Bonjour ! Je lis dans les journaux que la Russie a lancé en 24 heures près de 1000 drones sur l’Ukraine, lançant mardi l’une de ses plus vastes attaques aériennes en plein jour, après une nuit déjà marquée par des frappes meurtrières.
Rédac-au-tac
Textes de réflexion sur la vie, notre société, nos comportements, etc...
mercredi 25 mars 2026
DÉCOURAGÉ...
samedi 21 mars 2026
1939, 2026 : même aveuglement
À l'été de 1939, tout allait bien pour Adolf Hitler. En 1935, il avait réoccupé la Rhénanie, et ni la France, ni l'Angleterre n'avaient levé le petit doigt pour l'en empêcher.
En 1938, il convainquit Chamberlain, premier minietre de l'Angleterre et Daladier, premier ministre de la France, de lui « permettre » d'annexer les Sudètes, un territoire allemand accordé à la tchécoslovaquie par le Traité de Versailles de 1919, et peuplé très majoritairement d'Allemands.
Avant la fin de 1939, Hitler occupa le reste de ce pays. Ni la France, ni l'Angleterre ne levèrent le petit doigt pour l'en empêcher. Et en passant, en 1938, Hitler annexa purement et simplement l'Autriche et encore là, les Alliés protestèrent, mais sans plus.
Donc, à l'été 1939, Adolf Hitler était sûr de son coup : il envahirait la Pologne (qu'il partagerait avec l'URSS, en vertu du pacte Ribbentrop - Molotov), et exemples du passé récent à l'appui, il était CERTAIN qu'encore une fois, la France et l'Angleterre ne feraient rien.
Il envahit donc la Pologne le 1er septembre 1939. Là, la France et l'Angleterre lui ont dit : assez, c'est assez, et les deux pays ont déclaré la guerre à l'Allemagne.
Nous connaissons tous et toutes la suite.
*
Nous sommes en 2026. le président américain, trompe, est fier de son coup au Venezuela : il a enlevé au nez et à la barbe de ses gardiens le président Maduro et l'a fait trasnsporter aux États-Unis pour y subir un procès.
trompe ne se peut plus. Il se pense le stratège le plus brillant que l'univers ait connu. Lui, il ne connaît que les succès qui accroissent encore plus sa gloire, son ego. Il veut donc refaire le coup Maduro, mais au Moyen-Orient.
Il lance alors les forces aériennes et maritimes américaines contre l'Iran et il réussit à faire assassiner le leader suprême Khameiny. Bon, les imams ont élu le fil du Guide suprême pour lui sucéder, mais trompe est fier de lui et il parle déjà de mettre fin à cette guerre.
Mais voilà, il y a du sable dans l'engrenage (du sable au Moyen-Orient, faut le faire... Chez les ivrognes, on dit qu'il y a un hic).
Les Iraniens contrôlent le traffic maritime dans le détroit d'Ormuz, par où passent les pétroliers qui fournissent 20% du pétrole mondial.
Subitement, le prix du pétrole raffiné à la pompe grimpe, et rapidement, à part cela. Les pays qui en ont débloquent une partie de leurs réserves stratégiques de pétrole. Aux États-Unis eux-mêmes, les prix montent comme partout, et trompe en paie le prix dans les sondages qui, de toute façon, le plaçaient déjà dans la cave des intentions de vote.
trompe demande l'aide de ses « alliés » pour ouvrir le détroit d'Ormuz mais étrangement, ces alliés qu'il méprise et à qui il a asséné des tarifs déments lui disent non.
trompe, avec son intelligence de petite broquette (une seule), ne comprend pas et traite ses alliés de peureux. Il pense tout haut à envoyer des soldats en Iran. Ce que l'Américain moyen a en horreur, depuis les aventures du VietNam, de l'Irak et de l'Afghanistan.
trompe est pris dans l'engrenage de guerre qu'il a lui-même créé.
Moi, je déteste trompe. Cela étant, je ne vois pas encore comment il va se tirer de ce fouillis iranien.
À suivre... un jour.
mardi 17 mars 2026
La bannissement à variations.
Ce
matin, je lis sur Reuter : " Celebrated Russian ballerina Svetlana
Zakharova has been excluded from a dance gala beginning in Rome this month,
organisers said, in the latest political dispute over the participation of Russian artists in
cultural events in Italy.
A star of Moscow's Bolshoi Theatre, Zakharova has been a vocal supporter of President
Vladimir Putin. She had been due to perform at the "Les Etoiles" gala
in the Italian capital on March 20 to 21."
Pendant ce temps, des athlètes
russes ont participé aux Jeux olympiques et paralympiques ; d'autres jouent
dans la Ligne nationale de hockey tous les jours, et on ne s’indigne pas quand
leur pays tue et blesse des Ukrainiens pratiquement toutes les nuits par des
attaques barbares.
Bravo aux Italiens !
Quant à nous, ben voyons, faut pas
nuire aux hockey de la LNH.
Misère...
*
mardi 30 août 2022
« LA MADAME », ou Much ado about nothing…
On me pardonnera de citer Shakespeare en titre de texte, mais sa courte phrase dit tout. Le pseudo faux-pas de François Legault, qui a parlé de la « madame » au lieu de nommer Dominique Anglade, n’est rien. Oh ! Bien des bas de nylon se sont déchirés, bien de petites culottes se sont tordues, mais pour reprendre Shakespeare en bon Québécois, « il n’y a rien là ».
Je regarde se dérouler des élections générales québécoises
depuis 1956. Il y a certes celle de 1952, mais j’avais huit ans et je ne peux
prétendre m’en rappeler vraiment. Mais en 1956, la dernière gagnée par Maurice
Duplessis et l’Union nationale, je me rappelle bien que malgré la domination de
l’UN, la campagne fut féroce. Puis il y a eu 1960 et l’arrivée de Jean Lesage
au pouvoir ; 1962 et la nationalisation de l’électricité ; 1966 et la surprise
du retour de l’UN au pouvoir.
En 1970, Robert Bourassa gagne l’élection pour le Parti
libéral du Québec (PLQ) et le PQ apparaît dans le tableau avec sept députés. En
1973, Bourassa remporte une victoire encore plus convaincante avec 102 députés
élus. Le PQ recule de sept à six députés.
Si je compte bien, là, je suis rendu à six élections
dont j’ai passionnément suivi le déroulement, de 1956 à 1963.
Puis arrive 1976, où le PQ, au grand désespoir du
Canada-Anglais, prend solidement le pouvoir. Malgré son échec référendaire de
1980, le parti de René Lévesque gagne les élections de 1981. En 1985, l’UN étant
disparue du paysage politique, Robert Bourassa et le PLQ remportent la
victoire, succès qu’ils renouvelleront en 1989. Mais en 1994, c’est le PQ de
Jacques Parizeau qui remporte l’élection générale. Malgré une seconde défaite
référendaire en 15 ans, le PQ est réélu en 1998, alors qu’il est dirigé par
Lucien Bouchard.
J’en suis donc, à ce point dans le temps, à douze
élections. Continuons.
En 2003, le PQ dirigé par Bernard Landry, perd aux mains de
Jean Charest et du PLQ. En 2007, Jean Charest est réélu, mais minoritaire, et l’ADQ
de Mario Dumont devient provisoirement l’Opposition officielle à l’Assemblée
nationale. En 2008, Une autre élection reporte Jean Charest au pouvoir et le PQ
redevient l’Opposition officielle, l’ADQ s’étant effondrée pendant cette joute
électorale.
