mardi 28 juillet 2015

CHRONIQUER EN JUILLET…


Je n'envie pas du tout, mais pas du tout les chroniqueurs professionnels comme ceux qu'emploient les médias. Leur sort, en juillet, mérite notre pitié, vraiment.

C'est qu'en juillet, et encore pire, durant les vacances de la construction qui, chez nous, tombent toujours les deux dernières semaines de juillet, c'est donc qu'en juillet, il ne se passe… rien. Justement. Rien. Les politiciens sont en vacances. Les bouchons de circulation, sujet éternel de placotage, sont réduits à leur minimum annuel. On peut même rouler à 70 km / h sur les autoroutes Décarie ou Métropolitaine. Il ne se passe rien de notable. On s'est même habitués aux cônes oranges, c'est tout dire. C'est à peine s'ils nous font hausser les épaules.

Et pourtant, nos chroniqueurs, ceux et celles qui ne sont pas en vacances, doivent quand même avoir des opinions sur différents sujets, car le journal n'attend pas. Comble de «malheur » cette année, nous avons du beau temps, un beau temps estival qui fait que tous les gens en vacances, dont les ouvriers de la construction et leurs familles, n'ont pas à se plaindre.
Se plaindre, dénoncer, être en colère contre le gouvernement ou le maire ou les syndicats ou le système de santé, voilà qui nourrit la chronique. Mais cette année, il n'y a rien. Tout est tranquille. Même l'approche de l'élection fédérale du 19 octobre prochain n'arrive pas à soulever les passions, en ce mois de juillet splendide et tranquille. La première ministre de la Colombie britannique a osé mettre son nez dans la politique québécoise ; elle n'a pas réussi à secouer la belle léthargie qui est de mise, cet été. Nos nationalistes sont en vacances, eux aussi.

Vraiment, je plains nos chroniqueurs. Ils doivent s'inventer des sujets. Parler de leur vécu (mes vacances avec mes ados, par exemple, mon voyage dans l'arrière-pays, etc.). Le moindre fait divers incite ce qui reste de journalistes à dire ou écrire que le (écrire ici votre fait divers préféré : …………….) « relance le débat sur » (inscrire ici le sujet du fait divers indiqué précédemment).
Ainsi, un petit enfant se noie dans un fossé près de la maison de ses parents (ce qui est triste et tragique pour ces parents, bien sûr), que des chroniqueurs relancent le débat sur la sécurité des tout-petits et réclament que le gouvernement (encore lui !) impose de clôturer les terrains donnant sur des fossés. Bref, ils essaient de « relancer le débat sur », mais il n'y a pas de débat. Même chose pour les accidents de la route, les noyades dans les piscines ou les rivières, les incendies, etc.

Évidemment, il n'y a pas de débat parce que des faits divers, des accidents bêtes surviennent toujours. Mais quand la politique et les chicanes habituelles reviendront à compter de la mi-août, ces faits divers reprendront leur juste place dans les médias, sauf pour Québecor, dont c'est le pain et le beurre quotidiens en page Une.
Plus grave encore pour nos opinants professionnels, le nombre de noyades accidentelles est en baisse, cet été. Quand on en est rendu là, il n'y a plus grand chose à dénoncer. Il n'y a pas, non plus, grand chose d'intelligent à écrire. Et pourtant, il le faut. Misère.

Faites comme moi : ayez une pensée sympathique pour ces tâcherons de l'opinion condamnés à écrire leurs chroniques. Je me répète, je ne les envie pas du tout.
Sur ce, je vais prendre l'air sur mon balcon. Il fait très beau.
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samedi 4 juillet 2015

LE COURAGE DE GILLES DUCEPPE

Mes proches savent que je n'appartiens pas à la famille souverainiste. Je n'appartiens pas non plus à la famille fédéraliste, même si je considère que le Québec a été plutôt bien servi par son appartenance canadienne. Je suis avant tout un observateur intéressé de la chose politique. Mes opinions politiques personnelles, pour ce qu'elles valent, n'ont rien à voir ici avec mon propos.

Cela dit, il faut reconnaître les beaux gestes qui surviennent de temps à autre dans le monde politique, surtout que les médias et les commentateurs s'attachent surtout à ce qui n'est pas très honorable et alimentent ainsi le cynisme ambiant vis-à-vis le monde politique.
 
À cet égard, qu'on soit d'accord ou non avec son option politique, on se rappellera de Monsieur Parizeau qui, en 1995 en pleine campagne référendaire, laissa la première place dans l'équipe du 'Oui' à Lucien Bouchard pour tenter de favoriser davantage son option. Il lui fallût du courage et, oui, de l'abnégation pour prendre une pareille décision.

Le geste récent de Mario Beaulieu est analogue. Devant les difficultés qu'il a perçues dans son leadership du Bloc, Mario Beaulieu a consenti à s'effacer et demandé à Gilles Duceppe de reprendre la direction du parti. Le geste de Mario Beaulieu est digne et respectable, et il lui a fallu démonter, lui aussi, pas mal d'humilité et d'abnégation pour le poser. Il faut le souligner. Ces comportements assez peu fréquents sont empreints de dignité. Je ne veux même pas chercher à distinguer les différents motifs qu'on a tenté d'imputer à ces gestes. Je considère les gestes en eux-mêmes.

Le courage de Gilles Duceppe est évident et mérite d'être souligné. D'abord, en tout respect, Gilles Duceppe n'est plus un jeune homme. Dans la soixantaine avancée, il a, comme on dit, déjà largement donné à la patrie. Il aurait pu continuer à jouir de sa retraite, en bloguant par ci, en opinant par là, notamment dans le Journal de Montréal, bref à continuer d'être un elder stateman respecté, loin des empoignades quotidiennes de la lutte politique sur le terrain.

