mardi 12 mai 2026

LE BRUIT

Dans La Presse de ce matin, (12-05-2026), je lis : « Derrière son bureau avec une vue imprenable sur la glace, aux côtés de son « coloc », le DJ du Canadien Vincent-Guy Aubry, il explique qu’un soir de match, « on n’accepte pas le silence » dans l’amphithéâtre. » 

    Je ne suis jamais allé au Centre Bell. Je ne suis allé que quelques fois dans l’ancien Forum. Comme il y a une vingtaine de milliers de personnes rassemblées sur place, évidemment qu’il y a du bruit. Beaucoup de bruit. Ce que j’ignorais cependant, c’est que le Canadien a son DJ, son disc jockey ou, si vous préférez, son faiseur de bruits. 

J’ai aussi vu, quand j’ai regardé les résumés des joutes sur la Presse, que maintenant, les bandes autour de la patinoire sont animées, diffusent de la publicité comme à la télévision. 

Comment les joueurs, qui doivent se concentrer le plus possible sur leurs jeux, peuvent-ils le faire dans un pareil environnement où le son et la lumière prédominent, y arrivent-ils ? Je ne le sais pas. Mais le peuple, lui, aime cela et il en redemande. 

Les Romains en redemandaient aussi, de leurs jeux où des gladiateurs s’entretuaient, où des bêtes sauvages déchiquetaient criminels et chrétiens. Et ça a duré pendant des siècles.

Aujourd’hui, au Centre Bell (et ailleurs), on n’accepte pas le silence. Il ne faut pas que les spectateurs aient le temps de souffler et de réfléchir à ce qu’ils font ou ont fait. Ils ont payé des centaines de dollars pour leur billet : ils en veulent pour leur argent. Ils veulent que leur club gagne, ils veulent avoir du fun, et le bruit (aussi appelé musique moderne) contribue à leur bonheur.

Tant mieux pour eux. Tout ça, ce n’est pas pour moi.




mercredi 15 avril 2026

J'ai envie de vomir

 Je lis dans Le Devoir ce matin que : « La totalité des réfugiés accueillis aux États-Unis en 2026 sont des Sud-Africains blancs — sans exception. »

Voilà. A-t-on besoin de preuves supplémentaires du racisme pernicieux du déchet humain qui occupe la Maison Blanche, ces temps-ci ?

J'ai envie de vomir.

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mercredi 8 avril 2026

La pressions monte aux États-Unis

 Je reprends ici un texte publié par la journaliste Julie Drolet sur sa page Facebook. C'est un texte qui fait réfléchir et donne espoir.

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La grogne monte aux Etats-Unis contre le président Trump.

Texte d' Andrew Solender publié dans Axios.

Des rumeurs de destitution de Trump circulent parmi les démocrates suite à la publication d'informations sur l'Iran.

Les appels à la destitution du président Trump ont atteint leur paroxysme mardi parmi les démocrates du Congrès après qu'il a menacé, dans un message concernant l'Iran, que « toute une civilisation mourra ce soir ».

Pourquoi c'est important : Les législateurs évoquent ouvertement la possibilité d'une destitution, voire d'une révocation via le 25e amendement – ​​une situation bien différente du tabou strict qui entourait de telles procédures au début du second mandat de Trump.

Face à la colère croissante des militants démocrates contre ce qu'ils considèrent comme de la corruption et des violations constitutionnelles de la part de l'administration Trump, leurs alliés au Capitole se sont tournés vers des méthodes plus radicales.

Les frappes de Trump contre le Venezuela et maintenant l'Iran cette année ont galvanisé les législateurs démocrates autour de mesures telles que la destitution.

À la une de l'actualité : Le représentant Yassamin Ansari (D-Ariz.), président irano-américain de la nouvelle classe des démocrates à la Chambre, a été le premier à prendre la parole lundi après la menace de Trump d'un « enfer » pour l'Iran le dimanche de Pâques.

« Le 25e amendement existe pour une raison ; son cabinet devrait l’utiliser. Le sort des troupes américaines, du peuple iranien et les fondements mêmes de notre système international sont en jeu », a-t-elle déclaré dans un communiqué.

