LNH en raison de ses méthodes plutôt brutales, voilà qu'il saute en politique avec un parti indépendantiste ou, comme on dit aux États-Unis, sécessionniste.

Monsieur Bettman va-t-il vouloir offrir une franchise à la ville de Québec dans ces conditions ? 

Poser la question, c'est y répondre !

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Crédits images:

Pierre-Karl Péladeau: La Presse
Logo des Nordiques : Internet



vendredi 7 mars 2014

BONNE NOUVELLE ET VIEUX JUGEMENTS...

Il ne faut pas que l'élection générale présentement en cours nous fasse oublier les bonnes nouvelles. Pour les Québécois, la plus récente bonne nouvelle a été celle de la Caisse de dépôt et placement du Québec. C'était le 26 février dernier, a.e.g. (avant l'élection générale). Ce jour-là,  on apprenait que avait « généré un rendement moyen de 13,1 % en 2013, une preuve que la stratégie d'investissement de la Caisse « porte fruit », selon le président et chef de la direction, Michel Sabia. » (Citation extraite du Huffington Post Québec, 26 février 2014)


Bonne nouvelle pour nous tous, en effet. Mais comme la devise de ma province est "Je me souviens", j'ai décidé de me rappeler les vieux jugements de nos principaux nationaleux lorsque M. Sabia a été nommé à la tête de la Caisse.

À cet égard, il est très très instructif de relire un article du Devoir, notre organe nationaliste par excellence, publié le 14 mars 2009. Les surlignages sont les miens. Lisez plutôt:

« LE DEVOIR, SAMEDI 14 MARS 2009
Un choix qui suscite beaucoup de scepticisme
Les réactions étaient généralement mitigées hier à la suite de la nomination de Michael Sabia à titre de président et chef de la direction de la Caisse de dépôt et placement du Québec. On se dit à la fois sceptique quant à sa capacité de faire face à la musique et étonné par la rapidité de la désignation de ce dernier comme dirigeant du «bas de laine» des Québécois.
L'ancien premier ministre Bernard Landry a été le premier à décrier ce choix. «C'est plus qu'une erreur, c'est une faute qui s'approche de la provocation», a-t-il lancé quelques minutes à peine après l'annonce. «Cet homme-là, en dépit de ses mérites économiques, était le dernier profil à choisir pour diriger cette institution. Je pense que le gouvernement commet une sorte de provocation, et même dans les rangs des libéraux québécois, ça ne devrait pas être bien accueilli», a ajouté celui qui a déjà été ministre des Finances du Québec.

M. Landry a pris soin de souligner que sa critique n'avait «rien à voir avec le lieu où est né M. Sabia», qui est originaire de l'Ontario. «C'est son parcours, sa culture socioéconomique et sa culture nationale, qui est canadian. Il nous l'a d'ailleurs prouvé encore dernièrement. Il était l'artisan du transfert à Toronto de BCE, qui est un des fleurons de l'appareil décisionnel économique de Montréal, avec toutes les conséquences que cela aurait pu avoir.»

Selon lui, il aurait plutôt fallu choisir «quelqu'un qui aurait passé sa vie dans la culture socioéconomique québécoise, qui épouse le modèle québécois» pour diriger «la plus grande institution financière du Québec, avec toute la symbolique qu'elle représente».


«Offensant», dit Yves Michaud

Le fondateur du Mouvement d'éducation et de défense des actionnaires, Yves Michaud, a quant à lui insisté sur le caractère «cavalier» et «offensant» de cette nomination «à la limite de la légalité». «Je n'ai jamais vu ça qu'un conseil d'administration amputé de la moitié de ses membres fasse une recommandation au gouvernement qui, lui, passe un décret sans avoir nommé tous les nouveaux membres du conseil d'administration», a-t-il insisté.

Il a du même coup réitéré sa suggestion selon laquelle le choix du dirigeant de la Caisse devrait se faire aux deux tiers des députés de l'Assemblée nationale. M. Michaud ne souhaite cependant pas juger M. Sabia avant de voir ce qu'il fera à la tête de l'institution.