Malgré un contexte difficile, le Bloc n'ayant plus que deux députés à la Chambre des Communes, Gilles Duceppe a accepté le défi de remplacer Mario Beaulieu à pied levé, au seuil des élections fédérales d'octobre prochain. Comme on dit en Québécois, « ça prend du guts ». Parce que rien n'est garanti pour Gilles Duceppe dans cette aventure.

Il peut tout aussi bien retourner aux Communes avec cinq ou dix députés bloquistes comme il peut être défait et voir le Bloc complètement balayé de la scène politique fédérale. Les luttes à trois ou quatre qui s'annoncent dans beaucoup de comtés fédéraux au Québec à l'automne rendent pratiquement impossible toute prédiction un tant soit peu sérieuse.
 
Les quelques sondages publiés depuis l'annonce de son retour révèlent des mouvements d'opinion qui sont au mieux timides. De plus, ces mouvements d'opinion ont été ponctuellement encouragés par un plus large contexte.
 

QUELQUES MOIS FASTES POUR LES SOUVERAINISTES

Ce contexte élargi, tout le monde le connaît. D'abord, il y a eu la longue course à la direction du Parti québécois, ses différentes péripéties et l'élection de Pierre-Karl Péladeau qui occupe maintenant le poste de Chef de l'Opposition à l'Assemblée nationale. Puis, Monsieur Parizeau, véritable géant de l'histoire du Québec des cinquante ou soixante dernières années, est décédé. Ensuite, à la surprise générale, Gilles Duceppe a annoncé qu'il reprenait la barre du Bloc québécois.

Ces événements ont tous eu une très large couverture médiatique au Québec et même au-delà et ils ont influencé l'opinion publique. Jusqu'ici, toutefois, cette influence ne semble pas renverser les tendances lourdes déjà perçues au sein de la population québécoise (voir, entre autre, le site de three hundred and eight à cet égard).

Dans l'opinion publique, le PQ demeure, à quelques points de pourcentages près, là où il était avant tous ces événements. De façon étonnante, le Parti libéral a même vu l'approbation de l'action gouvernementale s'accroître légèrement malgré une évidente grogne dans les groupes syndicaux et autres.

Au fédéral, l'annonce du retour de Gilles Duceppe a donné quelques points de plus au Bloc, mais rien pour lui permettre aujourd'hui d'espérer engranger des récoltes semblables aux belles années du BQ. Pire encore pour ce parti, beaucoup de citoyens ouvertement partisans du Bloc hésitent à ce jour entre appuyer leur parti et tout faire pour se débarrasser du gouvernement Harper, ce qui implique pour nombre d'entre eux ou elles de voter plutôt NPD qu'autre chose dans le contexte présent.

Bref, dans une situation où, structurellement, rien ne semble vraiment changé de façon significative et profonde dans l'opinion publique québécoise, le geste posé par Gilles Duceppe est un geste politique courageux qu'il faut saluer.

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Image : La Presse
 

mardi 2 juin 2015

JACQUES PARIZEAU, EN QUELQUES LIGNES


N'écrire que quelques lignes sur Jacques Parizeau est difficile, car il y a beaucoup à dire. L'homme qu'il fût était, dans tous les sens du terme, formidable. Une présence physique imposante, une intelligence exceptionnelle, une foi inébranlable dans l'avenir d'un Québec souverain, une audace dans la réflexion et le propos, mais  toujours exprimée, sauf une malheureuse fois, dans le plus grand respect. Monsieur Parizeau était tout cela, et plus encore. J'ai eu l'immense privilège, de décembre 1976 à mai 1978, de travailler à ses côtés comme secrétaire de presse et conseiller politique.

Ma première découverte, c'est qu'il n'y avait qu'un seul Jacques Parizeau. Dans le secret des conversations du cabinet politique ou en public, Jacques Parizeau tenait le même discours. Chez lui, la double langue et la langue de bois n'existaient pas. Comme disent les Américains, « what you saw is what you got. »

Un autre trait profond chez Jacques Parizeau : sa loyauté absolue envers le chef du Parti québécois de l'époque, René Lévesque. Monsieur Parizeau lui était d'une fidélité à toute épreuve, et Dieu sait s'il y en a eu, des épreuves. Malgré les désaccords sur certaines idées fondamentales, dont l'étapisme et le libellé de la question du référendum de 1980, malgré le refus du « beau risque » de 1984 et la démission subséquente du conseil des ministres avec plusieurs collègues, Monsieur Parizeau est demeuré un proche de Monsieur Lévesque.
Le soir du décès de René Lévesque, c'est Monsieur Parizeau qui est arrivé un des premiers au domicile de l'ancien premier ministre à l'Île-des-Sœurs le 1er novembre 1987. Monsieur Parizeau et Monsieur Lévesque ne se sont jamais tutoyés, même en privé. J'en suis témoin.
J'ai aussi découvert, chez Jacques Parizeau, le sens du mot dignité. Monsieur Parizeau était un homme digne. Il était de son temps certes, mais il ne perdait jamais cette dignité dans son comportement, dans ses relations avec les autres, y inclus les adversaires politiques ou les simples citoyens. Ce n'était pas affectation de sa part, c'était sa nature profonde.

Enfin, je dis un mot de son engagement. Jacques Parizeau, d'abord et avant tout, a été un grand, un très grand serviteur de l'état québécois et de ses concitoyens. L'évolution de sa pensée constitutionnelle, que des plus compétents que moi vont analyser encore longtemps, provient essentiellement de sa volonté de mieux servir encore le Québec et sa population. Optant publiquement pour l'indépendance politique de Québec en 1967, il s'est fermé d'innombrables portes, mais il en a ouvert bien d'autres. Il savait pertinemment que les élites du Canada anglais ne le comprenaient pas.
Au printemps 1978, délégué à Toronto pour représenter le ministre des finances du Québec au budget du ministre ontarien des finances, j'ai eu de longues discussions avec diverses personnes après le discours à Queen's Park. Je me souviens, entre autres, de John Robarts, l'ancien premier ministre ontarien, me dire en toute franchise : « Jacques can't be a separatist: he's one of us! » Ce qui fit bien rire Monsieur Parizeau, à mon retour à Québec.