La députée Ilhan Omar (démocrate du Minnesota) a déclaré dans un message sur X : « Ce n'est pas acceptable. Invoquez le 25e amendement. Lancez une procédure de destitution. Révoquez-le. Ce fou furieux doit être démis de ses fonctions. »

La députée Maxine Dexter (démocrate de l'Oregon) a également déclaré dans un message sur X : « Il est grand temps de lancer une procédure de destitution et/ou d'invoquer le 25e amendement. Les républicains doivent faire passer l'intérêt du pays avant une loyauté aveugle envers un seul homme. »

Des dizaines d'autres démocrates ont appelé à la destitution de Trump mardi après qu'il a publié sur Truth Social : « Une civilisation entière va mourir ce soir, pour ne jamais renaître. »

Mardi après-midi, plus de 50 démocrates de la Chambre des représentants — ainsi que les sénateurs Ed Markey (D-Mass.) et Ron Wyden (D-Ore.) — avaient demandé la destitution du président par le biais d'une procédure de destitution ou du 25e amendement.

Parmi eux se trouvaient les représentants Alexandria Ocasio-Cortez (DN.Y.), Maxwell Frost (D-Fla.), Robert Garcia (D-Californie), Sarah McBride (D-Del.), Ilhan Omar (D-Minn.), Rashida Tlaib (D-Mich.) et Ro Khanna (D-Californie).

En filigrane : Le 25e amendement à la Constitution autorise le vice-président et la majorité du Cabinet à destituer temporairement un président « incapable d’exercer les pouvoirs et les devoirs de sa charge ».

Cette destitution devrait alors être confirmée par un vote des deux tiers de chaque chambre du Congrès.

Ce que nous entendons : des parlementaires de base se coordonnent en vue d’une éventuelle action organisée, ont déclaré à Axios deux hauts responsables démocrates de la Chambre et un assistant de haut rang au fait de la question.

Un haut responsable démocrate de la Chambre des représentants a déclaré à Axios qu'il y avait des « rumeurs » concernant la possibilité de forcer un vote de destitution contre Trump ou d'envoyer une lettre au Cabinet les exhortant à invoquer le 25e amendement.

D'après nos sources, ces discussions n'ont pas encore atteint le niveau de la direction.

Le chef de la minorité à la Chambre des représentants, Hakeem Jeffries (démocrate de New York), et d'autres hauts responsables démocrates ont concentré leur attention sur la tenue d'un vote sur les pouvoirs de guerre contre l'Iran plus tard ce mois-ci.

L'autre camp : « C'est pathétique. Les démocrates parlent de destituer le président Trump depuis avant même son investiture », a déclaré Davis Ingle, porte-parole de la Maison Blanche, à Axios.

« Les démocrates au Congrès sont dérangés, faibles et inefficaces, ce qui explique leurs taux d'approbation historiquement bas. »

Le représentant Don Bacon (R-Neb.), un centriste sur le point de prendre sa retraite qui rompt souvent avec Trump mais qui prône également une politique étrangère interventionniste, a déclaré à Axios que le président « négocie à la manière de Trump ».

« La civilisation perse prospérera de nouveau lorsqu'elle ne sera plus sous le joug des ayatollahs », a-t-il déclaré.

L'ancienne représentante Marjorie Taylor Greene (R-Ga.), une ancienne fidèle de Trump qui s'est de plus en plus éloignée de lui sur des questions comme l'Iran et les dossiers Epstein, a appelé à invoquer le 25e amendement dans un article sur X.

Constat : rien de tout cela ne se produirait sans le soutien substantiel des républicains du Congrès et d'un cabinet rempli de fidèles de Trump, ce que même certains démocrates reconnaissent.

McBride a déclaré : « Il faut absolument faire comprendre aux membres du Parti républicain qu’ils ont le pouvoir d’empêcher cela. Il existe plusieurs solutions. Ils doivent en choisir une, mais ils pourraient agir dès maintenant et mettre un terme à tout cela. »

Mais « les républicains restent des acolytes semblables à des zombies », a reconnu le représentant Jim Himes (D-Conn.), le principal démocrate au sein du comité du renseignement de la Chambre.

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dimanche 5 avril 2026

PAS DE RUSSES CHEZ LES CANADIENS !