Me voilà rendu à quinze élections, depuis 1956. Ça
commence à faire beaucoup.
En 2012, Jean Charest et le PLQ sont relégués au statut d’Opposition
officielle alors que le PQ prend le pouvoir, mais de façon minoritaire. Pauline
Marois échappe de peu à un attentat à sa vie. Mme Marois déclenche une élection-surprise
en 2014, mais le PQ et elle-même dans son comté sont défaits : Philippe Couillard
et le PLQ retournent au pouvoir. En 2018, le PLQ est littéralement chassé du
pouvoir par la Coalition Avenir Québec (CAQ), parti fondé en 2011 par François
Legault et Charles Sirois. M. Legault devient premier ministre. Enfin, cette
année en 2022, nous voilà encore en campagne électorale.
Si je ne me suis pas mêlé, c’est donc la 19ème campagne électorale provinciale à laquelle j’assiste maintenant.
Évidemment, comme tout le monde, j’en ai entendu des promesses électorales, des
engagements de toutes sortes au fil des élections. Ce qui fait qu’aujourd’hui,
tout ce que les candidats en lice lancent dans l’air du temps pour ramasser
quelques votes par ci, quelques votes par là me coule sur le dos comme de l’eau
sur le dos d’un canard.
Alors vous comprendrez que l’utilisation par François Legault
du mot « madame » dimanche, ça ne me fait pas un pli sur la différence. Entre
la « madame » et l’inflation ou la crise du logement, disons que j’ai appris,
avec le temps, à donner de l’importance aux vrais enjeux.
- 30 -
samedi 26 février 2022
Des temps incertains
En ce mois de février où l’hiver étire son emprise, et où la Russie de Poutine a agressé sauvagement l’Ukraine, c’est difficile d’écrire quelque chose d’intelligent et d’original, qui n’ait pas déjà été dit ou publié.
Le sentiment le plus fondamental que je ressens est celui de
la répulsion. L’attaque russe, non-provoquée, est un acte de guerre barbare qui
ne doit pas réussir. Déjà, les Ukrainiens font preuve d’un courage magnifique
et font en sorte que les plans des Russes sont bousculés, quand ils ne sont pas
contrecarrés. C’est tout à l’honneur des Ukrainiens. Cela dit, personne n’ose
prédire la suite des choses.
Cependant, on doit espérer que la résistance ukrainienne suscite
assez d’indignation en Russie même pour que le dictateur Poutine commence à
entendre le peuple russe, qui lui, ne veut pas de cette guerre. Oui, les manifestations
en Russie sont durement réprimées, mais ce n’est pas cette répression qui va
décourager les Russes avides de justice et de paix.
D’ailleurs, Poutine devrait se pencher sur les vrais
problèmes de son pays. D’abord, la corruption. Le gouvernement est pourri jusqu’à
la moëlle, Vladimir Poutine étant le plus grand profiteur du vol de l’argent
public russe. Deuxièmement, en 2021, la Russie comptait un million de citoyens
de moins qu’en 2020. Plus de Russes sont décédés que de bébés russes sont nés,
la différence atteignant ce million de citoyens perdus.
Ce n’est pas en envahissant à grands coûts son pays voisin l’Ukraine
que la Russie de Poutine va commencer à s’attaquer aux réels problèmes qui l'affectent. Les sanctions internationales font et feront de plus en
plus mal à la Russie et aux portefeuilles de ses oligarques, Poutine en
premier. L’Europe entière s’est unie contre cette agression sauvage, de même
que le reste des pays occidentaux. Bref, c’est mal parti pour la Russie
poutinienne.
Entendra-t-il raison ? Plusieurs en doutent, dont l’auteur
de ces lignes. Il a franchi, avec cette guerre, un point de non-retour qui s’avérera
peut-être fatal pour sa dictature. Espérons-le.
vendredi 7 janvier 2022
RIEN POUR RASSURER
En ce début de 2022, le gouvernement Legault, curieusement, ne sait plus où il s'en va et sa capacité de réfléchir et de planifier est sérieusement handicapée par cette pandémie qui ne finit plus de finir. La machine bureaucratique connaît d'importants ratés.
À preuve Christian Dubé qui annonce que les commerces d'état
(SAQ, SQDC) vont empêcher les non-vaccinés d'y entrer le... 18 janvier. Une
pareille mesure, ça s'applique immédiatement ou pas du tout. Il y a des
fonctionnaires ou des attaché politiques qui dorment au gaz, présentement, à Québec.
Les conférences de presse solennelles de Legault pour nous
annoncer, en heure de grande écoute, à peu près rien, revenir à un couvre-feu
probablement inutile, dans le jugement de trop de monde au Québec, autant de
décisions très... discutables qui n’ont pas été mûrement réfléchies.
Je constate que ce gouvernement veut agir et veut que nous,
les citoyens payeurs de taxes, voyions qu'il agit. Je sais que le gouvernement
est obsédé par les élections d'octobre prochain, mais présentement, avec sa
gestion erratique de la pandémie, il se tire dans le pied.
J'ajoute que le maintien, contre vents et marées, d'Horatio
Arruda à son poste est une sérieuse erreur stratégique. Arruda communique mal
et ses idées ne sont pas claires. Il hésite constamment entre son rôle de conseiller
et celui de décideur. Il est devenu, nonobstant ses autres qualités, un boulet
pour ce gouvernement, mais Legault ne veut pas le voir (ou ne peut plus le
voir).
On assiste présentement au développement périlleux de l'ego de François
Legault. Et ça, c'est gravissime. Voilà ce que mon observation quotidienne de
ce gouvernement m'inspire, présentement. Ça n’a rien pour me rassurer.
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mardi 20 juillet 2021
Magnifique texte de Christophe Clavé
J'ai récupéré ce texte remarquable du site https://temoignagefiscal.com/baisse-du-qi-appauvrissement-du-langage-et-ruine-de-la-pensee-par-christophe-clave/ Il m'avait été suggéré auparavant sur une page Facebook. Je crois utile de le diffuser le plus largement possible : il nous explique beaucoup de choses sur notre langue parlée.
***
Par Christophe Clavé*
L’effet de Flynn du nom de son concepteur, a prévalu
jusque dans les années 1960. Son principe est que le Quotient Intellectuel (QI)
moyen ne cesse d’augmenter dans la population. Or depuis les années 1980, les
chercheurs en sciences cognitives semblent partager le constat d’une inversion
de l’effet Flynn, et d’une baisse du QI moyen.
La thèse est encore discutée et de nombreuses études sont en
cours depuis près de quarante ans sans parvenir à apaiser le débat. Il semble
bien que le niveau d’intelligence mesuré par les tests de QI diminue dans les
pays les plus développés, et qu’une multitude de facteurs puissent en être la
cause.
A cette baisse même contestée du niveau moyen d’intelligence
s’ajoute l’appauvrissement du langage. Les études sont nombreuses qui
démontrent le rétrécissement du champ lexical et un appauvrissement de la
langue. Il ne s’agit pas seulement de la diminution du vocabulaire utilisé,
mais aussi des subtilités de la langue qui permettent d’élaborer et de formuler
une pensée complexe.
La disparition progressive des temps (subjonctif, passé
simple, imparfait, formes composées du futur, participe passé…) donne lieu à
une pensée au présent, limitée à l’instant, incapable de projections dans le
temps. La généralisation du tutoiement, la disparition des majuscules et de la
ponctuation sont autant de coups mortels portés à la subtilité de l’expression.
