mardi 22 août 2017

OÙ SONT DONC PASSÉS LES ÉTÉS D'ANTAN…


Quand les décennies s'ajoutent à son compteur personnel, quand le temps semble filer plus vite qu’auparavant, quand les chefs d’état et de gouvernement sont plus jeunes que soi, la réminiscence de ce qui fût est inévitable, sauf pour les malheureux qui ont perdu leur mémoire. C'est parce qu'on vit encore et qu'on a vécu que l'on se rappelle le chemin parcouru, et pas nécessairement pour vivre dans le passé ou dans la nostalgie. Le «vécu» est loin d'être toujours intéressant. À preuve ces ennuyeuses émissions de téléréalité, dont le nom même est un  mensonge, ou encore certains contenus de Facebook. . Dans mon cas, face aux saisons estivales de nos temps modernes, je me demande souvent où sont passés les étés d'antan. Je vous explique pourquoi.

* * *
Mon enfance s’est déroulée, pour l'essentiel, entre 1950 et 1960. Né en 1944, j'ai eu 6 ans en 1950. Mes souvenirs ne sont pas très précis pour toute cette décennie, mais je me rappelle surtout que l'été, c'était la fin des classes, la liberté de jouer dans la cour de la maison ou au parc tout près, et un certain silence, un certain calme. Après dix mois de discipline scolaire, de devoirs, de leçons, la fête de la Saint-Jean représentait la liberté estivale, le farniente, même si on ne connaissait pas ce mot. Bien sûr, il subsistait une certaine discipline à la maison, mais c'était davantage pour notre bien  et notre sécurité que pour nous opprimer.

J'ai passé cette enfance à Montréal-Nord, sur la rue Sainte-Gertrude. De temps à autre, un vieil autobus brinquebalant y passait. Il n'y avait pas beaucoup de circulation automobile. Au début, le laitier venait nous porter nos nombreuses pintes de lait dans sa voiture à cheval. Quand il faisait particulièrement chaud, il nous donnait des éclats tombés des gros cubes de glace qui gardaient au frais ses produits laitiers dans sa voiture. Un jour, il est arrivé avec un camion tout neuf. Fini la glace. Moi, j'ai été déçu de ne plus voir et même sentir son cheval, et de ne plus avoir de morceau de glace à sucer tranquillement à l'ombre. Dans ces années-là, voir passer un avion dans le ciel était un événement qui nous fascinait. Je me rappelle d'avions avec trois gouvernails : c'était des Super Constellations. On n'arrêtait pas le progrès.

Au Parc Léonard, niché entre le Boulevard Gouin et la Rivière des Prairies, on s'amusait pendant que les plus grands jouaient dans un coin du parc à la balle molle ou au baseball. On avait des balançoires, des carrés de sable pour les « bébés », comme on disait du haut de nos huit ou neuf ans… Une fois pas été, si je ne m'abuse, il y avait une tombola au Parc. Des jeux, des kiosques étaient érigés et une atmosphère festive, avec de la musique, des spectacles et des guirlandes de lumière nous remplissait les yeux d'émerveillement. Si on avait quelques sous, on se payait la traite : un petit sac de chips Maple Leaf et un coke en bouteille faisaient de notre journée un succès… La tombola durait, je ne sais plus, quelques jours ou même une semaine. Puis, le parc retrouvait son calme habituel. Mis à part les éclats de voix des enfants, le parc était plutôt silencieux.

Moi, j'étais un «liseux». J'aimais lire. Dès que j'ai eu neuf ou dix ans, on m'amena par tramway à une bibliothèque municipale au coin de Lajeunesse et Gouin. La bibliothèque était logée en haut d'un poste de pompier. Pour y accéder, il fallait grimper un long escalier en métal qui résonnait sans bon sens. J'empruntais trois livres et je revenais à la maison, toujours en tramway. Généralement, je lisais mes trois romans en une journée.
Le lendemain, je recommençais. J'ai dû faire cela un ou deux étés à Montréal-Nord. Puis, mes parents ont déménagé à Rosemont. J'avais quelques années de plus, et mon père m'avait acheté une bicyclette à un encan de la police. La bécane avait deux barres et devait peser trente livres, mais c'était ma bicyclette. Rapidement, l'été, j'ai poursuivi mon manège de lecteur vorace en me rendant à bicyclette à la bibliothèque municipale au coin de Bellechasse et de la 8e avenue. Le manège des trois livres lus en une journée se poursuivait. Mais je ne faisais pas cela sept jours par semaine.

