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dimanche 2 avril 2017

TROIS VEDETTES, UN MALAISE…

Les syndicats de l'enseignement ont grimpé dans les rideaux suite à la nomination par le ministre de l'éducation de trois «profanes» pour «repenser l’aménagement des écoles pour donner le goût aux enfants d’apprendre.» Si on met de côté les outrances verbales syndicales habituelles et l'antipathie viscérale des enseignants vis-à-vis le gouvernement libéral, leur critique n'est cependant pas sans fondements, loin s'en faut.

Qui sont ces trois profanes, ces trois vedettes ? Ce sont Ricardo Larrivée, Pierre Thibault et Pierre Lavoie. Le premier est connu pour ses talents de cuisiniers et de communicateur, le second est un architecte de renom et le troisième est connu pour encourager l'activité physique. Les trois sont des personnes estimées dans notre société. A priori, cependant, il n'y a rien qui les qualifie pour repenser l'éducation, et seul Pierre Thibault peut offrir des conseils pertinents pour repenser l'aménagement des écoles afin de donner aux enfants le goût d'apprendre. À la condition qu'il écoute les enseignants. C'est quand même une drôle de lubie que celle-là. Le ministre de l'éducation a décidé d'avoir recours à des vedettes pour se faire faire une petite Commission Parent 2.0. C'est, bien sûr, ridicule.

Au-delà des vœux pieux et des bonnes intentions et après avoir visité les écoles de pays réputés comme la Finlande, nos trois profanes ne nous diront pas grand-chose de plus que ce que nous ne connaissons pas déjà. Ils vont, sur l'école, réinventer le bouton à quatre trous. Nous savons déjà ce qu'est un bouton à quatre trous. De là provient le malaise que beaucoup éprouvent devant cette dernière trouvaille gouvernementale.

Dans tout l'énorme ministère de l'éducation comme dans toutes les universités où on forme des enseignants et dans les commissions scolaires qui assurent au jour le jour avec les enseignants le travail d'enseignement au ras des pâquerettes, dans les classes, il faut donc conclure que le gouvernement n'a pas su trouver les ressources intellectuelles et créatrices pour innover et repenser l'école québécoise.

Disons, en étant très charitables, que cette initiative spectaculaire n'est pas de nature à renforcer la confiance du monde de l'éducation en ses propres capacités. De plus, elle accrédite l'impression qu'à peu près n'importe qui peut faire n'importe quoi dans l'instruction des enfants. Ce n'est pas fort fort… C'est même insultant pour les enseignants et le milieu. La critique des syndicats n'est pas sans fondements, je le répète.

Pièce de stratégie

Pour comprendre ce geste du gouvernement, il faut d'abord se dire que nous sommes à 18 mois de la prochaine élection. Dans le budget Leitao de la semaine dernière, déjà la distribution des bonbons a commencé. Également, une solide campagne publicitaire gouvernementale est en marche. En planifiant à l'avance la prochaine campagne électorale, le gouvernement ne comptera pas sur les enseignants qui, de toute façon, vont disperser leurs votes entre plusieurs partis politiques surtout dans l'opposition. Le gouvernement, qui a encore un budget à déposer au printemps 2018, va continuer de chercher à plaire au public en général en peaufinant ses stratégies et ses informations.

Face à une opposition plus divisée que jamais, le gouvernement tablera sur un certain contentement en raison de ses investissements «judicieux» pour redonner aux Québécois une partie, sinon la totalité de ce qu'il a imposé comme restrictions aux augmentations de budget, ce que le langage courant a appelé, à tort, des coupures.

Que trois personnes respectables, connues et admirées du public aient accepté de se pencher sur l'éducation et les écoles est un geste habile de propagande politique qui a déjà sûrement marqué positivement beaucoup d'esprits au Québec, en dehors des cercles plutôt restreints des médias et de l'opposition.

Il restera au gouvernement, d'ici la fin de l'automne, à annoncer une couple de coups d'éclat de ce genre pour continuer à frapper le clou de sa bonne gouvernance. Bien sûr, ce gouvernement est fragile, au plan éthique, mais il demeure uni. L'opposition, en Chambre et dans la rue, n'a que des mots à lui opposer, et on ne sait pas très bien qui l'écoute encore.

Les trois vedettes ont aussi créé un malaise, et ce n'est pas seulement dans le monde de l'éducation.
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vendredi 23 mai 2014

À CAUSE DU MINISTÈRE : LE FRANÇAIS S'EN VA...

Il y a toujours plein de trucs intéressants dans les journaux, le matin. Je trouve que c'est plus intéressant sur papier que sur une tablette, mais ça, ça ne fait que démontrer mon âge. Papier ou tablette, il y a toujours plein d'histoires fascinantes, et je ne parle pas du procès de Mme Thibault. 

Tenez, ce matin, on apprend, comme cela, que le Ministère de l'éducation et surtout, du loisir et des sports, réduit ENCORE ses exigences pour la correction des examens de français.

Je cite la journaliste du Soleil Daphnée Dion-Viens:

« Pour corriger un texte de français, le Ministère demande maintenant de ne compter qu'une seule erreur «lorsque tous les mots d'un groupe (y compris l'attribut) régis par la même règle d'accord ne sont pas accordés comme ils devraient l'être». Par exemple, dans la phrase suivante, «Les chatte sont noire», les profs doivent compter une seule erreur plutôt que deux, puisqu'il s'agit de la même règle d'accord du pluriel qui n'est pas respectée. »

Notez qu'on ne parle plus de phrase, mais de groupe. Donc, dans le cas de la phrase "les chatte sont noire", il y a là DEUX fautes d'accord. Mais, pour le ministère moumoune du Québec, il n'y en a qu'une, et peut-être pas si ton petit cœur de correcteur pleure à l'idée de faire de la pei-peine à un petit Québécois qui a le droit sacré de réussir sans efforts.

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Je ne peux pas croire que nous en soyons rendus là. Avec l'aide du Ministère de la non éducation du Québec et de la complaisance générale, le français est de plus en plus foutu chez nous. C'est un triste constat, mais un réel constat. Pour ma part, en ma qualité de vieux, je suis très fier QU'AUCUN de mes diplômes n'ait été signé par un représentant d'un gouvernement. Aucun.

Ce qui fait que je sais écrire, et qu'on m'a formé, oui, à la dure. Dans le cas de "les chatte sont noire", il y a là DEUX fautes d'accord, pas une. Le français s'apprend en le parlant et en l'écrivant.
 
Ma mère et mon père m'ont appris à le parler, et mes professeurs, laïcs et religieux, m'ont appris à l'écrire. Ce ne fut pas facile. Ce n'était pas ludique, n'en déplaise aux "scientifiques de l'éducation" (?) d'aujourd'hui.  

J'en ai fait, des dictées, et j'ai appris le vocabulaire et la grammaire avec ses règles. J'en suis fier et j'ai transmis cela, je crois, à mes enfants. Il m'arrive encore de faire des fautes ou de commettre des erreurs ou des coquilles dans mes textes. J'en ai toujours honte, et je me corrige.

Hé les enseignants et enseignantes du Québec, bon sang, révoltez-vous et corrigez vos examens de français comme la langue française le commande et non comme les bureaucrates incompétents et insignifiants le souhaitent !

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Avec mes remerciements à la journaliste du Soleil Daphnée Dion-Viens pour avoir déterré cette histoire.

Image: Huffington Post Québec