Supprimer le mot «mademoiselle» est non seulement renoncer à l’esthétique d’un
mot, mais également promouvoir l’idée qu’entre une petite fille et une femme il
n’y a rien.
Moins de mots et moins de verbes conjugués c’est moins de
capacités à exprimer les émotions et moins de possibilité d’élaborer une
pensée.
Des études ont montré qu’une partie de la violence dans la
sphère publique et privée provient directement de l’incapacité à mettre des
mots sur les émotions.
Sans mots pour construire un raisonnement la pensée complexe
chère à Edgar Morin est entravée, rendue impossible. Plus le langage est
pauvre, moins la pensée existe.
L’histoire est riche d’exemples et les écrits sont nombreux
de Georges Orwell dans 1984 à Ray Bradbury dans Fahrenheit 451 qui ont relaté
comment les dictatures de toutes obédiences entravaient la pensée en réduisant
et tordant le nombre et le sens des mots. Il n’y a pas de pensée critique sans
pensée. Et il n’y a pas de pensée sans mots. Comment construire une pensée
hypothético-déductive sans maîtrise du conditionnel? Comment envisager l’avenir
sans conjugaison au futur? Comment appréhender une temporalité, une succession
d’éléments dans le temps, qu’ils soient passés ou à venir, ainsi que leur durée
relative, sans une langue qui fait la différence entre ce qui aurait pu être,
ce qui a été, ce qui est, ce qui pourrait advenir, et ce qui sera après que ce
qui pourrait advenir soit advenu? Si un cri de ralliement devait se faire
entendre aujourd’hui, ce serait celui, adressé aux parents et aux enseignants:
faites parler, lire et écrire vos enfants, vos élèves, vos étudiants.
Enseignez et pratiquez la langue dans ses formes les plus variées,
même si elle semble compliquée, surtout si elle est compliquée. Parce que dans
cet effort se trouve la liberté. Ceux qui expliquent à longueur de temps qu’il
faut simplifier l’orthographe, purger la langue de ses «défauts», abolir les
genres, les temps, les nuances, tout ce qui crée de la complexité sont les
fossoyeurs de l’esprit humain. Il n’est pas de liberté sans exigences. Il n’est
pas de beauté sans la pensée de la beauté.
* Professeur de stratégie & management INSEEC SBE
lundi 12 juillet 2021
LE ‘COUAC’ DANS L’OREILLE
Les progrès de la technologie nous coupent le souffle régulièrement. Les découvertes scientifiques et les innovations se succèdent à un tel rythme qu’on ne peut réellement pas en suivre l’évolution au jour le jour. En principe, tous ces progrès visent soit au mieux-être de l’humanité, soit à l’avancement des ventes et du marketing.
C’est une des marques fondamentales des 60 ou 70 dernières années. Dans cette foison de nouveautés, il y en a une qui doit bien dater de 30 ou 40 ans : c’est celle du ‘couac’ dans l’oreille. « Quel couac ? » me demanderez-vous avec raison. Je parle du couac qui survient à l’improviste pendant une conversation téléphonique avec un interlocuteur(trice), quel(le) qu’il (elle) soit. Bon, c’est rendu que j’écris comme à l’UQAM. Passons. Je reprends.
Vous êtes au
téléphone et vous jasez avec un ami ou un parent, ou vous voulez organiser une
rencontre, ou que sais je… Ça fait, disons, sept minutes que vous jasez ainsi.
Soudainement, vous entendez un fort ‘couac’ dans votre oreille collée au récepteur.
Tous les jeunes de 45 ans ou moins savent d’instinct ce que ce couac veut dire.
Il signifie que
quelqu’un d’autre veut vous parler. À ce moment, vous dites à votre premier
interlocuteur : « Un instant, j’ai un autre appel ». Puis, sans autres
manières, vous pesez sur le bouton ‘flash’ sur votre téléphone. Notez que je ne
sais pas où est ce bouton semblable sur le vieux cellulaire que je possède. Donc, une
fois que vous avez pesé sur le bouton ‘flash’, automatiquement (c’est beau, le
progrès !) vous vous trouvez en communication avec le second interlocuteur,
celui qui vient de couper ainsi votre première conversation.
Vous le saluez et
lui demandez ce qu’il désire ; vous lui mentionnez que vous êtes déjà au téléphone
avec quelqu’un. Ce second interlocuteur, un peu belette, va peut-être avoir l’impolitesse
de vous demander avec qui vous étiez en train de parler, ce qui, d’habitude, n’est
pas, mais absolument pas de ses affaires, mais vous êtes une personne polie et
vous éludez sa question. Vous lui redemandez alors ce qu’il désire.
Votre second
interlocuteur, complètement indifférent au fait que votre premier correspondant
attend toujours, commence alors à vous expliquer pourquoi il vous appelle. Mais
vous le coupez avec gentillesse en lui disant : « Écoute, je veux bien,
mais je suis déjà au téléphone… » Votre deuxième interlocuteur vous dit alors :
« Ah, OK, écoute, il n’y a rien qui presse. Je vais te rappeler. Bye. » Et il
raccroche. Le tout a pris entre deux et six minutes, selon la verbosité des interlocuteurs
ou interlocutrices.
Tout de suite,
voue pesez à nouveau sur le bouton ‘flash’ pour revenir à votre première
conversation. Là, deux choses peuvent se produire. Ou bien votre interlocuteur
a été patient et il vous attend toujours au bout de la ligne. Ou bien, impatient
et, oui, contrarié, il a raccroché. Il a raccroché parce que l’interruption de votre
conversation, interruption toujours très impolie, l’a insulté ou pour le moins,
contrarié. Vous savez pourquoi ?
Il y a une raison
que j’ai probablement apprise près des jupes de ma mère. Quand deux personnes
sont en conversation, il est très malvenu de chercher à interrompre leur
échange, sauf, évidemment, pour un cas d’urgence ce qui, convenons-en, n’arrive
pas si souvent que ça. Si l’interruption d’une conversation est si impolie, au nom
de quoi les inventeurs de la technologie idoine se sont-ils permis de créer ce ‘couac’
dans l’oreille quand on est au téléphone avec quelqu’un ? Voilà un cas de support
technologique à une impolitesse sociale très déplaisant.
Chez moi, quand j’entends
le couac dans mon oreille, depuis un bon moment, je ne réagis plus et je
poursuis ma conversation. Si quelqu’un veut me parler, il me téléphonera quand
ma ligne sera libre. Je vais d’ailleurs bientôt contacter mon fournisseur de
service téléphonique pour qu’il enlève cette impolitesse, cet 'appel en attente', de mon forfait.
Si, bien sûr, en cette
merveilleuse époque qui est la nôtre, cette option est encore possible.
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vendredi 21 mai 2021
LA « BILANDÉMIE »
Depuis plusieurs années, j'échange avec mon ami Jean-Noël Tremblay, de même qu'avec Denys Larose et Normand Chatigny, sur divers enjeux de notre société québécoise. Récemment, Jean-Noël Tremblay a rédigé un texte de fond sur la pandémie qui s'est abattue sur le monde. Avec sa permission, je suis très heureux de lui offrir l'hospitalité de mon blogue.
Jean-Noël Tremblay possède un M.B.A de l'Université Laval et un doctorat en management de H.E.C. Montréal. Il est aussi anthropologue. Aujourd'hui retraité, il a été successivement directeur général du Cégep de Sainte-Foy et du Campus Notre-Dame-de-Foy, à Québec. Il nous offre une riche réflexion sur la pandémie du COVID-19 dont on espère tous qu'elle prendra fin le plus tôt possible.