J'allais aussi au parc où j'ai vu la Roulotte de Paul Buissonneau, et le comédien lui-même nous présenter des comédies. On jouait aussi à différentes sortes de jeux sur le gazon.  D'autres jours, je devenais explorateur de Montréal. Je partais en bicyclette sans but précis, pour connaître la ville. Ma mère s'inquiétait un peu et me disait d'être prudent. Souvent je revenais pour le repas du midi et je passais mon après-midi à lire en grignotant des carottes… L’été, c’était tranquille.

Aujourd’hui, pareil régime de calme et de tranquillité est impensable. L’été, maintenant, rime avec party. Les festivals de n’importe quoi se succèdent les uns aux autres. On ferme les rues. Les haut-parleurs sont omniprésents. On a des feux d’artifices pour avoir des feux d’artifices.
On s’invente des anniversaires pour fêter bruyamment encore plus, même si ces anniversaires sont plus ou moins bidons, comme le 375e de Montréal ou le 150e du Canada, pourtant découvert en 1534 par Jacques Cartier. J’ai entendu dire que le maire Coderre prépare activement les fêtes du 380e de Montréal… Disons que le 400e de la fondation de Québec en 2008, c’était un réel anniversaire.

Cette pléthore de fêtes n’est pas l’apanage de Montréal ou du Québec. C’est partout. Les entreprises créatrices d’événements – oui, oui, ça existe et on les subventionne grassement – se multiplient et font preuve d’une imagination sans limites pour distraire les citoyens du plus petit hameau à la plus grande ville.
Dites moi, est-ce que les gens s’ennuient tant que cela ? Je pense qu’en général, oui, les gens s’ennuient. Sinon, comment expliquer les foules qui se bousculent au moindre événement festif, au moindre festival de l’épingle à linge? Peut-être que c’est la platitude sidérante de la télévision en été qui explique un peu cela. Après tout, à quoi serviraient les étés si on n’en profitait pas pour s’envoyer en l’air. 


Ah… le monde  moderne. Bon, je vais aller faire une sieste.

 



 

 

lundi 24 juillet 2017

L'INDÉCENTE VALSE DES MILLIONS…

Par Normand Chatigny, Michel Héroux, Denys Larose et Jean-Noël Tremblay[1]

 
Il y a quelque temps, Connor McDavid, un jeune de 20 ans, a signé une prolongation de contrat de 8 ans et 106 millions US avec les Oilers d’Edmonton. Cette entente fait en sorte que McDavid touchera en moyenne 13,25 millions par saison. On ajoute que «McDavid vaut amplement cet investissement, tout comme il mérite d’être le joueur le mieux payé du circuit », ajoutait l'article qui nous apprenait cette «bonne» nouvelle. De son côté, Carey Price, le gardien vedette du Canadien a signé une prolongation de contrat qui lui rapportera en moyenne 10,5 millions par année pendant huit ans, pour un total de 84 millions.

Euh ?