Le Québec vient de perdre un de ses grands hommes. Nous n'en avons pas beaucoup. Nous le regrettons déjà.
À son épouse Lisette Lapointe, à ses enfants et à tous ses autres proches, j'exprime mes condoléances les plus sincères. Votre perte est aussi la nôtre.

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vendredi 24 avril 2015

LA FISSURE


Cette fin de semaine, la FEUQ risque de rendre l'âme. La FEUQ, c'est la Fédération étudiante universitaire du Québec.


Si cette disparition se matérialise, ce sera certes dans la foulée du retentissant échec de la mobilisation étudiante du printemps 2015. Car ne nous y trompons pas. Par delà les folies à l'UQAM et les gestes de l'ASSE, qui vont en diminuant, le mouvement étudiant de 2015 se prépare à disparaître dans sa forme actuelle.
FIN  D'UN CYCLE

Les grandes fédérations étudiantes existent, comme on les connaît, depuis quelques décennies. Mais la naissance de l'ASSE il y a quelques années est venue bousculer l'équilibre existant. L'ASSE se veut un mouvement étudiant issu de la base, avec une démocratie participative. Cette démocratie de la base fait qu'il n'y a pas de président ou de présidente de l'ASSE : cette association n'a que des porte-parole.

Dans les faits, l'ASSE est un mouvement un peu anarchiste et facilement dictateur pour faire respecter ses positions dites "démocratiques". Ce fut amplement démontré dans les divers et tristes épisodes vécus récemment à l'UQAM.
La naissance et la persistance de l'ASSE ont miné le fonctionnement établi des grandes fédérations étudiantes. Celles-ci, davantage portées au dialogue qu'à l'affrontement, se sont retrouvées comme déclassées face au militantisme plus radical et agressif des camarades de l'ASSE. Les structures convenues de la représentation étudiante éclatent donc un peu plus tous les jours. La fissure s'élargit sans cesse. Mais il y a plus.

CONTEXTE NOUVEAU, GESTES NOUVEAUX

De fait, en plus de cette fissure croissante, un  nouvel élément est apparu dans le paysage de la représentation étudiante. Lors du printemps 2012, peut-être pour la première fois de façon aussi large, des étudiants ont non seulement refusé de déserter leurs salles de cours, mais ils ont aussi entrepris des démarches juridiques pour faire respecter leur "droit à recevoir l'enseignement" pour lequel ils ont défrayé des droits de scolarité.

Ces étudiants et d'autres en ont eu tellement assez de la "démocratie étudiante" et des votes à mains levées pris par une poignée d'activistes au bout de 6 ou 8 heures d'assemblée qu'ils ont créé la Fondation 1625.
Comme l'explique le site web de cette Fondation, «La Fondation 1625 est un organisme à but non lucratif créé le 4 juillet 2012 afin d’amasser des fonds dans le but de supporter les étudiants et étudiantes qui ont été victimes de la grève. Petit à petit, elle a élargi son action à la défense des droits des étudiants et étudiantes et supporte aujourd’hui l’action en outrage au tribunal contre Gabriel Nadeau-Dubois, la requête en nullité visant la Loi sur l’accréditation et le financement des associations étudiantes ainsi que les étudiants désirant obtenir une injonction pour avoir accès à leur cours.»

Nous vivons certes une époque différente de celle du début des années 1980. Au "nous" de cette époque s'oppose ouvertement aujourd'hui le "je" du 21e siècle. Plusieurs le déploreront, mais aussi, plusieurs vont s'en réjouir.

FACE À UN MUR
Le mouvement étudiant québécois est donc face à un mur, au bord de l'éclatement. D'un côté, il est dépassé par les étudiants membres de l'ASSE, et de l'autre, la revendication du "droit à l'enseignement" même en période de "grève" ou de "boycottage" des cours par les associations étudiantes.

Ceux ou celles qui réclament une intervention législative de l'État pour "encadrer" le droit de "grève" des étudiants auraient dû noter l'absence de respect par beaucoup d'étudiants membres de l'ASSE des injonctions obtenues par les institutions. Encadré ou non, la "grève" ou le boycott des cours se tiendra si les étudiants le décident. Vote secret ou non, les assemblées épuisantes de plusieurs heures ne seront quand même pas interdites.

Ceux ou celles qui réclament une intervention législative de l'État, au fond, mettent sans le savoir la charrue devant les bœufs. Car avec les fissures et les éclatements déjà en marche, il faudra bien déterminer ce qu'est cette représentation étudiante avant de légiférer sur le présumé "droit de grève".
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dimanche 1 février 2015

DES BIENS PUBLICS

Qu'est-ce qu'un bien public ? C'est un bien qui a été acquis par les autorités légales afin de remplir une fin précise, au service du public. Par exemple, un parc est un bien public. Un autobus, un camion de pompier, une voiture de police sont des biens publics.

Quiconque essaie de voler un bien public ou de s'en servir à des fins personnelles commet un méfait, punissable par la loi. Un employé d'une ville qui volerait des matériaux destinés à la construction d'un bien public serait, à juste titre, accusé de vol. peu importe sa motivation.
Un bien public, ça se respecte. D'abord, il a été acheté avec l'argent de nos taxes et impôts. Puis, il est au service de tout le monde, pas d'un groupe en particulier. Vandaliser un bien public revient donc à voler le public.


J'en viens à mon propos. À Montréal, depuis le début de la contestation du projet de loi 3 (maintenant devenu loi), pompier, policiers et employés de la Société de transport de Montréal s'en sont donnés à cœur joie, couvrant les véhicules publics de leurs autocollants et allant même, dans le cas des pompiers, jusqu'à peindre en noir les camions d'incendies.