 Je lis dans La Presse de ce dimanche pluvieux de Pâques :

«Guerre en Ukraine : Une frappe russe sur un marché fait six morts »

Des frappes russes, dont une sur un marché de la ville de Nikopol, ont fait au moins six morts et plusieurs dizaines de blessés samedi en Ukraine, alors que la Russie a multiplié ses attaques aériennes en journée. Cinq personnes ont été tuées et 25 blessées dans une frappe de drone survenue sur un marché de la ville de Nikopol dans la région de Dnipropetrovsk, selon les autorités régionales. À Kherson, une femme est morte et deux autres ont été blessées dans une frappe sur un arrêt de transport public, a indiqué le gouverneur de la région. Six personnes ont également été blessées dans des frappes sur la ville de Kharkiv, dans le Nord-Est, selon les autorités locales. Dans la nuit de vendredi à samedi, la Russie a visé l’Ukraine avec 286 drones de longue portée, dont 260 ont été interceptés selon les forces ukrainiennes. Ces frappes ont fait au moins 14 blessés, dont 11 dans la région de Soumy et trois dans celle de Dnipropetrovsk.»

Pendant ce temps, ici, on admire et on applaudit un Russe qui joue pour le Canadien. La guerre en Ukraine, qui endure depuis quatre ans la guerre que la Russie lui a déclarée. Certains m'ont dit qu'il n'y avait pas de lien à faire entre la Russie et ses citoyens. Je me permets d'être en désaccord. Dans les années '30, le même type de personnes refusait de faire un lien entre l'antisémitisme ici au Canada comme au Québec, et les lois anti-juives de l'Allemagne nazie.

Hélas, on connaît la suite. Il faut faire des liens, et agir en conséquence. À quand des pancartes au Centre Bell clamant « PAS DE RUSSES CHEZ LES CANADIENS ! » ?

jeudi 2 avril 2026

L'Humour du Devoir

Je ne savais pas que Le Devoir était un journal d'humour. À preuve, ce matin, ce titre : « Sera-t-il possible d’aller voir Céline à Paris sans vider sa tirelire? »

Sont drôles, les gens du Devoir. Ça fait longtemps que Céliiiiiiiiiine Dion (prononcer Deonnn) a laissé derrière elle le menu fretin, la plèbe, bref le peuple qui, malgré tout, continue de lui vouer un culte quasi sacré. Pour aller voir Céline à Paris, faut y aller en avion, le pire moyen de transport jamais inventé. 

Au moins six heures de vie perdues dans une boîte à sardine, à respirer l'air des autres. Ensuite, si on réussit à sortir de Charles-de-Gaulle, faut se rendre à Paris, où les chambres d'hôtels les moins chères sont largement au-dessus du prix des chambres de motel à Charlemagne, PQ.

Si on a mis la main sur une paire de billets (grâce à une troisième hypothèque sur le condo de Laval), faut aller au spectacle en priant que la voix de la chanteuse tienne le coup jusqu'à la fin. Ensuite, faut revenir à la maison. Tous ça, mes amis, ça coûte des bidous, beauuuuuuuuuuuuuucoup de bidous.

Alors, pour répondre au Devoir, oui, il faut non seulement vider sa tirelire, mais emprunter pour aller voir la vieille vedette essayer de relancer sa carrière.

Bon. Je retourne me coucher.

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mercredi 25 mars 2026

DÉCOURAGÉ...

Bonjour ! Je lis dans les journaux que la Russie a lancé en 24 heures près de 1000 drones sur l’Ukraine, lançant mardi l’une de ses plus vastes attaques aériennes en plein jour, après une nuit déjà marquée par des frappes meurtrières.

Bien sûr, c'est révoltant. C'est contre tout bon sens. Pendant ce temps-là, la foule québécoise du centre Bell acclamait Ivan Demidov, un Russe, qui joue pour le Canadien de Montréal.
C'est comme ces Québécois qui savent que Cuba est une dictature communiste féroce, mais qui oublient cela quand vient le temps de se programmer une ou deux semaines au soleil en hiver (à crédit, évidemment). Leur confort (et le prix) effacent leurs opinions sur le régime du pays où il y a du soleil.
Est-ce que c'est moi qui suis complètement dépassé ? La conscience universelle, on en fait quoi ? Vous me dites « rien ». Bon.
Je suis un peu découragé...