Est-ce illusoire de trouver, dans ces deux nouvelles récentes, une autre illustration d'une certaine décadence de notre civilisation, d'une perte du sens des valeurs ? On ne sait pas combien gagne Kent Nagano avec l'Orchestre symphonique de Montréal, mais on est sûrement loin des millions de ces joueurs de hockey. On sait à peu près comment sont payés les recteurs et les professeurs d'université, nos premiers ministres et les députés élus, tout comme les enseignants du primaire et du secondaire à qui des centaines de milliers de parents confient leurs enfants la majeure partie du temps entre septembre et juin. On est loin des sommets vertigineux de rémunération de nos talentueux manipulateurs de rondelles sur la glace.
Bien sûr, il ne faut pas être naïf. C'est le capitalisme sauvage et la valse des millions qui mènent les sports professionnels. Mais de là à admirer ces joueurs et surtout à applaudir leur indécente rémunération, il y a une marge. Une grande marge. Il semble qu'on pourrait se garder une petite gêne, oser même remettre en question le niveau de ces salaires qui sont clairement hors du sens  commun et de toute raison.
Lorsque sont publiées les conditions de rémunération des dirigeants de grandes entreprises ou des banques, il y a toujours un escadron de protestataires qui dénoncer ces dirigeants qui « s'en mettent plein les poches ». Pourtant, ces dirigeants fondent et/ou dirigent des entreprises qui sont créatrices de richesses et d'emplois.
On a hurlé quand il fut appris que la présidente du Mouvement Desjardins voyait son salaire approcher les 4 millions $ par année. Mais Madame Leroux était ultimement responsable de la bonne marche et du progrès du Mouvement Desjardins auquel des millions de Québécois confient leurs épargnes et leurs économies en vue de leur retraite. Madame Leroux, tout comme son successeur, jouent un rôle objectivement et collectivement pas mal plus important que celui, tout talentueux soit-il, du gardien du Canadien. Il en va de même pour tous les autres dirigeants de banques, de sociétés de placements, d'entreprises, qu'elles soient grosses, moyennes ou petites.
Que dire aussi des médecins, des policiers, des infirmières, des préposés, des travailleurs de la construction ou des ouvriers d'usine ? Non seulement ces personnes assument une responsabilité personnelle, mais ils jouent des rôles essentiels dans la bonne marche quotidienne de la société. Non, ils ne gagnent pas 8 ou 10 millions par année.
Il n'est pas question ici de rabaisser le travail des joueurs de hockey, qui, appelons un chat un chat, ne sont que des amuseurs publics. Parmi eux, certains ont plus de talent que d'autres. On ne se scandalise pas que ces derniers soient davantage payés. Mais de là à les ensevelir sous les billets verts, il y a un pas qu'il ne faut pas franchir.
Des salaires annuels de 8 ou de 10 millions pour des joueurs de hockey, c'est tout simplement indécent, même si cela ne rejoint pas le sommet de la folie. La rémunération totale de la star du Real Madrid, Cristiano Ronaldo, a été de 87,5 millions d’euros cumulés en 2016-2017. James LeBron, au basketball, a gagné 73,2 millions de dollars US, alors que le boxeur Floyd Mayweather lui se «contentait» de 105 millions US. On pourrait faire une liste interminable de ces salaires démentiels.
Tout cela est une gifle monumentale pour tous et toutes, y compris pour leurs admirateurs les plus enthousiastes, même si ceux-ci ne s'en rendent pas compte. C'est une incongruité inacceptable et pourtant acceptée comme normale par l'ensemble des citoyens et citoyennes dans une société comme la nôtre.
En un mot comme en cent, c'est révoltant. À défaut de pouvoir faire réellement quelque chose à cet égard, laissez-nous au moins le droit de dénoncer ce scandale et de rappeler le sens des valeurs.




[1] Les auteurs sont des retraités habitant Québec et Montréal. Denys Larose et Jean-Noël Tremblay ont été directeurs généraux de collèges. Normand Chatigny fut maire de Cap rouge et Michel Héroux a œuvré en information et en communication.
 

mardi 18 avril 2017

LE SON. DE QUOI DEVENIR FOU.

L'homme a marché sur la lune. Il a inventé le grille-pain automatique et le pain tranché. Et plein d'autres choses que je ne veux pas énumérer ici. Il a aussi inventé la radio et la télévision. Puis, les cellulaires, Internet, Facebook, Instagram, etc., etc.…

Mais il n'a pas réussi à mettre au point un contrôle minimal du son à la source. Avez-vous regardé et écouté votre télévision, récemment ? Sans télécommande, c'est l'enfer. Non, non, pas pour changer de poste pendant les commerciaux ou pendant que votre blonde fait sa pause pipi. Non. Pas pour jeter un œil sur les autres chaînes non plus. La télécommande est devenue essentielle pour contrôler le son. Supposons que vous écoutez la télé de Radio-Canada, ou de TVA, ou de V, ou de Télé-Québec, ou, ou, ou… Il y a plein de chaînes. Elles souffrent toutes du même mal : un son en dents de scie et en permanence.

Prenez Radio-Canada et son téléjournal local de Montréal À 18 heures. Ce n'est pas de sa faute, mais Patrice Roy n'a pas de voix. Plutôt, il a une voix assez blanche. Pour l'entendre, on monte le son. Arrive un reportage avec un ou une reporter qui a de la voix, on baisse le son en pensant aux voisins. Ou bien, arrive une publicité. Ah là, bouchez-vous les oreilles ou…
baissez le son. D'où l'importance de la télécommande.
 
En passant, à la fin du bulletin de nouvelles, Patrice Roy placote météo avec le sympathique et compétent Pascal Yakovakis. Lui aussi n'a pas beaucoup de voix. Je vous le jure : ça me fait penser au confessionnal d'antan… Mais il faut alors monter le son !