Ancien président-directeur général de la Caisse de dépôt et placement du Québec de 1980 à 1990, Jean Campeau s'est pour sa part dit «sceptique» quant à la nomination de M. Sabia. «Pour être dirigeant de la Caisse, il faut avoir la passion du Québec, il faut avoir une attitude missionnaire dans le développement régional, et je me demande si M. Sabia a ça en lui», a-t-il dit au journal Les Affaires.

La performance de M. Sabia lorsqu'il était à la tête de BCE, de 2002 à 2008, amène en outre M. Campeau à douter de ses qualités de gestionnaire. «On rapporte qu'il est incapable de prendre des décisions, qu'il blâme les autres pour ses échecs, est-ce que c'est vrai? Je ne le sais pas, mais j'espère que non.»

De son côté, l'investisseurs Stephen Jarislowsky a surtout tenu à rappeler l'ampleur de la tâche qui attend Michael Sabia, et ce, malgré sa grande expérience en tant que gestionnaire. «S'il veut être cuit, je crois que c'est un bon choix», a-t-il laissé tomber à un quotidien montréalais.

L'analyste Michel Nadeau, qui a déjà été le numéro deux de la Caisse, a rappelé que M. Sabia n'a peut-être pas toutes les cordes à son arc pour diriger l'institution. «Il a trois grandes carences. Il ne s'y connaît pas en placements, sa performance dans la gestion n'a pas été très bonne et sa connaissance du mandat [de contribution à l'essor économique du Québec] est très, très faible.» Selon lui, «le gouvernement voulait arrêter l'offensive péquiste» sur la gestion de la Caisse en procédant à cette nomination dès maintenant. » 
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Édifiant, n'est-ce pas ? Les procès d'intention de ces esprits tellement ouverts à l'Autre et aussi accueillants demeurent, cinq ans plus tard, très révélateurs d'une certaine attitude de nos milieux nationalistes au Québec.

Michael Sabia, si mon souvenir est exact, n'a pas répondu à ces attaques et à ces insinuations de bas étage. Il s'est mis au travail pour tenter de corriger les graves erreurs de gestion de son prédécesseur, Henri-Paul Rousseau (un vrai Québécois, sous la gouverne duquel la Caisse de dépôt a perdu, quoi, 40 milliards ?).

De fait, Michael Sabia, ce "Canadian", selon Bernard Landry, cet homme qui n'aurait pas "la passion du Québec", selon Jean Campeau, qui "ne s'y connaît pas en placements, [dont la] performance dans la gestion n'a pas été très bonne et [dont la] connaissance du mandat [de contribution à l'essor économique du Québec] est très, très faible" suivant Michel Nadeau, Michael Sabia, donc, a réussi à redresser la Caisse et à générer un rendement moyen de 13,1 % en 2013.

Les Québécois auraient intérêt à cesser d'écouter nos vieilles barbes nationalistes et à juger davantage sur les faits. 

Monsieur Sabia, je vous remercie pour cette belle année 2013...
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Crédits images: 
Caisse de dépôt et de placement: PC
Michael Sabia: TVA Nouvelles

samedi 22 février 2014

GASPILLER NOTRE ARGENT...

Nous sommes au seuil d'une (autre) campagne électorale, qui sera décidée par la seule première ministre Pauline Marois. Sans qu'on s'en émeuve, elle va commettre un abus de pouvoir, et la plante verte, qu'on appelle aussi notre lieutenant-gouverneur, va obtempérer obséquieusement à la demande de Madame Marois de dissoudre le Parlement.

Madame Marois va faire cela sans tenir compte de la Loi sur les élections à date fixe adoptée par son gouvernement il n'y a pas deux ans. Et elle va le faire impunément: la loi sur les élections à date fixe ne comporte aucune sanction pour quiconque la violerait. Cette loi ne vaut donc pas le papier sur lequel elle est imprimée, et elle demeure un voeu pieux hypocrite. 