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samedi 21 mars 2026

1939, 2026 : même aveuglement

À l'été de 1939, tout allait bien pour Adolf Hitler. En 1935, il avait réoccupé la Rhénanie, et ni la France, ni l'Angleterre n'avaient levé le petit doigt pour l'en empêcher.

En 1938, il convainquit Chamberlain, premier minietre de l'Angleterre et Daladier, premier ministre de la France, de lui « permettre » d'annexer les Sudètes, un territoire allemand accordé à la tchécoslovaquie par le Traité de Versailles de 1919, et peuplé très majoritairement d'Allemands.

Avant la fin de 1939, Hitler occupa le reste de ce pays. Ni la France, ni l'Angleterre ne levèrent le petit doigt pour l'en empêcher. Et en passant, en 1938, Hitler annexa purement et simplement l'Autriche et encore là, les Alliés protestèrent, mais sans plus.

Donc, à l'été 1939, Adolf Hitler était sûr de son coup : il envahirait la Pologne (qu'il partagerait avec l'URSS, en vertu du pacte Ribbentrop - Molotov), et exemples du passé récent à l'appui, il était CERTAIN qu'encore une fois, la France et l'Angleterre ne feraient rien. 

Il envahit donc la Pologne le 1er septembre 1939. Là, la France et l'Angleterre lui ont dit : assez, c'est assez, et les deux pays ont déclaré la guerre à l'Allemagne.

Nous connaissons tous et toutes la suite.

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Nous sommes en 2026. le président américain, trompe, est fier de son coup au Venezuela : il a enlevé au nez et à la barbe de ses gardiens le président Maduro et l'a fait trasnsporter aux États-Unis pour y subir un procès. 

trompe ne se peut plus. Il se pense le stratège le plus brillant que l'univers ait connu. Lui, il ne connaît que les succès qui accroissent encore plus sa gloire, son ego. Il veut donc refaire le coup Maduro, mais au Moyen-Orient.

Il lance alors les forces aériennes et maritimes américaines contre l'Iran et il réussit à faire assassiner le leader suprême Khameiny. Bon, les imams ont élu le fil du Guide suprême pour lui sucéder, mais trompe est fier de lui et il parle déjà de mettre fin à cette guerre.

Mais voilà, il y a du sable dans l'engrenage (du sable au Moyen-Orient, faut le faire... Chez les ivrognes, on dit qu'il y a un hic). 

Les Iraniens contrôlent le traffic maritime dans le détroit d'Ormuz, par où passent les pétroliers qui fournissent 20% du pétrole mondial

Subitement, le prix du pétrole raffiné à la pompe grimpe, et rapidement, à part cela. Les pays qui en ont débloquent une partie de leurs réserves stratégiques de pétrole. Aux États-Unis eux-mêmes, les prix montent comme partout, et trompe en paie le prix dans les sondages qui, de toute façon, le plaçaient déjà dans la cave des intentions de vote.

trompe demande l'aide de ses « alliés » pour ouvrir le détroit d'Ormuz mais étrangement, ces alliés qu'il méprise et à qui il a asséné des tarifs déments lui disent non.

trompe, avec son intelligence de petite broquette (une seule), ne comprend pas et traite ses alliés de peureux. Il pense tout haut à envoyer des soldats en Iran. Ce que l'Américain moyen a en horreur, depuis les aventures du VietNam, de l'Irak et  de l'Afghanistan.

trompe est pris dans l'engrenage de guerre qu'il a lui-même créé.

Moi, je déteste trompe. Cela étant, je ne vois pas encore comment il va se tirer de ce fouillis iranien.

À suivre... un jour.


mardi 17 mars 2026

La bannissement à variations.

Ce matin, je lis sur Reuter : " Celebrated Russian ballerina Svetlana Zakharova has been excluded from a dance gala beginning in Rome this month, organisers said, in the latest political dispute over the participation of Russian artists in cultural events in Italy.

A star of Moscow's Bolshoi Theatre, Zakharova has been a vocal supporter of President Vladimir Putin. She had been due to perform at the "Les Etoiles" gala in the Italian capital on March 20 to 21."