***
Par
Jean-Noël Tremblay
Vous ne trouverez rien de lexical dans le
mot « bilandémie ». Ce néologisme signifie essentiellement deux
choses. D’abord, cette multitude de bilans que nous produisons et produirons encore
après la pandémie. Et puis, d’appeler « bilans » toutes ces
recommandations ou solutions lesquelles ne remettent jamais en question la
vraie nature des problèmes récurrents d’efficacité du système de santé, ni des
problèmes bureaucratiques générés dans l’ensemble de la Fonction publique est,
pour le moins, exagéré.
L’entente à l’amiable de 5,5 millions entre
les résidents et la direction du CHSLD Herron nous en offre un bel exemple.
Dans la Presse canadienne, on peut lire ceci. « Me Arthur Wechsler, avocat
représentant les plaignants de l’action collective, a indiqué que
l’entente avait été conclue sans reconnaissance de responsabilité de la part
des défendeurs ou de leur compagnie d’assurance, qui a accepté de fournir une
indemnisation. La somme sera partagée entre la succession des résidents qui
sont morts pendant la première vague, les conjoints ou les enfants des défunts
ainsi que les résidents qui étaient présents pendant la première vague et qui ont
survécu. » Pour leur part les avocats au dossier toucheront 25% du 5,5
millions prévus à l’entente.
Dans ce cas-là, tout se règle sans se
soucier de ce qui se passe vraiment sur le terrain. L’objet du débat
n’apparaît pas de savoir si la fragilité du réseau des CHSLD (privé,
semi-privé) ou même des services publics peut s’occuper des personnes âgées, ni
de reconnaître à qui profite cette forme de gestion : l’entreprise ou les
personnes âgées. Il s’agit de clore le débat.
Et
puis, à force de nommer les problèmes, bilan par bilan, en mode d’analyse de « cause-effet », de pouvoir
expliquer de cette façon les raisons du dysfonctionnement en santé durant la
pandémie, on risque fort de niveler une grande part de la réalité, ayant perdu
de cette façon la vue d’ensemble des opérations.
« Notre dispositif d’écriture prend part
à la formation de notre pensée », écrivait Nietzsche, en 1882, se référant
à l’invention de la machine à écrire. Plus tard, Macluhan attestera cette idée
que « le médium fait le message » en se référant aux moyens de
communication audiovisuels modernes (télévision, radio, etc.). On retrouve là
l’idéologie ou le crédo selon lequel le « bien-être » humain est confondu
avec le « bien-être » de l’organisation. Le contenu de l’activité
humaine dans les organisations ne se jauge plus qu’à la mesure des indicateurs
de santé. Ainsi, les fameuses notions de productivité, de performance et
d’efficience sont-elles promues au rang des vertus humaines.
Par ailleurs, au moment où le quotidien
explose et la démocratie est en deuil depuis plus d’un an, le besoin d’un vrai
bilan s’impose. Plusieurs enquêtes sont en route pour déterminer qui sont les
responsables de dérapages aussi cruels qu’abandonner littéralement des
centaines et des centaines de personnes âgées dans les CHSLD. Et cela sans
compter les morts parmi le personnel soignant. Le bilan de chacune d’elle ne
soulèvera pas nécessairement le besoin d’établir la responsabilité et/ou
l’imputabilité des gestionnaires eux-mêmes. Nous l’avons déjà souligné dans un
article,[1]
la fonction publique, et plus précisément dans l’organisation du système de
santé au Québec « l’objet de la gestion n’est plus concrètement le
personnel à la base des opérations ni même la clientèle à desservir, mais les
systèmes eux-mêmes ».
Cependant, plusieurs employés et
gestionnaires d’expérience ont souligné l’accroissement important de la
lourdeur de la gestion sur le terrain. L’un d’eux affirme : « Il y a
35 ans, j’avais une gestionnaire directe qui s’occupait de tout ce qui devait
être fait au niveau du département et une coordonnatrice qui gérait le côté
technique-pratique sur le plancher. Depuis 15-20 ans, les processus et les
procédures sont apparus, créant la « nécessité d’ajouter tout plein de
gestionnaires qui, à leur tour, ont créé d’autres processus et procédures ».
Et avec cette multiplication de gestionnaires, l’employé sur le plancher est
bien peu considéré.
La « bilandémie » nous a révélé
des « choses » sur l’organisation de la « fonction
publique », et également sur la gestion du système de santé.
Premièrement, elle a permis de réaliser ce
que le spécialiste en management Henry Mintzberg appelle « les sciences de
l’artificiel ». C’est-à-dire que la centralisation du système de santé se
contente de jouer sur les leviers de la division du travail, les mécanismes de
coordination, le flux du personnel comme celui des usagers, les liens
d’autorité et le processus de décisions et les procédures qui en dépendent. Puis
ajuster la circulation de l’information afin de répondre aux exigences des
nouvelles structures centralisées du système de santé. Rien cependant ne
prévoit les bouleversements que ces changements vont avoir sur le terrain des
opérations, ni pour le personnel, ni pour les patients.
Deuxièmement, dans une telle opération il
est impératif de prendre en charge le discours technico- juridique qui impose
ses règles grammaticales. Dans ce contexte, le droit favorisant le contenu des
faits et imposant le sens des mots, la réalité sera alors selon le contexte
d’une bataille juridique. La socioanthropologue Agnès Vandevelde-Rougale dans
son livre La novlangue managériale[2]
analyse comment le management moderne participe au corsetage des imaginaires,
au façonnage des univers symboliques et à l’écrasement des intelligences.[3]
Troisièmement. Cette lourdeur dans la prise
de décision au niveau des opérations vient bien avant la pandémie. Mais elle a
cependant mis en lumière ce qui forme le canevas des difficultés rencontrées
par les gestionnaires et les employés sur le terrain. Le dédoublement des
responsabilités des gestionnaires; l’absence chronique de délégation réelle des
pouvoirs; l’habitude des gestionnaires, en lien avec la formation reçue en
management, de toujours aborder les différents dossiers et problèmes de
l’organisation d’un point de vue analytique délaissant l’approche synthétique
laquelle est pourtant l’essence même du management. Le rôle des agences privées
de placement du personnel dans la gestion de la pandémie représente « un
vecteur important de propagation chez une population dont une bonne partie est
extrêmement vulnérable aux effets du virus ».[4]
Plus largement encore, concernant le réseau de la santé, il faut s’interroger
sur la lourdeur bureaucratique paralysant la Fonction publique.
Une expérience traumatisante
En mars 2020, quand la COVID-19 arrive, le quotidien explose. Depuis, nous vivons dans une société séquestrée. En définitive, la vie sociale sous toutes ses formes dépend de directives émises par le premier ministre du Québec. Chaque semaine, celui-ci au nom de la « Santé publique » détermine les conditions de vie de l’ensemble des citoyens. Des emplois sont perdus, des commerces ferment, les écoles ferment, puis ouvrent, idem pour la restauration, les gyms, les sports d’équipe et tout ce qui existe ou pas selon les directives. Celles-ci varient d’une région à l’autre. La couleur de la zone où vous habitez détermine vos heures de sortie le soir : par exemple le couvre-feu en zone rouge est à 20 h, en zone orange 21 h 30.
