mardi 12 mai 2026

LE BRUIT

Dans La Presse de ce matin, (12-05-2026), je lis : « Derrière son bureau avec une vue imprenable sur la glace, aux côtés de son « coloc », le DJ du Canadien Vincent-Guy Aubry, il explique qu’un soir de match, « on n’accepte pas le silence » dans l’amphithéâtre. » 

    Je ne suis jamais allé au Centre Bell. Je ne suis allé que quelques fois dans l’ancien Forum. Comme il y a une vingtaine de milliers de personnes rassemblées sur place, évidemment qu’il y a du bruit. Beaucoup de bruit. Ce que j’ignorais cependant, c’est que le Canadien a son DJ, son disc jockey ou, si vous préférez, son faiseur de bruits. 

J’ai aussi vu, quand j’ai regardé les résumés des joutes sur la Presse, que maintenant, les bandes autour de la patinoire sont animées, diffusent de la publicité comme à la télévision. 

Comment les joueurs, qui doivent se concentrer le plus possible sur leurs jeux, peuvent-ils le faire dans un pareil environnement où le son et la lumière prédominent, y arrivent-ils ? Je ne le sais pas. Mais le peuple, lui, aime cela et il en redemande. 

Les Romains en redemandaient aussi, de leurs jeux où des gladiateurs s’entretuaient, où des bêtes sauvages déchiquetaient criminels et chrétiens. Et ça a duré pendant des siècles.

Aujourd’hui, au Centre Bell (et ailleurs), on n’accepte pas le silence. Il ne faut pas que les spectateurs aient le temps de souffler et de réfléchir à ce qu’ils font ou ont fait. Ils ont payé des centaines de dollars pour leur billet : ils en veulent pour leur argent. Ils veulent que leur club gagne, ils veulent avoir du fun, et le bruit (aussi appelé musique moderne) contribue à leur bonheur.

Tant mieux pour eux. Tout ça, ce n’est pas pour moi.