Pendant ce temps, des athlètes russes ont participé aux Jeux olympiques et paralympiques ; d'autres jouent dans la Ligne nationale de hockey tous les jours, et on ne s’indigne pas quand leur pays tue et blesse des Ukrainiens pratiquement toutes les nuits par des attaques barbares.

Bravo aux Italiens !

Quant à nous, ben voyons, faut pas nuire aux hockey de la LNH.


Misère...


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mardi 30 août 2022

« LA MADAME », ou Much ado about nothing…

On me pardonnera de citer Shakespeare en titre de texte, mais sa courte phrase dit tout. Le pseudo faux-pas de François Legault, qui a parlé de la « madame » au lieu de nommer Dominique Anglade, n’est rien. Oh ! Bien des bas de nylon se sont déchirés, bien de petites culottes se sont tordues, mais pour reprendre Shakespeare en bon Québécois, « il n’y a rien là ».

Je regarde se dérouler des élections générales québécoises depuis 1956. Il y a certes celle de 1952, mais j’avais huit ans et je ne peux prétendre m’en rappeler vraiment. Mais en 1956, la dernière gagnée par Maurice Duplessis et l’Union nationale, je me rappelle bien que malgré la domination de l’UN, la campagne fut féroce. Puis il y a eu 1960 et l’arrivée de Jean Lesage au pouvoir ; 1962 et la nationalisation de l’électricité ; 1966 et la surprise du retour de l’UN au pouvoir.

En 1970, Robert Bourassa gagne l’élection pour le Parti libéral du Québec (PLQ) et le PQ apparaît dans le tableau avec sept députés. En 1973, Bourassa remporte une victoire encore plus convaincante avec 102 députés élus. Le PQ recule de sept à six députés.

Si je compte bien, là, je suis rendu à six élections dont j’ai passionnément suivi le déroulement, de 1956 à 1963.

Puis arrive 1976, où le PQ, au grand désespoir du Canada-Anglais, prend solidement le pouvoir. Malgré son échec référendaire de 1980, le parti de René Lévesque gagne les élections de 1981. En 1985, l’UN étant disparue du paysage politique, Robert Bourassa et le PLQ remportent la victoire, succès qu’ils renouvelleront en 1989. Mais en 1994, c’est le PQ de Jacques Parizeau qui remporte l’élection générale. Malgré une seconde défaite référendaire en 15 ans, le PQ est réélu en 1998, alors qu’il est dirigé par Lucien Bouchard.

J’en suis donc, à ce point dans le temps, à douze élections. Continuons.

En 2003, le PQ dirigé par Bernard Landry, perd aux mains de Jean Charest et du PLQ. En 2007, Jean Charest est réélu, mais minoritaire, et l’ADQ de Mario Dumont devient provisoirement l’Opposition officielle à l’Assemblée nationale. En 2008, Une autre élection reporte Jean Charest au pouvoir et le PQ redevient l’Opposition officielle, l’ADQ s’étant effondrée pendant cette joute électorale.

Me voilà rendu à quinze élections, depuis 1956. Ça commence à faire beaucoup.

En 2012, Jean Charest et le PLQ sont relégués au statut d’Opposition officielle alors que le PQ prend le pouvoir, mais de façon minoritaire. Pauline Marois échappe de peu à un attentat à sa vie. Mme Marois déclenche une élection-surprise en 2014, mais le PQ et elle-même dans son comté sont défaits : Philippe Couillard et le PLQ retournent au pouvoir. En 2018, le PLQ est littéralement chassé du pouvoir par la Coalition Avenir Québec (CAQ), parti fondé en 2011 par François Legault et Charles Sirois. M. Legault devient premier ministre. Enfin, cette année en 2022, nous voilà encore en campagne électorale.

Si je ne me suis pas mêlé, c’est donc la 19ème campagne électorale provinciale à laquelle j’assiste maintenant. 

Évidemment, comme tout le monde, j’en ai entendu des promesses électorales, des engagements de toutes sortes au fil des élections. Ce qui fait qu’aujourd’hui, tout ce que les candidats en lice lancent dans l’air du temps pour ramasser quelques votes par ci, quelques votes par là me coule sur le dos comme de l’eau sur le dos d’un canard.