Tout est pensé et pesé à partir de
scénarios établis par les scientifiques de la Santé publique afin de garder le
contrôle sur la pandémie. Mais en définitive ces scénarios seront retenus (ou
non) selon l’estimation de la portée politique de telles décisions. Or depuis,
la pandémie continue, le confinement laissant cette impression que nous vivons
en attendant la levée du jour. Chez nous et dans le monde, combien de morts
hier, combien d’éclosions, combien ont été hospitalisés, etc., etc.
Déjà les bilans de toutes sortes saturent
le marché. L’immanence des statistiques (ou des sondages) pour parler d’un
pays, d’une région, d’un système de gestion en santé, d’une catégorie de
personnes, des personnes elles-mêmes est devenue une pratique incontournable.
Notamment dans les médias, particulièrement ceux qui cherchent davantage
l’effet viral que de livrer l’information. Les bilans construits sur cette base
façonnent un matériau, qu’autrement on appellerait un humain, réduit à des
chiffres et des équations utiles pour ajuster par exemple les programmes des
partis politiques.
Trop de bilans s’appuient sur la chicane et
les scénarios catastrophes. C’est plus payant que de chercher la nature de
cette pandémie. Maintenir le suspense et provoquer l’émotion dans la population
sont devenus une nécessité économique à l’ère de l’information continue.
Alors il nous faut chercher ailleurs afin
de mieux comprendre la nature de la vie sous la menace de la COVID-19. Il ne
s’agit plus de mesurer, ni d’expliquer, mais de comprendre ! Sans
prévenir, l’épidémie de la COVID-19 a franchi la porte de tous les pays. Ce que
nous avons vécu chez nous, les citoyens de tous les continents l’ont également
vécu. Du coup, le récit de la vie privée
et publique n’a plus de sens et, au nom du bien commun, les nations sont encore
obligées de jeter leur dévolu sur des scénarios catastrophes.
Pourquoi TINTIN, l’œuvre d’Hergé, vient comme
référence et support à nos propos.
Dans la revue Philosophie magazine,
intitulée Tintin et le trésor de la philosophie[5]
on fait cette première constatation philosophique à l’histoire revisitée
des vingt-quatre aventures de Tintin couvrant la période de 1930 à 1986. En
fait, peu importe les événements, les aventures, les expériences vécues, « Tous
les chemins mènent à l’homme ». Et ce qu’on peut en tirer s’apparente
davantage à un petit traité de métaphysique, de morale et/ou du politique. Ce
qui nous éloigne de ce désir médiatique qui est de tenter d’établir cette
longue liste de solutions issue de la « bilandémie ».
De fait nous constatons depuis un an avec
la pandémie, ici comme ailleurs dans le monde, que « Tous les
chemins mènent à l’homme ». Car au-delà des prescriptions
continuellement répétées à l’ensemble de la population de « porter le
masque, de maintenir toujours une distance de deux mètres entre individus et de
se laver régulièrement les mains », les événements observés, mais
également vécus durant toute la pandémie concernent plutôt la morale et les
sciences humaines basées sur les mœurs de notre époque.
La pandémie, comme un miroir, nous a ouvert
les yeux sur un monde qui est en fait le nôtre. Revoir notre monde, nos modes
de vie, nos mœurs, nos pratiques, nos façons de penser lesquelles a été le
socle de nos sociétés depuis près d’un siècle. À peine une année a suffi pour
que les rouages, les processus et les dimensions de la vie sociale se révèlent.
Le défi cependant, reste de pouvoir se dire ce que nous n’arrivons pas à nous
dire pour comprendre collectivement l’impact de cette pandémie.
Avec au compteur plus de 10,500 morts au
Québec, des questions essentielles sur l’éthique scientifique et professionnelle
se posent : le juste et l’injuste pour maintenir un minimum de qualité de
vie, le vrai et le faux véhiculés dans les médias, la capacité et la compétence
des gestionnaires sur le terrain, le respect ou non des personnes plus
précisément dans les établissements de santé.
Et c’est en réexaminant les aventures de
Tintin qu’anthropologues et philosophes de la revue ont jeté la lumière sur les
fondements métaphysique, éthique et politique de notre société. Avec la
pandémie, l’immanence d’un vécu collectif apparaît tout à coup. Notre vécu est cruellement
projeté par la pandémie, où la primauté économique prend le pas sur l’éthique
dans la majorité des décisions étatiques, et où la politique s’enlise dans les
difficultés insurmontables liées aux problèmes bureaucratiques dont la
fragilité de notre système de santé fournit un bon exemple.
Un vécu qui, soudainement, apparaît comme
une métaphore du Québec de demain.
Aussi avec l’aide de Tintin nous avons
voulu déposer un bilan pour demain.
Dans la Revue, le philosophe Jean-Luc
Marion « voit dans les aventures du reporter (Tintin) un dépassement progressif
de la division entre les hommes, les cultures, les identités jusqu’à aboutir à
une universalité de l’éthique ». L’œuvre d’Hergé non seulement nous fait découvrir
le XXe siècle, mais elle nous donne à l’avance les concepts et les thèmes
philosophiques pour refaire notre histoire.
Ainsi « faire le tour de
l’homme » depuis la pandémie signifie jeter un regard sur : le rôle
du capitalisme, la notion de propriété, la division des hommes selon l’âge, la
nature des problèmes de santé, l’idéologie du management moderne, le rôle de la
science, de la religion, de la volonté, de la dignité, s’exposer au dilemme
moral, à la peur, la corruption, la manipulation, la communication,
l’information, la loyauté, la promesse, la confiance. Et du point de vue
géopolitique, peser l’exercice du pouvoir, la domination, le courage ou la
sujétion.
Voyons voir parmi ces thèmes ceux qui ont balisé
notre façon de voir la vie en temps de pandémie et surtout de la vivre.
1-
La
mise en scène du pouvoir de l’Agence de santé publique du Canada. L’idéologie
du management l’emporte.
« Voilà
plusieurs décennies que les épidémiologistes annoncent une pandémie. Mais
contrairement aux tremblements de terre auxquels se sont préparés la Californie
ou le Japon, les démocraties occidentales se sont réveillées hébétées par la COVID-19 ».
[6]
Josée Legault[7], en référence, au rapport récent de la vérificatrice générale du Canada Karen Hogan, parle du fouillis qui régnait à Ottawa au début de la crise sanitaire concernant les voyageurs à l’étranger, sous la responsabilité de l’Agence de santé publique du Canada (ASPC) : l’absence d’alerte de santé publique, l’utilisation d’outils technologiques désuets, collecte et partage déficients d’informations. Par conséquent un suivi ultra laxiste des voyageurs.
Le journaliste Alec Castonguay rapporte,
dans Le printemps le plus long[8],
que « la douzaine de spécialistes canadiens en détection précoce des maladies
contagieuses qui forment l’équipe du Réseau mondial d’information en santé
publique (RMISP) n’ont détecté aucun indice de ce qui se tramait, depuis des
jours, voir des semaines, au Wuhan.
Le RMISP créé en 1990, avait, avec le temps,
développé une grande efficacité, étant la source principale d’alertes précoces sur
les maladies infectieuses pour 85 pays dans le monde. Mais « une partie de
bras de fer entre les scientifiques et l’Agence de la santé publique du Canada »
a tout compromis. « Les médecins et épidémiologistes du RMISP se font
assigner des tâches supplémentaires…ils doivent s’occuper de certains
phénomènes en santé publique, comme le vapotage chez les jeunes ou les maladies
transmises sexuellement. Les scientifiques ne peuvent plus émettre
d’alerte internationale sans que plusieurs cadres de l’Agence de santé publique
du Canada approuvent la notification à l’avance ». « Le matin du 31 décembre
2019, les épidémiologistes du RMISP n’ont pas eu la permission de leurs
supérieurs d’émettre une alerte mondiale. Et c’est le 9 janvier 2020 seulement
que l’Agence de la santé publique publie un avis destiné aux médecins et aux
experts en santé publique du pays. Évidemment, le virus circulait déjà
probablement depuis des semaines.