Ce faisant, ces syndiqués ont démontré leur méconnaissance de ce qu'est un bien public. Ils ne se sont pas gênés pour utiliser ces biens publics pour faire état de leurs récriminations syndicales. Mais leurs demandes n'excusent en rien le vandalisme qu'ils ont fait subir à leurs véhicules. Ces syndiqués se sont rendus coupables de  méfaits, et personne ne les accuse.

Si, par malheur, dans un moment d'égarement, je m'avisais d'appliquer un autocollant sur
une voiture de police, je serais aussitôt arrêté et accusé de méfait. Pourquoi n'en est-il pas de même pour les syndiqués vandales ? Deux poids, deux mesures ?
Notre société a perdu beaucoup de ses repères au fil des dernières décennies. Il est temps de recommencer le travail d'éducation civique nécessaire pour ré-établir ces repères convenus sans lesquels la vie en société peut devenir un enfer.

J'en ai marre de voir les véhicules publics de nos policiers, pompiers ou conducteurs d'autobus vandalisés et salis. Il est temps que les responsables de ces autocollants 1) les enlèvent eux-mêmes et 2) retrouvent le nécessaire respect de tout ce qui appartient à tous, pas seulement à ceux qui s'en servent pour leur travail.
Il est temps aussi que, peu importe les causes syndicales, le respect du public et du bien public redevienne une valeur importante dans notre société.

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 Images : Journal de Montréal

 

jeudi 8 janvier 2015

LE MASSACRE À CHARLIE HEBDO

Dans tout ce que j'ai lu depuis l'attentat meurtrier de Paris, rien n'a été mis de l'avant, aucune solution n'a été évoquée pour tenter de contrer ces "loups solitaires", ces "fous de Dieu". On a écrit : "Il faut rester libres de s'exprimer", "il ne faut pas confondre Islam et djihadistes", "je suis Charlie", "restons unis" face à cette barbarie", "il ne faut pas se taire", etc.

À peu près tous les chroniqueurs, avec plus ou moins de talent, ont opiné autour de ces thèmes, tout en exprimant avec justesse leur effroi, leur colère et leur dégoût. C'est bien, mais cela ne fait pas avancer la recherche de solutions d'autant plus difficiles que nous vivons en démocratie, dans des pays qui, comme le Canada, ont des chartes garantissant le respect des libertés fondamentales. Bref, c'est la quadrature du cercle.
Je ne suis pas plus intelligent que personne. Mais devant cette nouvelle barbarie qui s'étend comme une lèpre, il est peut-être temps de revoir nos châtiments pour les auteurs de pareils actes dignes du Moyen-Âge. Les coupables reconnus d'actes terroristes ayant causé mort de personnes devraient être mis à mort, pendus ici, guillotinés en France.

Je sais : on me traitera d'arriéré, de débile, de nostalgique et de tous les autres qualificatifs de cette nature. Il reste que nous n'avons pas de solution concrète face au nouveau terrorisme. Réintroduire une peine de mort pour les auteurs de ces crimes constituerait peut-être un incitatif pour ces idiots qui pensent pouvoir tuer sans que la Justice ne leur fasse autre chose qu'une condamnation "à vie", laquelle en fera des martyrs et ouvrira la porte au chantage d'autres terroristes pour les faire libérer.
Je sais que ce n'est pas bien ce que j'avance ici. Mais avez-vous d'autres idées pour chercher à contrer le terrorisme aveugle ? Depuis le massacre d'hier à Charlie Hebdo, je n'en ai pas vu l'ombre d'une seule. Nos sociétés ont changé et sont gangrenées de l'intérieur. Il faut faire quelque chose.

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lundi 15 décembre 2014

ARRÊTER DE RECULER

Les annonces du gouvernement Couillard pour équilibrer le budget du Québec sont nombreuses. Plusieurs de ces annonces, pour ne pas dire toutes, sont contestées par tous les lobbys concernés, dont plusieurs, soit dit en passant, doivent leur existence à une subvention du gouvernement.

Le vendredi 12 décembre dernier, « la nouvelle voulant le gouvernement de Philippe Couillard retranche les 130 000$ de subventions allouées aux Publications BLD, qui sont derrière Les débrouillards, Les explorateurs et Curium, a créé une onde de choc », nous dit La Presse[1]. « L'éditeur des trois publications, Félix Maltais, dénonçait une «attaque de la culture scientifique». Pour protéger les magazines scientifiques et pour dénoncer la mise à mort de l'ASP, les mots-clics #Sauvons ASP et #SansLesDébrouillards ont été créés. Les chroniques, les pétitions et les sorties en règle contre la décision du gouvernement se sont accumulées.»
Résultat ? Deux jours plus tard, le 14 décembre, le gouvernement Couillard fait marche arrière et annonce que la subvention sera maintenue.

Je suis bien heureux pour les petits scientifiques. Je le suis moins pour le Québec. Si ce gouvernement, après 24 heures de pleurnichages sur une subvention de 130 000 $, change d'idée et renonce à cette épargne, qu'est-ce que ce sera lorsque que des sommes autrement considérables, de l'ordre de millions et de dizaines de millions de dollars, seront en jeu ? La dernière volte-face gouvernementale me laisse plus que songeur. Cela n'augure rien de bon pour l'avenir.
Déjà, par exemple, il semble que les festivités de la Saint-Jean-Baptiste (aussi appelées la Fête nationale) seront un peu moins financées en… 2016. Je suis sûr que dans les officines des mouvements nationalistes, on prépare déjà des campagnes de dénigrement de ce gouvernement, de contestation de cette réduction anticipée du financement du party bleu et blanc annuel. Si le gouvernement Couillard a reculé devant un petit peu d'agitation autour de l'éveil à la science des enfants, que fera-t-il devant les accusations de crime de lèse-majesté de la nation québécoise qu'on ne manquera pas de lui lancer au visage avec trémolos dans la voix  ?

