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mardi 5 janvier 2016

JEAN-PAUL L'ALLIER NOUS A QUITTÉS

Comme tout le monde, j'ai appris tôt mardi matin la nouvelle qu'on aurait espéré ne pas apprendre aussi rapidement. Jean-Paul L'Allier nous a quittés la nuit dernière.

Après Monsieur Parizeau l'an dernier, voici qu'un autre acteur important de l'histoire du Québec et de l'histoire de Québec vient de s'éteindre et de passer à la postérité.
 
Originaire de la région de Vaudreuil, Jean-Paul L'Allier n'était pas un « né natif » de Québec, comme disent les Québécois de vieille souche. Mais son amour pour la ville de Québec et les remarquables, durables et heureuses transformations qu'il a apportées à la Capitale du Québec ont illustré l'amour profond de Jean-Paul pour sa ville d'adoption.
 
La mise sur pied de la Commission de la Capitale nationale du Québec par le gouvernement de M. Parizeau à l'instigation de Jean-Paul L'Allier fait partie de ces transformations structurelles dont profite encore aujourd'hui Québec et toute la province.
 
Avant même l'épisode des fusions municipales de 2001, Jean-Paul L'Allier savait réunir, échanger, écouter et décider. J'ai été un témoin privilégié de son action mois après mois après la mise sur pied, en 1998, du Comité Québec Capitale dont le but était de rappeler au gouvernement québécois du jour, peu importe sa couleur politique, que son devoir élémentaire lui imposait de gouverner à partir de Québec.
 
Jean-Paul L'Allier aimait rappeler le comportement de premier ministre Daniel Johnson père. Lors de l'Expo 67, les chefs de gouvernement et les chefs d'état qui souhaitaient rencontrer le premier ministre du Québec devaient le faire à Québec, la capitale, comme il se devait.
 
Constatant une certaine dérive du gouvernement québécois à cet égard, Jean-Paul L'Allier mit alors sur pied ce bien-nommé Comité Québec Capitale à l'extérieur des structures municipales établies. Pour le présider, il fit appel au recteur de l'Université Laval de l'époque, le regretté François Tavenas, et réunit autour de cette table l'ensemble des principaux décideurs politiques, économiques et sociaux de la capitale, les deux rives du Saint-Laurent confondues.

Ce Comité se réunissait mensuellement et ses membres faisaient état de gestes politiques gouvernementaux qui, par simple indifférence, s'étaient déroulés dans la métropole ou ailleurs au Québec au lieu de l'être à Québec. Jamais le Comité ne s'est immiscé dans la partisannerie, et il a agi de la même façon avec des gouvernements péquistes ou libéraux. Avec le temps, le Comité Québec Capitale est devenu un lobby influent auprès du gouvernement du Québec pour que ce dernier soit conscient du devoir de diriger le Québec à partir de sa capitale.

Les fusions de 2001 ont créé une ville de Québec plus forte, davantage consciente de son rôle de capitale politique du Québec. Le Comité Québec Capitale est peu à peu disparu, son rôle étant assumé par les autorités de la ville nouvelle de Québec. Ce groupe discret de dialogue, d'échanges et de pression n'aurait jamais existé  sans un Jean-Paul L'Allier capable de réunir, de rassembler même des gens qui ne pensaient pas nécessairement comme lui. On oublie trop facilement cet autre fait que pendant huit de ses seize années comme maire, Jean-Paul L'Allier fut minoritaire au Conseil municipal de la ville de Québec. Il a su pourtant conjuguer avec son opposition, la consultant et écoutant ses avis. Il me disait souvent que son opposition améliorait ses projets. Jamais le dialogue ne le lassait.

Jean-Paul L'Allier fut un grand serviteur de l'État, un maire visionnaire pour Québec et un amoureux inconditionnel de la démocratie municipale et du Québec tout entier.
 
À son épouse, ses enfants et ses proches, j'offre mes plus sincères condoléances et l'expression de ma sympathie.
 
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vendredi 4 avril 2014

LA RÉGION DE QUÉBEC : UNE CHAMPIONNE !

Pendant que l'ensemble du Québec affiche un taux de chômage moyen de 7,8 % en février, à Québec, le marché de l'emploi connaît un début d'année fracassant. Le mois dernier, le taux de chômage dans la région qui couvre les villes de Québec et Lévis est à 4,1 %. 

Selon Statistique Canada, Québec est la région où le chômage est le plus bas au pays. Québec connaît le plein emploi. Cette réussite est le résultat de la vision des leaders de la région depuis les années 1980.
À l’époque, l’industrie manufacturière déclinait rapidement. Le gouvernement du Québec, après l’explosion de la fonction publique des années 1970 et 1980, faisait une pause dans l’embauche, et le secteur touristique avait atteint en bonne part son plafond de création d’emplois. Les leaders de la région de Québec, parmi lesquels figuraient les maires Jean Pelletier et Jean-Paul L’Allier, et les recteurs Jean-Guy Pâquet et Michel Gervais, ont convenu que l’avenir économique de la région, pour se diversifier, devait reposer sur les industries de haute technologie appliquant les résultats de la recherche universitaire dans tous les domaines. 
 
Concrètement, cette orientation a mené à la création du Parc technologique du Québec métropolitain, classé maintenant parmi les meilleurs au monde dans sa catégorie. L’action énergique de Jean-Guy Pâquet a entraîné la création à Québec de l’Institut national d’optique (INO), avec les retombées concrètes que sont des entreprises spécialisées comme Exfo ingéniérie et bien d'autres. Cela a aussi permis de créer des centres de recherches biomédicaux dont la réputation dépasse largement nos frontières.
Les années 1990 ont permis deux développements spectaculaires à Québec. D’abord, l’arrivée du monde numérique et les nouvelles technologies de l’information et des communications ont ouvert une porte fascinante sur le 21e siècle. Puis, Jean-Paul L’Allier, ignorant les moqueries dont il faisait l’objet, a entrepris de revitaliser le centre-ville de Québec, le quartier Saint-Roch.
Cela a permis d’en faire aujourd’hui un foyer de création unique de jeux vidéos et d’innovations de toutes sortes. Les entreprises qui y sont installées, dont Ubisoft, recherchent constamment des employés qualifiés. Depuis la fin des années 1980, la région de Québec est donc sortie de sa torpeur et a cessé d’être le « gros » village dont on aimait se moquer.
Tout cela n’est pas le fruit du hasard. De la vision, de la détermination, voilà ce qui a fait qu’en 2014, Québec – la région - est le lieu au Canada où le chômage est le plus bas. Depuis le tournant de l’an 2000, le taux de chômage de la région de Québec a TOUJOURS été le plus bas au Québec et TOUJOURS parmi les plus bas du Canada. C’est une réussite qu’il faut reconnaître en saluant les visionnaires qui l’ont rendue possible.
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