Castonguay pose alors cette question
inquiétante : « Pourquoi l’unité d’élite canadienne en détection des
nouvelles maladies infectieuses était-elle en panne au moment où la planète en
avait le plus besoin en 100 ans? » La réponse semble évidente. Ce que nous
avons comme information du comportement de l’Agence de santé Canada »
indique qu’il s’agit bien d’un rapport de force idéologique entre
fonctionnaires et spécialistes en santé publique.
Juste avant la COVID-19, le Canada
possédait l’un des meilleurs réseaux d’alerte au monde pour les pandémies.
L’Organisation mondiale de la santé (OMS) le considérait comme la
« fondation » du système international. Nous aurions donc
collectivement délesté, sous l’autorité de l’Agence de santé publique du Canada,
l’importance stratégique de reconnaître le plus tôt possible la présence
d’épidémies locales qui se répandent rapidement si le corps médical n’est pas
rapidement alerté et la population mise en garde.
Même l’OMS n’a pas été écoutée. Les experts
de l’organisation, le 30 janvier 2020, déclenchent « l’état d’urgence de
santé publique de portée internationale », peut-on lire dans le Printemps
le plus long. Déjà « la Chine approche des 9000 cas. On recense
98 infections hors de Chine, dans 18 pays ».
« L’alarme sonne, mais personne ne se
réveille. L’effet tombe à plat ».
Au bilan de la pandémie reliée à la COVID-19,
il nous faut donc inscrire cette couche superficielle d’insouciance à l’échelle
mondiale des différentes communautés humaines devant ce danger permanent.
Depuis des siècles, les maladies infectieuses transmissibles ont fait des
millions de morts au sein de communautés dans le monde entier : épidémie
de choléra, de peste, de fièvre jaune, de variole, de grippes, etc. C’est donc
dire que la liste est longue des épidémies que la « Sécurité
publique », y compris tous les chercheurs et spécialistes dans le domaine,
combattent depuis des siècles.
Dans le bilan de la pandémie, le retrait
des spécialistes de la science dans l’évaluation à venir du danger des maladies
infectieuses pour la sécurité publique est une erreur. Le rôle de la science
est soumis à la manipulation et domination du pouvoir bureaucratique.
2-
Tout
dépend de nous. Dilemme moral et problème éthique.
« Dans La doctrine de
la vertu, Emmanuel Kant fait la voix, la voix « terrible » de la
conscience, le mode de manifestation sensible de la loi morale. Elle fait
raisonner en chacun de nous un appel et nous interpelle chaque fois que nous
sommes enclins, en tant qu’être sensible, happé par les plaisirs et les
distractions, de nous étourdir et de nous endormir, en oubliant notre
destination morale » … « Pour nous qui sommes des êtres finis,
c’est-à-dire libres et sensibles, l’expérience morale prend les traits d’une
loi, nécessaire et universelle, que prononce un « juge
intérieur ».
Une petite voix intérieure qui nous dit ce
qui est bien ou mal.
Un premier exemple. Le scandale du CHSLD
Herron, propriété du Groupe Kasata, est un des 40 CHSLD privés du Québec. Le 30 avril 2020, 38 résidents du CHSLD sont
décédés de la COVID-19. « Ce qui me fait le plus mal, ce ne sont pas juste
les décès, mais la manière dont les patients ont été traités avant de
mourir » raconte Mylène Drouin. Même dans des pays pauvres, quand il y a
une épidémie, on ne laisse pas les gens crever de soif et de faim tonne la Dre
Johanne Liu, ex-présidente de Médecins sans frontière.
Depuis les premiers rapports d’enquête, on n’en
finit plus de cerner des problèmes similaires d’un établissement à l’autre :
ratio de personnel insuffisant, problèmes de formation, problèmes de gestion
sur le terrain, problèmes contractuels avec les propriétaires, etc. La pénurie
de personnel sévit depuis des années et souvent les employés sur le terrain sont
laissés à eux-mêmes. Nous sommes en mai 2021 et on parle encore de l’effroyable
gestion dans certaines résidences pour aînés.
Trois constats s’en dégagent.
Primo. Les gestionnaires propriétaires de
ces établissements ont oublié, comment peut-on dire, leur destination morale.
Dit autrement, leurs responsabilités vis-à-vis des personnes âgées. Il faut se
rendre à l’évidence, la rentabilité contractuelle et le discours comptable ont happé
leur attention. Il faudra se souvenir de ce que la pandémie nous a
révélé : la base contractuelle sur laquelle fonctionne la gestion des
résidences a surtout montré que les intérêts du monde des affaires ne sont pas
compatibles avec la gestion des conditions de vie des personnes âgées en
résidence.
Secundo. Pendant ce temps-là nombre d’infirmières
et de préposés ont senti, eux, l’obligation de s’occuper des personnes âgées sous
la forme d’un impératif, une petite voix intérieure qui leur a dit « tu
dois ! ». Sans tenir compte des circonstances ou des possibilités d’une
situation, chacun se sentant obligé de « faire ce qu’il doit, advienne que
pourra ». Or, présentement, ceux et celles que l’on appelle les ‘anges’
tiennent à bout de bras le réseau des résidences, mais aussi celui plus large
du système de santé, et encore aujourd’hui depuis la troisième vague.
Tertio. Il y a une constante dans la gestion des
résidences : les solutions arrivent généralement trop tard, quand le
mal est fait, et souvent après que plusieurs personnes aient rapporté des
situations problématiques ou inacceptables. Le vrai défi du gouvernement sera
de reprendre le contrôle de toutes les résidences pour personnes âgées au
Québec. Gros mandat. C’est beaucoup plus qu’établir les bases contractuelles
pour loger correctement des personnes âgées en résidence. Beaucoup plus ! Partant
de l’expertise en gériatrie et gérontologie, il importe de redéfinir la nature
des responsabilités dans la gestion des établissements; y compris ces nouvelles
résidences dont la ministre Blais pilote le dossier : que ce soit un vrai milieu
de vie pas un commerce, un pensionnat, encore moins une forme de prison.
Le chroniqueur Henri Ouellette-Vézina (La
Presse, 25 mars 2021), rapporte les propos de M. David Routhier président
de l’exécutif syndical local affilié à l’Alliance du personnel professionnel et
technique de la santé et des services sociaux (APTS). Celui-ci parle
« d’une forme de maltraitance organisationnelle » dans l’utilisation
systématique encore aujourd’hui des agences pour combler les besoins en
personnel sur le terrain. De même en est-il de la circulation du personnel d’un
établissement à l’autre.
D’après
l’ergothérapeute du CLSC Bordeaux-Cartierville « Ça arrive que les
préposés qui sont envoyés (par une agence) ignorent ce qu’ils doivent faire.
Ils demandent aux patients eux-mêmes, alors que plusieurs ont des troubles
cognitifs ». « Il y a énormément de bris de service. Pour nous,
ces manquements corrompent les droits des usagers. Nos patients ne sont pas
respectés ».