Ma crainte, c'est que ce gouvernement, à coup d'avancées et de reculs, ne finisse que par faire du 'sur place' et ne parvienne pas à s'attaquer aux problèmes structurels du budget du Québec. Nous avons accumulé une dette collective de 275 milliards $.

Remarquez que nous aurions reporté Madame Marois au pouvoir de façon majoritaire, nous ferions face exactement au même problème, et que le gouvernement réélu devrait suivre à peu près le même chemin que celui que tente de suivre le gouvernement Couillard aujourd'hui. La dette, notre dette distincte à nous, Québécois, n'a pas de couleur partisane.
Le gouvernement du Québec, peu importe sa couleur, doit se tenir debout et arrêter de reculer.

 

vendredi 5 décembre 2014

PROPOS D'UN IGNORANT

Je reviens, en toute ignorance de cause, sur le projet gouvernemental de fusionner des commissions scolaires à la grandeur du territoire québécois. J'ai beau retourner cette question dans ma tête comme une crêpe dans la poêle, je n'arrive pas à voir comment ce genre d'amalgamation pourra susciter des économies d'échelle, ou encore une meilleure organisation de l'instruction publique chez nous.

Les économies...
Le gouvernement invoque les économies à venir de la fusion des administrations des commissions scolaires fusionnées. Quelles économies ? Toutes les fonctions que remplit au jour le jour une commission scolaire devront continuer à être remplies. On a beau dire "faire plus avec moins", il y a des limites à cet élastique.

Les fonctions remplies par les commissions scolaires sont évidentes : embauche et rémunération des employés, y inclus les enseignants; organisation du transport scolaire, gestion des remplacements de personnel (souvent le matin même); détermination l'ouverture ou de la fermeture des écoles en contexte de tempêtes hivernales; construction et entretien des bâtiments scolaires, gestion prudente des budgets pour mener toutes ces activités, nomination des directions d'école, etc.
Les fusions des commissions scolaires ne feront pas disparaître ces tâches, et celles-ci ne diminueront pas par l'opération "fusion". La très grande partie des personnes qui remplissent ces tâches sont syndiquées, et ces gens travaillent fort pour que nos écoles primaires et secondaires fonctionnent le mieux possible pour instruire et éduquer nos enfants.

Où sont les économies ? Elles ne sont nulle part. De plus, en grossissant l'administration des commissions scolaires fusionnées, le coût global de l'enseignement primaire et secondaire sera très vraisemblablement plus élevé. Que ceux qui en doutent examinent attentivement la progression des dépenses des villes fusionnées en 2001. On attend toujours les fameuses économies d'échelle.

Une meilleure organisation de l'instruction publique...
En principe, si on se fie à la propagande gouvernementale, cette opération de fusion des commissions scolaires devra permettre une meilleure organisation de l'instruction publique, mais ne touchera pas les services aux élèves. Excusez mon ignorance crasse, mais si cette opération "fusion" ne touche pas aux services aux élèves, but premier de l'existence du système d'éducation, comment peut-elle permettre "une meilleure organisation de l'instruction publique" ?

On nage en plein Kafka, ici. C'est le triomphe de la pensée absurde. Si on ne touche pas aux services rendus aux élèves, on ne touche donc pas au ratio élèves / enseignants, on ne modifiera pas les régimes pédagogiques, on va continuer à embaucher des enseignants bien formés pour remplacer ceux et celles qui partent à la retraite, etc.
Vous dites "une meilleure organisation" ? Vraiment ? Le fardeau de la preuve repose sur les épaules des bureaucrates et des politiciens qui ont mis de l'avant cette idée archi-usée de "fusionner" pour mieux organiser. Les fusions vont créer plus d'administrations alourdies au sein des commissions scolaires restantes. Qui dit plus d'administration dit en même temps une organisation de l'éducation plus lourde, donc moins bonne.

Les deux arguments, économies et organisation, sont des vues de l'esprit qui ne reposent sur rien dans la réalité quotidienne de l'enseignement primaire et secondaire au Québec.
La seule vraie économie consisterait à congédier sans autre forme de procès les promoteurs de ces fusions. L'État épargnerait au moins leurs salaires. Une meilleure organisation ne peut reposer que sur moins d'administration, et non pas sur des administrations engraissées et alourdies.

Il est encore temps de mettre fin à cette folie passagère des fusions des commissions scolaires que personne ne demande ni n'a demandé.

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dimanche 9 novembre 2014

LE PROJET DE LOI 10, DU DÉJÀ VU

Avec mes collègues Denys Larose et Jean-Noël Tremblay, nous avons produit un texte qui paraît ce matin dans Le Soleil de Québec. Voici ce texte.


Plus ça change, plus c’est ressemblant

Par Michel Héroux, Denys Larose et Jean-Noël Tremblay[1]

Le bon sens voudrait d’abord qu’il faille s’interroger  sur ce qui n’a pas marché avec les réformes mise en place par le Ministère de la santé depuis la création des Conseils régionaux de la santé et des services sociaux (CRSSS) en 1971 et la création des premiers CLSC en 1972. Dans les faits, le réseau vit depuis en «crise administrative» chronique.

Dès le début des années 80, les problèmes auxquels veut s’attaquer le Ministre Barrette étaient en émergence : les coûts en santé dépassent largement les prévisions, les CLSC ne remplissent pas leur rôle de première ligne, les urgences débordent, les déficits hospitaliers se succèdent, l’accessibilité aux services, notamment à un médecin de famille, demeure un objectif lointain. De 1995 à 2000, le ministère avait pourtant procédé à des changements importants de structure : fusions, fermetures et changements de vocation de centres hospitaliers, fusions de CLSC avec des CHSLD et rondes de négociation pour adapter les mesures de sécurité d’emploi.

