Les progrès de la technologie nous coupent le souffle régulièrement. Les découvertes scientifiques et les innovations se succèdent à un tel rythme qu’on ne peut réellement pas en suivre l’évolution au jour le jour. En principe, tous ces progrès visent soit au mieux-être de l’humanité, soit à l’avancement des ventes et du marketing.
C’est une des marques fondamentales des 60 ou 70 dernières années. Dans cette foison de nouveautés, il y en a une qui doit bien dater de 30 ou 40 ans : c’est celle du ‘couac’ dans l’oreille. « Quel couac ? » me demanderez-vous avec raison. Je parle du couac qui survient à l’improviste pendant une conversation téléphonique avec un interlocuteur(trice), quel(le) qu’il (elle) soit. Bon, c’est rendu que j’écris comme à l’UQAM. Passons. Je reprends.
Vous êtes au
téléphone et vous jasez avec un ami ou un parent, ou vous voulez organiser une
rencontre, ou que sais je… Ça fait, disons, sept minutes que vous jasez ainsi.
Soudainement, vous entendez un fort ‘couac’ dans votre oreille collée au récepteur.
Tous les jeunes de 45 ans ou moins savent d’instinct ce que ce couac veut dire.
Il signifie que
quelqu’un d’autre veut vous parler. À ce moment, vous dites à votre premier
interlocuteur : « Un instant, j’ai un autre appel ». Puis, sans autres
manières, vous pesez sur le bouton ‘flash’ sur votre téléphone. Notez que je ne
sais pas où est ce bouton semblable sur le vieux cellulaire que je possède. Donc, une
fois que vous avez pesé sur le bouton ‘flash’, automatiquement (c’est beau, le
progrès !) vous vous trouvez en communication avec le second interlocuteur,
celui qui vient de couper ainsi votre première conversation.
Vous le saluez et
lui demandez ce qu’il désire ; vous lui mentionnez que vous êtes déjà au téléphone
avec quelqu’un. Ce second interlocuteur, un peu belette, va peut-être avoir l’impolitesse
de vous demander avec qui vous étiez en train de parler, ce qui, d’habitude, n’est
pas, mais absolument pas de ses affaires, mais vous êtes une personne polie et
vous éludez sa question. Vous lui redemandez alors ce qu’il désire.
Votre second
interlocuteur, complètement indifférent au fait que votre premier correspondant
attend toujours, commence alors à vous expliquer pourquoi il vous appelle. Mais
vous le coupez avec gentillesse en lui disant : « Écoute, je veux bien,
mais je suis déjà au téléphone… » Votre deuxième interlocuteur vous dit alors :
« Ah, OK, écoute, il n’y a rien qui presse. Je vais te rappeler. Bye. » Et il
raccroche. Le tout a pris entre deux et six minutes, selon la verbosité des interlocuteurs
ou interlocutrices.
Tout de suite,
voue pesez à nouveau sur le bouton ‘flash’ pour revenir à votre première
conversation. Là, deux choses peuvent se produire. Ou bien votre interlocuteur
a été patient et il vous attend toujours au bout de la ligne. Ou bien, impatient
et, oui, contrarié, il a raccroché. Il a raccroché parce que l’interruption de votre
conversation, interruption toujours très impolie, l’a insulté ou pour le moins,
contrarié. Vous savez pourquoi ?
Il y a une raison
que j’ai probablement apprise près des jupes de ma mère. Quand deux personnes
sont en conversation, il est très malvenu de chercher à interrompre leur
échange, sauf, évidemment, pour un cas d’urgence ce qui, convenons-en, n’arrive
pas si souvent que ça. Si l’interruption d’une conversation est si impolie, au nom
de quoi les inventeurs de la technologie idoine se sont-ils permis de créer ce ‘couac’
dans l’oreille quand on est au téléphone avec quelqu’un ? Voilà un cas de support
technologique à une impolitesse sociale très déplaisant.
Chez moi, quand j’entends
le couac dans mon oreille, depuis un bon moment, je ne réagis plus et je
poursuis ma conversation. Si quelqu’un veut me parler, il me téléphonera quand
ma ligne sera libre. Je vais d’ailleurs bientôt contacter mon fournisseur de
service téléphonique pour qu’il enlève cette impolitesse, cet 'appel en attente', de mon forfait.
Si, bien sûr, en cette
merveilleuse époque qui est la nôtre, cette option est encore possible.
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