Oublions les nouvelles. Vous écoutez un film, une série, un documentaire ou que sais-je. Là encore, un son à peu près régulier, ça n'existe pas. On comprend que le son peut et doit fluctuer pour refléter la trame dramatique d'un contenu ou d'une musique. Mais passer du murmure à 200 décibels en une demi nanoseconde, c'est trop fort trop vite.

On sait tous que les publicitaires font tout pour attirer notre attention. Longtemps, pour les pauses commerciales, le son de leurs annonces était "comprimé", ce qui fait que lors de la diffusion, les annonces étaient beaucoup plus fortes que le son de l'émission. En principe, cela n'existe plus. Mais comment expliquer les écarts de son entre deux émissions qui se suivent sur la même chaîne ? N'y a-t-il pas des standards en cette matière ? Est-ce que le technicien du son a toute latitude pour imposer ce que lui préfère ?

Il me semble qu'il y a là un sérieux problème auquel le CRTC et les diffuseurs devraient s'attaquer. Parce que voyez-vous, je suis retraité, donc j'ai des revenus fixes. Mais je crains fort de me ruiner en piles pour garder vivante ma télécommande de télévision.

S'il-vous-plaît, messieurs et mesdames les diffuseurs, ne jouez pas aux durs d'oreille et vérifiez votre son…

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dimanche 2 avril 2017

TROIS VEDETTES, UN MALAISE…

Les syndicats de l'enseignement ont grimpé dans les rideaux suite à la nomination par le ministre de l'éducation de trois «profanes» pour «repenser l’aménagement des écoles pour donner le goût aux enfants d’apprendre.» Si on met de côté les outrances verbales syndicales habituelles et l'antipathie viscérale des enseignants vis-à-vis le gouvernement libéral, leur critique n'est cependant pas sans fondements, loin s'en faut.

Qui sont ces trois profanes, ces trois vedettes ? Ce sont Ricardo Larrivée, Pierre Thibault et Pierre Lavoie. Le premier est connu pour ses talents de cuisiniers et de communicateur, le second est un architecte de renom et le troisième est connu pour encourager l'activité physique. Les trois sont des personnes estimées dans notre société. A priori, cependant, il n'y a rien qui les qualifie pour repenser l'éducation, et seul Pierre Thibault peut offrir des conseils pertinents pour repenser l'aménagement des écoles afin de donner aux enfants le goût d'apprendre. À la condition qu'il écoute les enseignants. C'est quand même une drôle de lubie que celle-là. Le ministre de l'éducation a décidé d'avoir recours à des vedettes pour se faire faire une petite Commission Parent 2.0. C'est, bien sûr, ridicule.

Au-delà des vœux pieux et des bonnes intentions et après avoir visité les écoles de pays réputés comme la Finlande, nos trois profanes ne nous diront pas grand-chose de plus que ce que nous ne connaissons pas déjà. Ils vont, sur l'école, réinventer le bouton à quatre trous. Nous savons déjà ce qu'est un bouton à quatre trous. De là provient le malaise que beaucoup éprouvent devant cette dernière trouvaille gouvernementale.

Dans tout l'énorme ministère de l'éducation comme dans toutes les universités où on forme des enseignants et dans les commissions scolaires qui assurent au jour le jour avec les enseignants le travail d'enseignement au ras des pâquerettes, dans les classes, il faut donc conclure que le gouvernement n'a pas su trouver les ressources intellectuelles et créatrices pour innover et repenser l'école québécoise.

Disons, en étant très charitables, que cette initiative spectaculaire n'est pas de nature à renforcer la confiance du monde de l'éducation en ses propres capacités. De plus, elle accrédite l'impression qu'à peu près n'importe qui peut faire n'importe quoi dans l'instruction des enfants. Ce n'est pas fort fort… C'est même insultant pour les enseignants et le milieu. La critique des syndicats n'est pas sans fondements, je le répète.

Pièce de stratégie

Pour comprendre ce geste du gouvernement, il faut d'abord se dire que nous sommes à 18 mois de la prochaine élection. Dans le budget Leitao de la semaine dernière, déjà la distribution des bonbons a commencé. Également, une solide campagne publicitaire gouvernementale est en marche. En planifiant à l'avance la prochaine campagne électorale, le gouvernement ne comptera pas sur les enseignants qui, de toute façon, vont disperser leurs votes entre plusieurs partis politiques surtout dans l'opposition. Le gouvernement, qui a encore un budget à déposer au printemps 2018, va continuer de chercher à plaire au public en général en peaufinant ses stratégies et ses informations.