Puis voilà que la mise en place en 2004 des 18 agences de santé et l’implantation des 118 CSSS à travers la province, avec tous les bouleversements et les coûts que cela a engendrés, ne seraient plus la solution!  Pourtant, le ministre de la santé de l’époque, le Dr Philippe Couillard, présentait, lui aussi, sa réforme comme la solution aux problèmes de gestion du réseau de la santé. Sa réforme débouchait elle aussi sur la création d’une nouvelle configuration bureaucratique laquelle poursuivait somme toute les mêmes objectifs  que ceux annoncés dans le projet du ministre actuel : efficacité et efficience administratives afin de rapprocher les services à la population, rendre les services plus accessibles, plus coordonnés et continus, etc.


Joue-t-on aux apprentis sorciers?

Le projet de loi 10 présenté par le ministre de la santé et des services sociaux, le Dr Gaétan Barrette suscite de fort légitimes inquiétudes.  Dans le domaine de la santé, il y a déjà eu trop d’apprentis sorciers qui ont joué à «ceux qui savent», provoquant des changements dont vraisemblablement ils ne pouvaient évaluer les conséquences. Le ministre se présente lui aussi comme un « leader héroïque», selon le mot de Mintzberg[2], celui qui vient sauver la situation. Pour l’apprenti sorcier, il n’y a pas d’enseignements à tirer du passé, il se voit comme le porteur incontestable des solutions d’avenir.

En fait, quel bilan a-t-on fait de toutes ces réformes passées? Quelles leçons ou recommandations a-t-on retenus des études et nombreuses commissions qui se sont penchées sur le système de santé au Québec ? En quoi le projet de loi 10 reprend-il ces analyses et les expériences passées dans le réseau en proposant  la présente réforme ? Attention de ne pas être totalement fasciné, comme le serpent fascine l’oiseau, par la seule idée que cette réforme, du simple fait de l’abolition des Agences régionales et la création d’autant de Centres intégrés de santé et services sociaux, les CISS, serait la solution à tous les maux qui affligent notre système de santé.  Ce serait une grave erreur !


Gouverner n’est pas gérer

Jean-Marie Domenach disait : « La bureaucratie n’est pas le contraire de la démocratie, elle est le contraire de l’organisation». Ajoutons que la bureaucratie est le contraire de la responsabilisation des dirigeants sur le terrain des opérations. Un CISS dans une région donnée regrouperait sous une seule super-direction administrative tous les CSSS, les hôpitaux, les CLSC, les Centres jeunesses, etc. Le CISS tirera à lui toutes les responsabilités locales et régionales de gouvernance mais aussi de gestion des établissements. Et les décisions, dans les faits, seraient soumises aux diktats du ministre par l’intermédiaire  du président-directeur général du CISS nommé par le ministre pour une durée de quatre ans et, selon les circonstances, pouvant par celui-ci être relevé de ses fonctions.

Cette confusion des rôles aura des conséquences importantes, à n'en pas douter, sur la spécificité des établissements, leurs vocations respectives et leurs expertises. D’ailleurs, les raisons qui ont amené sans doute le ministre à exclure un certains nombres d’établissement à Montréal sont probablement les mêmes que l’on pourrait avancer pour dénoncer la création des CISS dans toutes les régions du Québec.

Comme nous l’avons dit pour le réseau de l’éducation, si le réseau de la santé est un bien commun comme le pain, nous n’avons pas pour autant besoin d’un « État boulanger ».


Aucune organisation ne se développe sans vision

Pour cela, il faut au moins deux choses.

1- Il faut que le leadership sur le terrain (les dirigeants) ait le pouvoir de s’exprimer dans l’action, c’est-à-dire dans la prise de décisions : sur le personnel, les budgets et les choix stratégiques relatifs au panier de services offert aux citoyens.

2- Le leadership du gouvernement doit s’exprimer ailleurs : définir les grandes balises économiques et l’étendue et la gestion des programmes nationaux, notamment.

Par exemple : réviser le système d’assurance médicaments à cause de ses coûts élevés; revoir et corriger les pratiques médicales qui conduisent au surdiagnostic; revoir l’ensemble des primes, y compris le paiement à l’acte des médecins qui plombent le financement du réseau de santé, se référant davantage à l’expérience européenne qu’à celle de l’Ontario; réviser  les impacts de la double hiérarchie, celle de l’administration dans les établissements et celle des médecins; revoir le rôle des infirmières, notamment des super infirmières, etc.

Pour cela, il faut du courage et se mettre politiquement au-dessus de la mêlée plutôt que de vouloir faire à la place de ceux qui, par délégation des responsabilités, doivent assumer la gestion des organisations en santé.

«Cesar pontem fecit» ne se traduit pas par 'César fit un pont', mais bien par 'César fit faire un pont'.


[1] Les auteurs de Québec et de Montréal, retraités du monde de l'enseignement supérieur, s'intéressent aux politiques publiques.
[2] Henry, Mintzberg, Des managers des vrais, pas des M.B.A.  2005

vendredi 24 octobre 2014

LA LÂCHETÉ DES FOUS D'ALLAH


Beaucoup d'eau a déjà coulé sous les ponts suite aux attentats de cette semaine, et il en coulera encore plus avant que ces événements, chassés de l'actualité part d'autres nouvelles, ne tombent dans un certain oubli.
Mais il est un aspect des attentats de Saint-Jean et d'Ottawa que je n'ai pas vu souligné, jusqu'ici. C'est l'incroyable lâcheté de Martin Couture-Rouleau et de Michael Zehaf Bibeau. Dans les deux cas, ces hommes déséquilibrés sont arrivés par derrière pour tuer. Dans le cas de Couture-Rouleau, c'est par derrière qu'il a foncé sur deux militaires, tuant l'adjudant Patrice Vincent, âgé de 53 ans.

À Ottawa, mercredi, Michael Zehaf Bibeau a froidement assassiné le caporal Nathan Cirillo, 24 ans, qui montait, sans être armé, une garde d'honneur devant le Cénotaphe à Ottawa. Le Caporal Cirillo a été touché mortellement dans le dos.
Pour ces assassins, la lâcheté était donc de mise dans leur monde devenu fou. Ces animaux - comment les appeler autrement, ces animaux ont eu le sort qu'ils méritaient. Ils étaient, au sens le plus strict du terme, devenus d'épouvantables dangers publics.