Les experts estiment, rapporte François
Allard dans La Presse du 9 avril 2021, « que leur part de revenus
provenant de leurs contrats avec le réseau public et les établissements privés
conventionnés dépasserait « depuis la pandémie » la barre du
milliard de dollars. Les revenus de ces entreprises auraient triplé depuis
2019… Plus loin, il écrit : « Par son inaction, le gouvernement
se rend ainsi complice du sacrifice des personnes aînées et en situation de
handicap au profit de ces entreprises dont l’unique responsabilité est de
produire un bénéfice pour les actionnaires ».
Toutes les formules sont possibles dans le
cadre d’une bilandémie sans jamais régler quoi que ce soit. Les agences
de placement du personnel dans le réseau de la santé (même si elles sont de
nature publique), tout comme les propriétaires privés, ont l’unique objectif de
produire un bénéfice pour les actionnaires. Plus encore, elles sont un handicap
au bon fonctionnement laissant très souvent les personnes âgées sans leur offrir
les soins qui nécessitent des rapports constants entre le personnel et les
bénéficiaires.
« Qu’est qui fonde le
pouvoir? D’où provient la légitimité d’un dirigeant? Comment l’État peut-il se
maintenir alors qu’il est traversé par d’innombrables lignes de forces et
d’intérêts contradictoires? Fidèle à son réalisme mordant en matière de
politique, Pascal souligne que le pouvoir est d’abord et avant tout une mise en
scène… »
Toujours sur le pouvoir
Pascal écrit : « L’un dit que l’essence de la justice est l’autorité
du législateur (…). En même temps, « rien n’est si fautif que ces lois qui
redressent les fautes ».[9]
Une caste parasitaire a pris le pouvoir
dans la fonction publique québécoise bien avant la réforme Barette. Celui-ci-ci
a voulu, par une loi, centraliser le système de santé aux dépens du personnel
sur le terrain des opérations, mais aussi aux dépens des personnes qui
reçoivent des services. L’humain disparaît derrière les ratios, les règles de procédure,
les contrôles, etc. Pire encore, on perd de vue le bien commun.
Or ce qui détermine la nature d’une
organisation, ce sont les rapports sociaux qui se nouent dans la sphère
productive du travail : connaissance du terrain, loyauté, compétence
reconnue, relation d’autorité reconnue également comme efficace, etc. Et non l’application
de l’idéologie du management moderne : une gestion bureaucratique
qui se préoccupe de la spécialisation, et non de l’intégration, de séparer les
fonctions, et non des résultats de sa pratique suite aux décisions de la
direction, dans le cas qui nous occupe. Le ministère de la Santé n’a pas
échappé à cette réforme.
Nous connaissons maintenant le danger de se
couper ainsi du réel. « Quand l’expression ressources humaines s’est
substituée dans le jargon du métier au mot personnel, la gestion de
ressources humaines a remplacé le comportement organisationnel, rapporte
Henry Mintzberg[10],
expert des organisations, professeur émérite en management de l’université
McGill.
Or, durant cette année
« pandémique », l’inefficacité de l’État saute aux yeux. Paul Journet,
dans La Presse du 13 mars titre son article L’insoutenable lourdeur
de la machine, dans l’exécution des programmes, l’incapacité de transmettre
l’information, des hauts fonctionnaires ignorants somme toute ce qui se
passe sur le terrain, incapables de chiffrer les besoins en personnel, la
lenteur dans la réalisation des programmes en multipliant les procédures.
La fonction publique doit être complètement
repensée dans sa structure.
Il ne s’agit pas de réduire le nombre d’employés; il ne s’agit pas de
considérer la réforme Barette uniquement sous l’angle d’une centralisation à
l’échelle de la province. Le regroupement d’hôpitaux et la contrition du nombre
de directeurs généraux des différents établissements (y compris du rôle des CA)
ont peut-être facilité la tâche des nouveaux PDG des CISSS ou CIUSSS, mais
compromis sur le terrain l’exercice plein et entier des soins.
Mais l’impact majeur de la réforme Barette,
c’est d’avoir plus que doublé à la verticale les niveaux hiérarchiques dans le
ministère de la Santé. Il s’agit de revoir la structure même de l’organisation
de l’État : le nombre de ministères, les niveaux hiérarchiques dans la
gestion de ceux-ci, décentraliser le pouvoir dans la prise de décision, sortir
de l’autorité fonctionnelle, telle la gestion centralisée des ressources
humaines (embauche, évaluation, etc.), décentraliser la gestion budgétaire. Et il
faut que l’encadrement soit imputable à des responsables proches du terrain.
Il n’y a pas si longtemps le ministre de la
Santé, M. Christian Dubé, en conférence de presse, a fait une annonce très
intéressante. Les mouvements de personnel dans les établissements de santé sont
passés de 20% à 5%. La raison? Il a établi un registre de déplacements de
personnel dans chaque établissement. Les données de ce registre lui sont
directement envoyées. De cette façon, il a une idée précise de la situation sur
le terrain. Il termine sa conférence en ajoutant ceci. D’ici peu de temps, les
agences privées de gestion du personnel devraient disparaître. Économie estimée
à près de 2 M$. Elles sont toujours là…
5-
Le
numérique durant la pandémie : le
recul du droit de propriété
Quand la pandémie
arrive…le quotidien explose.
« Le droit de propriété est un raffinement de la culture, dont la
dangerosité s’accentue avec le développement de l’argent qui permet à certains
propriétaires d’accumuler des richesses considérables ».
« L’épidémie de
coronavirus a donné un coup d’accélérateur à la surveillance numérique.
Certains pays, comme l’Italie ou l’Allemagne, ont commencé à utiliser les
relevés de géolocalisation des téléphones portables pour mesurer l’efficacité
du confinement. Plus radicaux, la Corée du Sud, Israël et surtout la Chine -
foyer de l’épidémie - ont entrepris de se servir du bornage téléphonique pour
retracer l’itinéraire des malades afin de déterminer (et de prévenir) qui ils
ont pu contaminer ».[11]
En France ces mesures souvent jugées
intrusives et liberticides font débat. Au Québec, ce débat est plutôt marginal
dans la population. La « découverte » du télétravail et l’utilisation
d’internet furent une véritable aubaine pour les entreprises. Et souvent, une
façon intéressante pour les employés de poursuivre leur carrière. Mais il
restera après la pandémie à s’interroger sur ceci : l’avantage pour
l’employé et l’entreprise, les dangers sociopsychologiques de vivre loin des
contacts humains quotidiens.
Dans Tintin en Amérique, on découvre
cette « image des businessmen qui se croient autorisé à exproprier
les Amérindiens de leur terre où a été découvert du pétrole au motif qu’ils
sont riches ». Cette image, loin de disparaître, apparaît plus vivante encore
en ces jours de pandémie. Des propriétaires, à l’évidence ceux du GAFAM (Google,
Apple, Facebook, Amazone, Microsoft) et bien d’autres se sont autorisés à s’occuper
de notre vie privée aux motifs qu’ils sont richissimes. Aujourd’hui, la
sociabilité, soit ce qu’on considère comme une partie de la vie en société, est
devenue la propriété de ceux qui fabriquent les algorithmes pour diriger nos
désirs, nos opinions, nos comportements, de même qu’en utilisant l’IA
(intelligence artificielle) en support à notre intelligence et notre jugement aux
fins de vous aider à mieux vivre en société.