Face à une opposition plus divisée que jamais, le gouvernement tablera sur un certain contentement en raison de ses investissements «judicieux» pour redonner aux Québécois une partie, sinon la totalité de ce qu'il a imposé comme restrictions aux augmentations de budget, ce que le langage courant a appelé, à tort, des coupures.

Que trois personnes respectables, connues et admirées du public aient accepté de se pencher sur l'éducation et les écoles est un geste habile de propagande politique qui a déjà sûrement marqué positivement beaucoup d'esprits au Québec, en dehors des cercles plutôt restreints des médias et de l'opposition.

Il restera au gouvernement, d'ici la fin de l'automne, à annoncer une couple de coups d'éclat de ce genre pour continuer à frapper le clou de sa bonne gouvernance. Bien sûr, ce gouvernement est fragile, au plan éthique, mais il demeure uni. L'opposition, en Chambre et dans la rue, n'a que des mots à lui opposer, et on ne sait pas très bien qui l'écoute encore.

Les trois vedettes ont aussi créé un malaise, et ce n'est pas seulement dans le monde de l'éducation.
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samedi 25 mars 2017

MARA M.: UNE LECTURE POUR DES GARS !


Je ne m'en cache pas : l'auteure du roman Mara M., Élyse-Andrée Héroux, est ma fille. Cette semaine, elle a publié avec ce livre un second roman dont j'ai terminé la lecture hier soir. Mara M., c'est l'histoire d'une et de plusieurs mères monoparentales qui, devenues enceintes, ont décidé de garder leur bébé et de l'élever seules, peu importe les énormes défis personnels posés par cette décision.

Le livre raconte une histoire qui s'étend sur vingt ans. J'y ai reconnu des éléments de l'histoire de ma fille, qui est la mère monoparentale de mon seul petit-fils adoré, son fiston, aujourd'hui âgé de vingt-deux ans. Mais j'ai aussi lu dans ce roman les histoires d'autres femmes qui, regroupées sous l'expérience de Mara et de ses amies monoparentales, nous font comprendre cet état de vie devenu fréquent depuis quelques décennies dans nos sociétés.

Dans ce livre, il y a la vie, le désespoir, le courage, l'entraide, la dépression, le fou rire, la recherche de soi par des femmes que le sort a fait sortir de leur groupe naturel en raison de leur grossesse et de l'arrivée du bébé. Il y a ténèbres et lumière. Il y a du quotidien assumé en tout ou en partie, il y a des rêves et de l'espérance. Il y a enfin du réalisme sur la vie de chaque jour de ces jeunes, trop jeunes mères monoparentales.

Dans le roman, Mara a eu son bébé à dix-huit ans. Disons que pour elle, le party est plutôt limité quand il faut que tu fasses boire ton bébé à deux heures du matin et que t'as personne pour t'aider. Dans ce livre plein de surprises, il y a aussi de la joie et de l'humour. Car la vie n'est pas que peine et misère sans quoi les défis ne seraient pas relevés.

En refermant ce livre hier, bien des réflexions me sont passées par la tête. D'abord, il y a une fierté bien légitime d'assister à la reconnaissance du talent de son enfant. Pour ma fille Élyse-Andrée, c'est un deuxième roman qui est publié ainsi, après Les bonheurs caducs au printemps 2015. Ce ne sont pas tous les apprentis auteurs qui vont jusqu'à une seconde publication de leurs œuvres au Québec.

En lisant son roman, j'ai mieux compris les difficultés psychologiques, affectives et matérielles de la monoparentalité, même si au travers de la vie de notre fille, mon épouse et moi en avions saisi de bons bouts. Tout en soutenant autant que possible notre fille dans son quotidien, nous n'étions pas dans sa peau, pas dans sa tête. Ce livre lève le voile sur cela sans prêchi-prêcha, sans jugements, et c'est un de ses nombreux grands mérites. Il ne veut pas donner de leçons: il raconte une histoire. En plus, il est superbement écrit, ce qui ne gâte évidemment rien.

Un livre pour les gars

Enfin, je me suis posé la question : pour qui, ce livre ? En entrevue, ma fille répondait cette semaine à cette question en disant que c'était pour les femmes, les femmes monoparentales surtout, et elle a raison, et elle ajoutait « aussi pour les hommes ». Moi, je pense que c'est peut-être un livre surtout pour les gars. Parce que les femmes monoparentales, elles n'ont pas été mises enceintes par l'opération du Saint-Esprit.