Alors vous comprendrez que l’utilisation par François Legault du mot « madame » dimanche, ça ne me fait pas un pli sur la différence. Entre la « madame » et l’inflation ou la crise du logement, disons que j’ai appris, avec le temps, à donner de l’importance aux vrais enjeux.

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samedi 26 février 2022

Des temps incertains

En ce mois de février où l’hiver étire son emprise, et où la Russie de Poutine a agressé sauvagement l’Ukraine, c’est difficile d’écrire quelque chose d’intelligent et d’original, qui n’ait pas déjà été dit ou publié.

Le sentiment le plus fondamental que je ressens est celui de la répulsion. L’attaque russe, non-provoquée, est un acte de guerre barbare qui ne doit pas réussir. Déjà, les Ukrainiens font preuve d’un courage magnifique et font en sorte que les plans des Russes sont bousculés, quand ils ne sont pas contrecarrés. C’est tout à l’honneur des Ukrainiens. Cela dit, personne n’ose prédire la suite des choses.

Cependant, on doit espérer que la résistance ukrainienne suscite assez d’indignation en Russie même pour que le dictateur Poutine commence à entendre le peuple russe, qui lui, ne veut pas de cette guerre. Oui, les manifestations en Russie sont durement réprimées, mais ce n’est pas cette répression qui va décourager les Russes avides de justice et de paix.

D’ailleurs, Poutine devrait se pencher sur les vrais problèmes de son pays. D’abord, la corruption. Le gouvernement est pourri jusqu’à la moëlle, Vladimir Poutine étant le plus grand profiteur du vol de l’argent public russe. Deuxièmement, en 2021, la Russie comptait un million de citoyens de moins qu’en 2020. Plus de Russes sont décédés que de bébés russes sont nés, la différence atteignant ce million de citoyens perdus.

Ce n’est pas en envahissant à grands coûts son pays voisin l’Ukraine que la Russie de Poutine va commencer à s’attaquer aux réels problèmes qui l'affectent. Les sanctions internationales font et feront de plus en plus mal à la Russie et aux portefeuilles de ses oligarques, Poutine en premier. L’Europe entière s’est unie contre cette agression sauvage, de même que le reste des pays occidentaux. Bref, c’est mal parti pour la Russie poutinienne.

Entendra-t-il raison ? Plusieurs en doutent, dont l’auteur de ces lignes. Il a franchi, avec cette guerre, un point de non-retour qui s’avérera peut-être fatal pour sa dictature. Espérons-le.

vendredi 7 janvier 2022

RIEN POUR RASSURER

En ce début de 2022, le gouvernement Legault, curieusement, ne sait plus où il s'en va et sa capacité de réfléchir et de planifier est sérieusement handicapée par cette pandémie qui ne finit plus de finir. La machine bureaucratique connaît d'importants ratés.

À preuve Christian Dubé qui annonce que les commerces d'état (SAQ, SQDC) vont empêcher les non-vaccinés d'y entrer le... 18 janvier. Une pareille mesure, ça s'applique immédiatement ou pas du tout. Il y a des fonctionnaires ou des attaché politiques qui dorment au gaz, présentement, à Québec.

Les conférences de presse solennelles de Legault pour nous annoncer, en heure de grande écoute, à peu près rien, revenir à un couvre-feu probablement inutile, dans le jugement de trop de monde au Québec, autant de décisions très... discutables qui n’ont pas été mûrement réfléchies.

Je constate que ce gouvernement veut agir et veut que nous, les citoyens payeurs de taxes, voyions qu'il agit. Je sais que le gouvernement est obsédé par les élections d'octobre prochain, mais présentement, avec sa gestion erratique de la pandémie, il se tire dans le pied.

J'ajoute que le maintien, contre vents et marées, d'Horatio Arruda à son poste est une sérieuse erreur stratégique. Arruda communique mal et ses idées ne sont pas claires. Il hésite constamment entre son rôle de conseiller et celui de décideur. Il est devenu, nonobstant ses autres qualités, un boulet pour ce gouvernement, mais Legault ne veut pas le voir (ou ne peut plus le voir).

On assiste présentement au développement périlleux de l'ego de François Legault. Et ça, c'est gravissime. Voilà ce que mon observation quotidienne de ce gouvernement m'inspire, présentement. Ça n’a rien pour me rassurer.