Levons notre chapeau aux policiers qui, à Saint-Jean, ont abattu Martin Couture-Rouleau, et au sergent d'armes du Parlement d'Ottawa, Kevin Vickers, qui en compagnie d'agents de la GRC et de la sécurité du Parlement, a descendu cet autre chien enragé qu'était Michael Zehaf Bibeau.
Si l'État islamique compte sur ce genre de lâches pour se développer, rassurons-nous : nous saurons en venir à bout.

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mercredi 17 septembre 2014

Le résultat du référendum écossais : une réflexion avant le résultat

Les Écossais vont voter OUI ou NON au référendum sur l'indépendance de l'Écosse. J'en ai un peu marre d'entendre et de voir tous ces journalistes et analystes nous dire qu'il est impossible de dire qui va gagner, que les camps du "oui" et du "non" sont trop près l'un de l'autre, etc. Où étaient donc tous ces "placoteux" de l'information au cours des dernières décennies, lors de référendums et d'élections ? N'ont-ils rien appris ?
 
Je m'explique, et je me lance, au risque de me tromper.

Je ne connais pas, personnellement, d'Écossais. J'ai connu naguère, il y a plusieurs décennies, un collègue journaliste, Bob MacKenzie, correspondant à Québec du Toronto Star, Écossais farouchement anti-anglais, mais, malheureusement, que je ne l'ai pas croisé depuis au moins 15 ans.
 
L'issue du référendum écossais ne me fait ni chaud ni froid. Toutefois, le phénomène politique m'intéresse, car le politique m'intéresse, où qu'il survienne.
 
Au moment où j'écris ces lignes, les derniers sondages placent le OUI entre 45 et 48 % des voix, et le NON entre 52 et 55 % des votes. Je n'apprends rien à personne. Par contre, il subsiste toujours près de 20 % des voteurs inscrits qui se disent indécis ou non décidés.
 
Cette situation, à mes yeux, veut tout simplement dire que le camp du NON va remporter ce référendum. Vous pourrez dire que vous l'avez lu sous ma plume, en premier. 


La vraie nature des indécis...

 
Pourquoi le NON va-t-il l'emporter ? La réponse est très simple. Certains, optimistes, vont chercher à répartir les indécis à peu près moitié -  moitié entre les deux camps. Au regard de toutes les élections dans le passé et des référendums, ce serait une erreur.
 
Les spécialistes des sondages vont vous le dire : les gens qui, même à la veille du jour du vote, se disent indécis se classent en deux groupes : d'une part, il y a vraiment des personnes qui vont se décider à la dernière seconde, dans l'isoloir, et à ce titre, elles sont vraiment indécises, et il est très difficile de dire où ira leur vote. Mais d'autre part, chez les fameux indécis, il y a les "discrets" et ces discrets, une fois sondés après le vote, se sont toujours identifiés en majorité pour le statu quo, ou encore pour le camp qui paraît gagnant.
Chez les personnes qui vont se décider dans l'isoloir, il est permis de croire qu'il y en aura autant pour le OUI que pour le NON. Ce facteur ne changera pas le résultat global du vote. Toutefois, chez les "indécis" qui sont plutôt des personnes "discrètes", celles-ci vont voter en majorité pour le statu quo ou pour le camp qui, maintenant, semble sur le point de gagner même par la peau des fesses, donc pour le NON.
 
Si ce groupe d'indécis ne représentait que quelques points de pourcentage, on pourrait ignorer leur effet sur le résultat du référendum écossais. Mais en vérité, à près de 20 % des inscrits, il faut en tenir compte.
 
Je crois que les jeux sont faits, en Écosse. À moins d'un événement hors du commun, je pense donc que le NON va l'emporter et oui, je suis très conscient que je peux me tromper.
 
Le résultat ne veut pas dire que les problèmes tant de l'Écosse que de la Grande-Bretagne seront réglés, loin de là. Mais cela, c'est une toute autre histoire...

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samedi 6 septembre 2014

IL N'Y A PAS DE PETITES ÉCONOMIES, DISENT-ILS…

Le Parlement de l'Ontario compte, en 2014, 107 députés, soit 18 de moins que le nombre de députés à l'Assemblée nationale du Québec. Seulement à ce chapitre, cela représente pour la province voisine une vingtaine de millions $ de moins en dépenses par année. Au 1er juillet 2012, le Québec comptait un peu plus de 8 millions d'habitants, et l'Ontario, 13,5 millions.

Est-ce que les 107 députés de Queen's Park signifient une vie politique ontarienne moins démocratique qu'au Québec ? À voir le nombre de fois où le gouvernement de l'Ontario a été minoritaire depuis 35 ans, il est permis d'en douter. Tout comme au Québec, la vie politique ontarienne est très animée, et tout ne baigne pas dans l'huile entre les conservateurs, les libéraux et les néo démocrates.
Question : pourquoi ne pas imiter l'Ontario qui, sous le gouvernement de Mike Harris, a décidé d'adopter les limites des circonscriptions électorales fédérales en Ontario pour les utiliser au plan provincial ? Ce faisant, l'Ontario a réduit le nombre de ses députés.

Les bonnes âmes et certains médias ont, comme à l'habitude, déchiré leurs chemises sur la place publique, mais rapidement, les Ontariens se sont habitués à une Assemblée législative moins nombreuse et il ne semble pas que les citoyens ontariens s'en plaignent.


Attaquer une vache sacrée
Au Québec, nous avons des bureaucrates, démographes et géographes, qui sont payés pour étudier en permanence les limites des circonscriptions électorales provinciales. Ce faisant, le Québec dédouble à ses frais un travail déjà bien fait par Élections Canada pour les circonscriptions électorales fédérales sur le territoire du Québec. Ce dédoublement est fait par le Québec, et non par Ottawa.