Si cette loi prévoyait l'inhabilité à siéger durant deux mandats successifs pour tout parlementaire qui la violerait de façon délibérée - je vise ici la personne qui est premier ministre, on pourrait la prendre au sérieux. Mais non, cette loi, c'est de la poudre aux yeux politicienne du plus bas étage.

Si notre lieutenant-gouverneur se redécouvrait une colonne vertébrale et ayant reçu la démission du gouvernement minoritaire de Madame Marois, il décidait, comme le prévoit la constitution et les usages parlementaires, d'offrir au chef du deuxième parti comptant le plus grand nombre de députés, de tenter de former à son tour un gouvernement, nous épargnerions les dizaines de millions de dollars que coûtera l'élection hâtive qui s'en vient.

Cette solution n'est pas très excitante pour les médias et pour l'industrie de l'information instantanée, mais elle générerait moins de cynisme populaire additionnel envers toute la classe politique. Il est temps de songer à reconstruire petit à petit le respect perdu des citoyens pour les hommes et femmes politiques et pour les institutions qui les gouvernent. Pour cela, il n'y a pas de petits gestes.

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lundi 3 février 2014

QUÉBEC : DES DISSONANCES…

Depuis 2008, la Ville de Québec, stimulée par le succès des fêtes de son 400 ème anniversaire de fondation et l'enthousiasme de son nouveau maire, a vécu dans une climat positif et joyeux presque constant. Il y a bien eu quelques esprits chagrins (dont le mien) pour critiquer la mentalité de "du pain et des jeux" de ce climat, mais il reste que notre ville, avec le plein emploi, une succession d'événements plutôt spectaculaires et la venue régulières de grandes vedettes internationales sur ses Plaines, a projeté depuis une image plus dynamique, plus festive, disons-le, plus jeune.

Cependant, certains indices laissent croire que cette façade commence à craquer, que l'élan des festivités s'essouffle, que la fête achève, que l'humeur change. Chaque indice, pris isolément, n'est pas dramatique, mais ensemble, ils créent un tableau moins positif et harmonieux de notre ville. Quels indices ?

Un Festival d'été essoufflé ?

Personne ne l'a crié sur les toits, mais la venue de Céline Dion et de Paul McCartney sur les Plaines d'Abraham l'été dernier n'a pas été le succès bœuf espéré. Dans les deux occasions, les spectateurs n'ont pas rempli les Plaines, malgré qu'à la dernière minute les organisateurs aient littéralement donné les billets d'admission. Fatigue du public ? Sentiment de déjà vu, cinq ans seulement après leur visite de 2008 ? Les motifs de cette relative désaffection du public sont sûrement nombreux, mais désaffection il y a bel et bien eu. On nous promet Lady Gaga pour 2014. Disons que comme élément de rassemblement d'un public large et diversifié sur les Plaines, on a vu mieux, nettement mieux.

L'usure du temps

Autre indice, l'année 2013 a marqué la dernière présence du Moulin à images et du Cirque du soleil gratuits. Ces spectacles, maintenus par un engagement financier sérieux de la ville depuis 2009, sont terminés. À la fin, le Moulin projetait ses images devant des quais à peu près déserts, et le Cirque du Soleil, déménagé à l'Agora du Vieux Port, n'a plus eu le succès escompté, même si à l'Agora du Vieux Port il a connu un peu plus de succès que sous les bretelles de l'autoroute. Là aussi, on peut évoquer une certaine fatigue visuelle et l'usure du temps pour expliquer la baisse de popularité de ces présentations. Ajoutons à cette nomenclature la disparition annoncée du Festival international des musiques militaires, en raison de la disparition de la subvention annuelle du gouvernement fédéral et la fin proche du contrat du "Red Bull Crashed Ice", appellation hideuse d'événement s'il en est. L'été de 2014 sera plutôt tranquille, surtout si on le compare aux étés "buzzés" depuis 2008…

Le Concorde et "les vieux"

Un autre indice s'est ajouté à cette fin d'époque : la fermeture de l'Hôtel Loews Le Concorde. Cet hôtel est un établissement hôtelier majeur situé à un emplacement stratégique de la ville, et sa forme architecturale unique fait partie du paysage urbain de Québec depuis maintes décennies. On ne parle pas ici d'un motel de banlieue. Il fallait que les affaires ne soient plus très bonnes pour que les propriétaires décident de le fermer plutôt que de le rénover.