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mardi 20 juillet 2021

Magnifique texte de Christophe Clavé

J'ai récupéré ce texte remarquable du site https://temoignagefiscal.com/baisse-du-qi-appauvrissement-du-langage-et-ruine-de-la-pensee-par-christophe-clave/ Il m'avait été suggéré auparavant sur une page Facebook. Je crois utile de le diffuser le plus largement possible : il nous explique beaucoup de choses sur notre langue parlée.

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Par Christophe Clavé*

L’effet de Flynn du nom de son concepteur, a prévalu jusque dans les années 1960. Son principe est que le Quotient Intellectuel (QI) moyen ne cesse d’augmenter dans la population. Or depuis les années 1980, les chercheurs en sciences cognitives semblent partager le constat d’une inversion de l’effet Flynn, et d’une baisse du QI moyen.

La thèse est encore discutée et de nombreuses études sont en cours depuis près de quarante ans sans parvenir à apaiser le débat. Il semble bien que le niveau d’intelligence mesuré par les tests de QI diminue dans les pays les plus développés, et qu’une multitude de facteurs puissent en être la cause.

A cette baisse même contestée du niveau moyen d’intelligence s’ajoute l’appauvrissement du langage. Les études sont nombreuses qui démontrent le rétrécissement du champ lexical et un appauvrissement de la langue. Il ne s’agit pas seulement de la diminution du vocabulaire utilisé, mais aussi des subtilités de la langue qui permettent d’élaborer et de formuler une pensée complexe.

La disparition progressive des temps (subjonctif, passé simple, imparfait, formes composées du futur, participe passé…) donne lieu à une pensée au présent, limitée à l’instant, incapable de projections dans le temps. La généralisation du tutoiement, la disparition des majuscules et de la ponctuation sont autant de coups mortels portés à la subtilité de l’expression. Supprimer le mot «mademoiselle» est non seulement renoncer à l’esthétique d’un mot, mais également promouvoir l’idée qu’entre une petite fille et une femme il n’y a rien.

Moins de mots et moins de verbes conjugués c’est moins de capacités à exprimer les émotions et moins de possibilité d’élaborer une pensée.

Des études ont montré qu’une partie de la violence dans la sphère publique et privée provient directement de l’incapacité à mettre des mots sur les émotions.

Sans mots pour construire un raisonnement la pensée complexe chère à Edgar Morin est entravée, rendue impossible. Plus le langage est pauvre, moins la pensée existe.

L’histoire est riche d’exemples et les écrits sont nombreux de Georges Orwell dans 1984 à Ray Bradbury dans Fahrenheit 451 qui ont relaté comment les dictatures de toutes obédiences entravaient la pensée en réduisant et tordant le nombre et le sens des mots. Il n’y a pas de pensée critique sans pensée. Et il n’y a pas de pensée sans mots. Comment construire une pensée hypothético-déductive sans maîtrise du conditionnel? Comment envisager l’avenir sans conjugaison au futur? Comment appréhender une temporalité, une succession d’éléments dans le temps, qu’ils soient passés ou à venir, ainsi que leur durée relative, sans une langue qui fait la différence entre ce qui aurait pu être, ce qui a été, ce qui est, ce qui pourrait advenir, et ce qui sera après que ce qui pourrait advenir soit advenu? Si un cri de ralliement devait se faire entendre aujourd’hui, ce serait celui, adressé aux parents et aux enseignants: faites parler, lire et écrire vos enfants, vos élèves, vos étudiants.

Enseignez et pratiquez la langue dans ses formes les plus variées, même si elle semble compliquée, surtout si elle est compliquée. Parce que dans cet effort se trouve la liberté. Ceux qui expliquent à longueur de temps qu’il faut simplifier l’orthographe, purger la langue de ses «défauts», abolir les genres, les temps, les nuances, tout ce qui crée de la complexité sont les fossoyeurs de l’esprit humain. Il n’est pas de liberté sans exigences. Il n’est pas de beauté sans la pensée de la beauté.