Est-ce que ce serait si sacrilège pour le Québec d'imiter l'Ontario, donc d'adopter les limites des circonscriptions électorales fédérales pour faire élire ses députés à l'Assemblée nationale et d'avoir 78 députés provinciaux au lieu de 125 ? Est-ce que cela ne correspondrait pas davantage à notre situation financière collective ?
Je vois et j'entends d'ici les clameurs et les cris outragés face à cette idée, face à cette proposition. Ce sera, bien sûr, "rapetisser" le Québec, le "canadianiser", en "faire une province comme les autres", "l'émasculer dans le plus profond de sa démocratie", "porter atteinte à sa symbolique profonde", "mettre en péril son caractère distinct", etc., etc., etc… La SSJB, le PQ, QS, ON, bref, tous les groupes et partis nationalistes alphabétisés vont nous servir ces arguments à satiété.

Tous ces arguments plutôt creux sont connus, archi connus. Ce qu'ils ne disent pas, cependant, c'est qu'une mesure comme celle-là, à terme, représenterait des économies structurelles d'au moins une centaine de millions $ par année. Ce qu'ils ne disent pas non plus, c'est que le citoyen moyen s'en moque pas mal d'avoir 78 ou 125 députés à Québec.
Réduire la bureaucratie, réduire le nombre de députés ne fera mourir personne. Il est grand temps d'y songer sérieusement.

Le Gouvernement du Québec a demandé aux citoyens des suggestions pour réduire ses coûts. Voilà : j'ai présenté la mienne.
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jeudi 31 juillet 2014

RDI : LE PLACOTAGE D'ABORD ?

Le dimanche 1er juin dernier, mon épouse et moi sommes chez des amis qui demeurent à Ahuntsic, à Montréal. On s'apprête à revenir à Québec. Il fait beau, la route sera agréable. Pendant qu'on finit de ramasser nos bagages, notre hôte allume sa télé à RDI, et on réalise que c'est ce dimanche qu'a lieu le Tour de l'île cycliste annuel.

Pendant une dizaine de minutes, on attend patiemment que le Réseau de l'Information nous donne un aperçu du tracé de ce Tour de l'île. Mais non, rien. Le journaliste "sur le terrain" qui nous décrit les cycliste arrivant pour le départ du Tour jase de tout et surtout, de rien, mais il suggère plus d'une fois à l'animateur de montrer à l'écran le tracé du Tour de l'île. L'animateur, qui manifestement aime mieux jaser qu'informer, lui répond que les gens n'ont qu'à aller sur Internet pour voir ce tracé.
 
Mais je n'ai pas, là, d'Internet dans ma main. Mon ordinateur est chez moi, à Québec. Chez ces amis de Montréal, il n'y a pas de routeur, pas de WIFI, c'est-à-dire en bon français, pas d'Internet ambiant. Comme la majorité des gens, nous ne sommes pas des « accros » aux nouvelles technologies, même si on sait s'en servir. J'attendais une information concrète de la part de RDI : elle n'est jamais venue.
 
Pensant nous en tirer, nous sommes quand même partis. Comme toujours lorsqu'on quitte le domicile de ces amis, on emprunte le boulevard Saint-Laurent jusqu'à l'autoroute métropolitaine pour ensuite prendre le pont-tunnel et la "20" jusqu'à Québec. Ce dimanche-là, comme des milliers d'automobilistes montréalais, nous avons été pris en otages dans des bouchons invraisemblables durant deux heures, avant de réussir à revenir sur nos pas, à passer par Laval, et à se rendre sur l'autoroute 40 pour revenir à Québec. Si j'avais pu voir à l'écran de RDI le tracé, ce matin-là, j'aurais évité de perdre plus de deux heures.

RDI fait de l'information, paraît-il ? Ce matin-là, malgré la suggestion insistante du journaliste sur le terrain, ce Réseau a manqué à ses devoirs, il a abdiqué sa responsabilité première, celle d'informer. Il a préféré placoter.

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Le jeudi, 30 juillet, je suis dans une salle d'attente de l'Institut de cardiologie et de pneumologie de Québec (autrefois appelé Hôpital Laval). J'attends pour une prise de sang. L'inévitable et très irritante télévision accrochée au mur est à RDI. Une journaliste de Québec est à Valcartier où les autorités militaires tiennent une cérémonie solennelle à l'occasion pour rappeler le décès, en 1974, de six cadets tués par une grenade vivante qui, par erreur, s'est retrouvée dans un lot de grenades inertes. Triste accident.
En ce 30 juillet 2014, l'animatrice de RDI rejoint en direct la journaliste de Québec à Valcartier au moment même de l'appel aux morts joué à la trompette. C'est un moment très solennel. Mais au diable la solennité : la journaliste "sur place" fait son bla-bla, rappelle l'incident d'il y a quarante ans, l'enquête, etc., pendant un bon cinq minutes. Je suis persuadé que, sur place, elle a sérieusement nui à la solennité de la cérémonie de Valcartier, mais on s'en fout : il faut du bla-bla à RDI, et qui osera remettre à sa place une journaliste en direct ? Je n'ai qu'une question : le respect, qu'en faites-vous ?

Face à ce comportement des médias, une chose me fait du bien : en situation de deuil et de douleur, de plus en plus de gens excluent maintenant les médias des cérémonies pour que celles-ci ne soient pas littéralement polluées par des journalistes incapables de respect. C'est un signe qui ne trompe pas.
En passant, j'aime bien RDI (ou LCN), mais à petites doses. Sur toute la terre, il n'y a pas d'information nouvelle à survenir 24 heures par jour, 365 jours par année.

Les chaînes CNN, Newsworld, RDI, LCN et toutes les autres dans le monde sont condamnées à la répétition incessante et au placotage de pseudo-experts, et cela se fait de plus en plus au détriment d'une information solide et objective.

Les nouvelles en continu, était-ce une si bonne idée ?

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