Ils se sont appropriés sans nous consulter une
partie de notre vie privée laquelle est revendue avec grand bénéfice à tous les
commerces (économique, sociopolitique, public, etc.). Et, en contrecoup, les
médias sociaux sont devenus pour ainsi dire l’égout où s’écoule ce résiduel de notre
vie privée permettant justement à n’importe qui de s’approprier le droit de
mettre en péril la Santé publique comme de bafouer les institutions à la base
du droit des États. Il n’y a donc pas de surprise à ce que ceux-ci manifestent,
rejetant leur propre responsabilité comme citoyen à part entière… et jusqu’à
mettre en péril notre propre sécurité.
6-
Le
courage… « … Le courageux
refuse de se laisser dominer par la peur qu’il éprouve légitimement et décide
d’agir là où le lâche reste tétanisé ».[12]
Pourquoi les nations se
sont-elles repliées sur elles-mêmes jusqu’à prendre le contrôle des vaccins
disponibles malgré les dispositions prises par l’OMS? Celle-ci cependant donne
souvent l’impression de parler dans le vide. Difficile de cerner où se trouve
l’homme courageux devant les décisions difficiles à prendre. La pandémie a
donné, pourrait-on dire, à chaque chef d’État l’audace d’agir. « D’avoir
le courage, de donner aux élus comme au peuple, cette disposition de l’âme
entre la témérité et la lâcheté ».
La pandémie nous a ouvert les yeux sur la capacité
des chefs d’État à maîtriser leur crainte, apprivoiser l’ampleur des décisions
les meilleures, mais aussi à fuir leurs responsabilités premières sous toute
forme de discours trompeurs. Le bilan dépasse ici l’exercice d’une bilandémie.
Il y a le talent de communiquer, il y a la
crédibilité dans la gestion quotidienne de cette lutte à finir contre le risque
de mourir et le confinement. À travers le monde, tous les chefs d’État ont
affronté cette épreuve. Du nombre, certains sont encore chefs d’État. Au
Québec, il y a encore un chef d’État.
Conclusion
Alors la question nous revient. Pourquoi
tant d’improvisation et de manque de ressources en 2020? Avec ce que notre
société vit depuis un an, il faut s’interroger à la fois sur le rôle du
politique et sur la bureaucratisation de la médecine. « [Avec] l’hécatombe qui
a frappé les personnes âgées et en dépit de l’effondrement des citoyens devant
la bureaucratisation délirante des services sociaux et hospitaliers »,
rappelle Denis Bombardier,[13]
nous avons été brusquement plongés dans l’inconnu.
Et
pourtant, en 1947, près de soixante-quinze ans avant le début de la pandémie de
la COVID-19 en 2020, Albert Camus dans un roman devenu célèbre, La Peste,
décrivait précisément ce qu’on vit depuis un an. Le confinement. « La
déclaration obligatoire et l’isolement furent maintenus. Les maisons des
malades devaient être fermées et désinfectées, les proches soumis à une
quarantaine de sécurité, les enterrements organisés par la ville (…). Un
jour après, les sérums arrivaient par avion. Ils pouvaient suffire aux cas en
traitement. Ils étaient insuffisants si l’épidémie devait s’étendre (…),
l’épidémie sembla reculer, et pendant quelques jours, on compta une dizaine de
morts seulement. Puis, tout d’un coup, elle remonta en flèche ».
Au-delà des débats que les politiciens
entretiennent en permanence, nous vivons à l’âge de l’information continue, des
revendications identitaires et communautaires, où le débat touche aux
conditions physiques et morales essentielles, sinon foncières, pour vivre en
société.
La pandémie nous a permis de percevoir la nécessité
pour tout citoyen, aux fins de Santé publique,
de libérer une fois pour toutes la science de la manipulation du pouvoir
bureaucratique, de protéger la destinée profondément humaine de personnes âgées
systématiquement considérées du seul point de vue économique en ce domaine, de
renoncer aux agences privées de placement
du personnel dans la gestion du réseau de la santé, de libérer la fonction publique
d’une bureaucratie qui paralyse la gouverne de la nation, de protéger le droit
de propriété privé malgré les progrès du numérique, enfin, d’avoir le courage pour
notre chef d’État de ne pas se contenter de gérer à la pièce les dossiers dont
nous venons de parler.
À la fin, deux commentaires, inévitablement,
doivent s’ajouter à notre propos.
Le premier se réfère à ce que le philosophe
Jean-Luc Marion, professeur à l’université de Chicago, met en lumière
concernant le comportement des Dupont, dans Tintin et le trésor de la
philosophie »[14].
Ces deux limiers toujours présents lorsque Tintin parcourt le monde,
« toujours occupés l’un par l’autre », se comportent, cependant, au
contraire des autres personnages d’Hergé, écrit-il. « Ils offrent la
caricature du communautarisme : ils veulent être amis avec tout le monde
et respecter toutes les « cultures »; donc ils se déguisent, que ce
soit en Chine, en Grèce, en Sylvanie, en Arabie ou en Suisse, et même sur un
bateau en marins d’opérette, dans le code supposé de la communauté à laquelle
ils s’imaginent s’intégrer et où ils se font moquer comme des occidentaux
indécrottablement eux-mêmes ». Or, ce comportement inapproprié fut plusieurs
fois observé dans la façon dont les leaders politiques au gouvernement fédéral
se comportent. Ce qui les éloigne des préoccupations citoyennes.
Le second commentaire porte sur la
solidarité de même que le respect de la majorité des citoyens, malgré l’étendue
des sacrifices engendrés, à l’égard des décisions prises par les leaders
politiques, y compris celles prises par des scientifiques. Depuis plus d’un an,
comme partout ailleurs au Canada et dans le monde, les Québécois affrontent les
dangers de cette guerre contre le virus et vivent aussi au quotidien la sournoise
expérience du confinement. Dans ce contexte, le leadership exercé par le premier
ministre du Québec apparaît comme celui d’un véritable chef d’État.
Nous pouvons donc espérer non seulement un
retour à la normalité de la vie quotidienne, mais aussi d’avoir ce courage
évoqué plus haut de refaire le Québec selon le bilan que la pandémie nous a permis
d’observer.
[1] « Où est l’État? L’État est
partout! », les Utopistes, mai 2010, publié dans Le Devoir et sur
Cyberpresse -Le Soleil.
[2] Agnès Vandevelde-Rougale, La novlangue
managériale. Emprise et résistance, Érès, 2017.
[3] Philosophie magasine, George Orwell, ça
nous regarde, Avril, 2021.
[4] La Presse +, François Allard, À qui le
poison? 19 avril, 2021.
[5] Revue Philosophie magazine, Tintin et
le trésor de la philosophie, Numéro Hors-Série, 2021
[6] Philosophie magazine, Tintin et le trésor
de la philosophie, p.41
[7] Josée Legault, « Le colosse au pied
d’argile », Journal de Québec, 2 avril 2021.
[8] Alec Castonguay, Le printemps le plus
long Au cœur des batailles politiques contre la COVID-19, Québec
Amérique,2021
[9]
Philosophie magazine, Le pouvoir de Tintin à Pascal, p95. Blaise Pascal,
Pensées, 56, Hachette.
[10] Henry Mintzberg, Des managers des
vrais! Pas des MBA. Éditions d’Organisation.2005. p.37
[11] Philosophie magazine, Tintin et le
trésor de la philosophie, la propriété, p.90.
[12] OP.Cit. p.52
[13] Bombardier Denise, ‘l’Énigme François
Legault, Journal de Québec, 13 mars, 2021.
[14] Philosophie magazine, Tintin et le
trésor de la philosophie, Jean-Luc Marion, p.16