* Professeur de stratégie & management INSEEC SBE

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lundi 12 juillet 2021

LE ‘COUAC’ DANS L’OREILLE

Les progrès de la technologie nous coupent le souffle régulièrement. Les découvertes scientifiques et les innovations se succèdent à un tel rythme qu’on ne peut réellement pas en suivre l’évolution au jour le jour. En principe, tous ces progrès visent soit au mieux-être de l’humanité, soit à l’avancement des ventes et du marketing.

      C’est une des marques fondamentales des 60 ou 70 dernières années. Dans cette foison de nouveautés, il y en a une qui doit bien dater de 30 ou 40 ans : c’est celle du ‘couac’ dans l’oreille. « Quel couac ? » me demanderez-vous avec raison. Je parle du couac qui survient à l’improviste pendant une conversation téléphonique avec un interlocuteur(trice), quel(le) qu’il (elle) soit. Bon, c’est rendu que j’écris comme à l’UQAM. Passons. Je reprends.

      Vous êtes au téléphone et vous jasez avec un ami ou un parent, ou vous voulez organiser une rencontre, ou que sais je… Ça fait, disons, sept minutes que vous jasez ainsi. Soudainement, vous entendez un fort ‘couac’ dans votre oreille collée au récepteur. Tous les jeunes de 45 ans ou moins savent d’instinct ce que ce couac veut dire.

      Il signifie que quelqu’un d’autre veut vous parler. À ce moment, vous dites à votre premier interlocuteur : « Un instant, j’ai un autre appel ». Puis, sans autres manières, vous pesez sur le bouton ‘flash’ sur votre téléphone. Notez que je ne sais pas où est ce bouton semblable sur le vieux cellulaire que je possède. Donc, une fois que vous avez pesé sur le bouton ‘flash’, automatiquement (c’est beau, le progrès !) vous vous trouvez en communication avec le second interlocuteur, celui qui vient de couper ainsi votre première conversation.

      Vous le saluez et lui demandez ce qu’il désire ; vous lui mentionnez que vous êtes déjà au téléphone avec quelqu’un. Ce second interlocuteur, un peu belette, va peut-être avoir l’impolitesse de vous demander avec qui vous étiez en train de parler, ce qui, d’habitude, n’est pas, mais absolument pas de ses affaires, mais vous êtes une personne polie et vous éludez sa question. Vous lui redemandez alors ce qu’il désire.

      Votre second interlocuteur, complètement indifférent au fait que votre premier correspondant attend toujours, commence alors à vous expliquer pourquoi il vous appelle. Mais vous le coupez avec gentillesse en lui disant : « Écoute, je veux bien, mais je suis déjà au téléphone… » Votre deuxième interlocuteur vous dit alors : « Ah, OK, écoute, il n’y a rien qui presse. Je vais te rappeler. Bye. » Et il raccroche. Le tout a pris entre deux et six minutes, selon la verbosité des interlocuteurs ou interlocutrices.

      Tout de suite, voue pesez à nouveau sur le bouton ‘flash’ pour revenir à votre première conversation. Là, deux choses peuvent se produire. Ou bien votre interlocuteur a été patient et il vous attend toujours au bout de la ligne. Ou bien, impatient et, oui, contrarié, il a raccroché. Il a raccroché parce que l’interruption de votre conversation, interruption toujours très impolie, l’a insulté ou pour le moins, contrarié. Vous savez pourquoi ?

      Il y a une raison que j’ai probablement apprise près des jupes de ma mère. Quand deux personnes sont en conversation, il est très malvenu de chercher à interrompre leur échange, sauf, évidemment, pour un cas d’urgence ce qui, convenons-en, n’arrive pas si souvent que ça. Si l’interruption d’une conversation est si impolie, au nom de quoi les inventeurs de la technologie idoine se sont-ils permis de créer ce ‘couac’ dans l’oreille quand on est au téléphone avec quelqu’un ? Voilà un cas de support technologique à une impolitesse sociale très déplaisant.

      Chez moi, quand j’entends le couac dans mon oreille, depuis un bon moment, je ne réagis plus et je poursuis ma conversation. Si quelqu’un veut me parler, il me téléphonera quand ma ligne sera libre. Je vais d’ailleurs bientôt contacter mon fournisseur de service téléphonique pour qu’il enlève cette impolitesse, cet 'appel en attente', de mon forfait.

      Si, bien sûr, en cette merveilleuse époque qui est la nôtre, cette option est encore possible.

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