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samedi 10 février 2018

PQ : ÉCHEC ET DÉTRESSE

La décision surprise du chef péquiste Jean-François Lisée de faire de la députée Véronique Hivon la « vice-cheffe » du Parti québécois fût la surprise de la dernière rencontre des instances de ce parti.

Lisée a « sorti » cette idée de son chapeau. Puis, sans qu’aucune résolution formelle n’ait été présentée, débattue et adoptée, Mme Hivon est devenue la première « vice-cheffe » de ce parti qui n’en avait jamais connu depuis sa fondation.

Peu d’analyses en profondeur ont été faites sur ce geste de Lisée. On peut expliquer cela probablement par le fait que Véronique Hivon est une des personnes les plus respectées à l’Assemblée nationale. Son parcours politique est éloquent et elle est une femme brillante à l’empathie très développée. Elle est capable d’écoute attentive. Qu’elle ait été choisie par son chef, après la surprise de l’annonce, n’a frustré personne au sein de son parti. C’est tout à son honneur.

Un geste révélateur

Cela dit, le geste lui-même mérite qu’on s’y attarde. En ayant recours à ce ‘truc’, cette entourloupette, Jean-François Lisée a implicitement fait une étonnante reconnaissance de l’échec de son leadership. Dans les faits, il a reconnu qu’il ne pouvait, tout seul, être « l’homme de la situation », pour reprendre une expression surutilisée. La descente lente mais implacable du Parti québécois dans les sondages s’est poursuivie sous sa gouverne.

L’indifférence mesurée des Québécois pour le concept même de l’indépendance politique du Québec n’a pas été modifiée parce que Jean-François Lisée est devenu le chef du parti fondé par René Lévesque. Fondamentalement, Jean-François Lisée a gagné la dernière course à la chefferie du PQ, et rien n’a vraiment changé pour son parti. Pire encore, la CAQ a poursuivi sa montée dans les intentions de vote des Québécois au point d’être maintenant en tête dans les sondages.

Lisée est un homme intelligent, tout le monde le sait. Il est capable de faire d’excellentes lectures de l’état des lieux politiques au Québec en ce début de 2018. Il a réalisé comme bien d’autres que le mouvement des plaques tectoniques politiques chez nous était impossible à arrêter. Le déclin de son parti, inscrit dans les résultats électoraux depuis 20 ans, semble impossible à être renversé. Aussi, faute de vision stratégique, Jean-François Lisée a eu recours, encore une fois, à une tactique, à un truc pour qu’on parle de son parti.

Son truc a fonctionné. Brièvement. On a parlé du PQ et de l’arrivée de sa vice-cheffe dans les médias pendant… quelques jours. Puis l’actualité a poursuivi son chemin. Lisée a voulu que sa vice-cheffe pose en Chambre des questions au premier ministre qui a tout simplement délégué son ministre des transports pour répondre à la question de Véronique Hivon. Mis à part les journalistes et les mordus de la politique, cet incident n’a pas réellement entraîné de batailles à coups de poing dans les autobus des villes québécoises ou dans le métro de Montréal… Bref, on peut penser que la décision surprise de Jean-François Lisée aura été un coup d’épée dans l’eau.

En même temps, cette décision a constitué un aveu sidérant de la faiblesse et de l’incapacité de redressement d’une situation où le PQ est de plus en plus marginalisé. Qu’on ne s’illusionne pas : le statut d’Opposition officielle dont jouit présentement le PQ ne voudra rien dire lorsque les Québécois mettront leur bulletin dans l’urne le 1er octobre prochain. En 1973, l’Union nationale était l’Opposition officielle. Après l’élection d’octobre de cette année-là, l’Union nationale n’avait plus un seul député à l’Assemblée nationale.

Un cul-de-sac

Le PQ fait face à un cul-de-sac existentiel. Tous les analystes en conviennent. Les instances péquistes le savent aussi. Le PQ n’existe, au fond, que pour réaliser la souveraineté politique du Québec, ce dont les Québécois, de plus en plus majoritairement, ne veulent même plus entendre parler. Si le PQ mettait de côté l’article un de son programme, il imploserait. Si le PQ conserve l’article un de son programme, il fait face à l’extinction, peut-être même plus rapidement qu’on ne le pense.

La situation de ce parti qui a fait rêver quelques générations de Québécois et de Québécoises est à proprement parler dramatique. Dommage que son chef ait pensé qu’un simple « truc » comme l’invention d’une vice-cheffe pourrait aider son parti à renverser les tendances politiques lourdes au Québec et à motiver davantage ses troupes de militants.

Le PQ, le Québec et, disons-le, Mme Véronique Hivon, méritent mieux que cela.

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mardi 3 octobre 2017

ILS REGARDENT, MAIS ILS NE VOIENT PAS

Ce que j'ai lu dans les médias sur l'élection complémentaire de Louis-Hébert (Presse, Soleil, Devoir, Journal de Montréal) est aberrant. Tous Les chroniqueurs regardent, mais ne voient rien.

Pour ce qui est de la candidate libérale, je crois que son nom à consonnance arabe ne l'a pas aidée dans ce bastion pas mal « pure laine » qu'est Louis-Hébert. Je suis sûr que cela a joué contre elle, même si ce n'est pas « bien » de l'écrire. Les opineux et commentateux ne l'ont donc pas dit ou écrit. Je crois aussi que cette dame n'avait aucune notoriété dans le comté, même après avoir servi Sam Hamad dans le comté depuis des années.

Ce qui m'a renversé dans les commentaires, cependant, c'est la « claque » que Louis-Hébert aurait infligée à Philippe Couillard.
 
Toute une claque en effet : après 15 ans de règne libéral, sa candidate totalement inconnue du public et repêchée in extremis finit quand même deuxième dans la course, loin derrière l'élue de la CAQ qui a la majorité absolue des voix exprimées, 51%. Un doux soufflet, pas vraiment une claque...
 
LA VRAIE CLAQUE
 
La vrai claque, c'est le PQ qui l'a reçue lundi. Son candidat est arrivé troisième, derrière la candidate libérale inconnue. À 16% des voix, le candidat péquiste n'est même plus un facteur significatif dans la course. Et la deuxième vraie claque, c'est Québec Solidaire qui, à 5 ou 6% des voix, ne vaut même plus la peine qu'on s'y attarde.

Cette élection complémentaire n'est pas nécessairement annonciatrice de ce qui va se passer dans un an. Mais elle vient confirmer ENCORE UNE FOIS des tendances lourdes dans l'électorat.

Le PLQ est increvable, même après 15 ans de pouvoir presque ininterrompu. Il est évidemment mûr pour un séjour assez prolongé dans l'Opposition et peut-être un nouveau chef doté d'une réelle empathie. Mais ce parti ne disparaîtra pas.
 
Pendant que les péquistes étaient à Barcelone en fin de semaine, les caquistes, eux, travaillaient, comme toujours. La CAQ est un parti studieux, appliqué, travaillant et prévisible.
 
La CAQ, si elle ne forme pas le gouvernement, sera l'Opposition officielle après le 1er octobre 2018. Le PQ se dirigera vers les poubelles de l'histoire. Quant à QS, sa marginalité a une permanence garantie.

C'est pourtant écrit dans le ciel depuis un bon moment... Nos analystes regardent tout cela, mais il ne voient pas.
 
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