Sa possible transformation en résidence pour personnes âgées autonomes a suscité une querelle plutôt hideuse dans la ville de Québec, où des tenanciers de bars à la mode sont montés aux barricades pour s'opposer à la venue de quelques centaines de résidents âgés à côté ou devant leurs établissements de boisson. Cette querelle se poursuit toujours en sourdine, et le maire, toujours prompt à se mettre un pied de plus dans la bouche, a cette fois fait sagement preuve d'une grande prudence tant ce débat touche à des valeurs sociétales fondamentales. Disons-le carrément : la fermeture du Concorde est un événement déprimant pour toute notre communauté urbaine.

Les "mamelons" d'Arrimage Québec

Autre incident, qui touche lui aussi à l'image de la ville et qui affecte l'humeur du temps. La compagnie Arrimage Québec, déjà renommée pour sa poussière de zinc sur Limoilou, a décidé d'ériger deux énormes silos de 45 m de hauteur le long du fleuve pour faciliter le transbordement et l'exportation de particules de bois. Malgré les protestations, l'entreprise est allée de l'avant (le premier silo - énorme - est déjà érigé et les travaux vont bon train pour le second), et a envoyé promener tous les opposants. Le maire, saisi de l'affaire, a eu une réaction molle sans lendemain, et la population est maintenant placée devant un fait accompli. Que vaut l'opinion publique contre des entrepreneurs décidés, dont la plupart sont de bonnes connaissances de notre premier magistrat ? Bien peu de chose…

Le patrimoine urbain

Sur un autre plan, voilà aussi que le ministre de la "Culture", Maka Kotto, aurait reçu, selon le quotidien Le Soleil, un avis défavorable du Conseil du patrimoine culturel à propos du projet de condos dans le boisé Woodfield des terres patrimoniales de Sillery, et qu'il semble l'avoir ignoré. La Ville de Québec rejetait pourtant le projet de Bilodeau Immobilier afin de préserver intact le boisé près du cimetière Saint-Patrick à Sillery. Mais le ministre de la Culture a donné son feu vert au projet, estimant que le promoteur s'était suffisamment engagé à préserver le boisé. Les défenseurs du patrimoine sont outrés, mais il semble bien que le projet ira malheureusement de l'avant.

Fin de la fête

Encore une fois, chacun de ces indices n'est pas, en soi, dramatique. Mais leur accumulation en relativement peu de temps crée un climat plus morose que festif. Bien sûr, il est possible que notre maire, davantage promoteur que visionnaire, ait une conception stimulante du développement à long terme de notre belle cité, même si pour l'heure on n'en voit pas les signes. En outre, il est peu loquace sur le vrai moteur du développement économique de la ville: les centres de recherches, l'université, les technologies nouvelles, etc., qui créent des emplois de haut calibre jour après jour, mais sans l'éclairage des vedettes de passage. 

Rien de tout cela ne mine  les immenses avantages de vivre à Québec. Mais notre ville devra peut-être réapprendre a accepter d'être ce qu'elle est, et non pas à toujours vouloir plus, meilleure et plus grosse que les autres, et à accumuler sans vision toutes sortes d'événements pour le plaisir de faire vibrer le bon peuple. Personne ne peut vivre "sur le party" en permanence. Il est temps que nous le réalisions à Québec. 

Il y a de plus en plus de dissonances dans le concert de notre ville.


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Image du Concorde:  Radio-Canada