Sans vouloir le dire ou le faire, le livre met en relief l'absence de ces gars partis après la baise ou la naissance du bébé, abandonnant leur rejeton et la mère qui tente d'amener son bébé dans la vie sans trop de dommages. Peu importent les motifs, la monoparentalité est également l'histoire de l'abandon. Sur quatre gars dans cette situation, nous disent les statistiques, trois sont pratiquement disparus de la vie de leur femme.

Pour cela, ce livre concerne aussi les gars. Il est aussi l'histoire de paternités non assumées, de responsabilités évitées, de fuites ou de manques de courage. C'est probablement l'aspect qui m'a le plus obsédé, en tant qu'homme, tout au long de ma lecture.

Je recommande bien sûr ce roman: il éclaire, il fait réfléchir, il aide à comprendre, il suscite l'empathie et il fait souvent rire.

Je souhaite que, en plus des femmes, beaucoup d'hommes et de jeunes hommes - beaucoup de gars prennent le temps de lire ce bouquin. Il me semble qu'il mérite leur attention et surtout, leur réflexion.

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Pour plus d'information sur le roman:

http://www.editions-homme.com/mara-m/elyse-andree-heroux/livre/9782761947978

lundi 13 mars 2017

LA 'SACRURE' DANS NOTRE PARLURE...

Si vous n'avez pas entendu les excès langagiers de Rambo Gauthier, vous faites partie des ermites de notre société. Rambo Gauthier est ce syndicaliste robuste de la Côte Nord qui veut se lancer en politique au nom du peuple et qui n'hésite pas à sacrer souvent pour pimenter ses propos. Pourquoi sacre-t-il ainsi ? On ne le sait pas. Mais M. Gauthier n'est pas le seul.

Dans la vie de tous les jours, on entend sacrer souvent au Québec, trop souvent. De plus, ce ne sont pas seulement les adultes qui sacrent ainsi : des jeunes, des ados, gars et filles, sacrent à tout vent sans réaliser la vulgarité de cette habitude. 

Des 'veudettes' de notre télé n'hésitent pas non plus à recourir au langage sacré pour, semble-t-il, chercher à donner de la force et du poids à leurs propos. Ce faisant, ils ou elles oublient le pouvoir d'influence de ce médium. Nos humoristes, à de trop rares exceptions près, sacrent allégrement sur scène, quand ce n'est pas au petit écran. Pourquoi tout ce monde sacre-t-il, alors qu'au Québec, on a tout fait pour se débarrasser de la tutelle sociale de l'Église catholique ?

Il est bien difficile d'attribuer une seule cause à cet état de fait. Avant les années 1960, on sacrait à ses risques et périls. Les mères ne le toléraient pas et plus d'un Québécois d'un certain âge peut se rappeler une punition ou une tape derrière la tête pour avoir échappé un "gros mot", comme on disait. Les curés ne le toléraient pas non plus et sacrer en public était, pour ainsi dire, un péché de comportement. Mais voilà. Avec l'effondrement de la pratique religieuse, le péché est, lui aussi, disparu. Alors, pour démontrer qu'on est libre, on sacre tant et plus.

Il y a autre chose. Sacrer dénote un manque évident d'imagination et de vocabulaire. Cela illustre aussi un refus de raffiner et de nettoyer un tant soit peu son langage de tous les jours. Au Québec, la Révolution tranquille a eu d'immenses effets bénéfiques pour la société. Parmi les effets moins bénéfiques, la Révolution tranquille a aussi mis de l'avant un fort rejet des 'élites'. Personne n'a jamais précisé exactement qui étaient ces élites. Les riches ? Les cultivés ? Les curés ? Ce n'est pas clair. Mais ce mépris des élites a entraîné dans son sillage un refus de s'élever, de peaufiner son langage, d'en éliminer l'incitation au mieux, au plus élevé. Cela explique peut-être - en partie la 'sacrure' des vedettes et des gens qui, en principe, devraient savoir mieux parce qu'ils ont reçu de l'enseignement supérieur. Mais cette explication boîte pas mal.

En bout de ligne, c'est probablement la famille qui est à l'origine de ce détestable, commun et vulgaire comportement. Si, dans une famille, on ne sacre pas et on ne tolère pas les sacres et les jurons, il y a de fortes probabilités que les enfants, en vieillissant, tout en étant confrontés à la pression de leurs pairs au secondaire ou au cégep, ne prennent pas l'habitude de sacrer à propos de tout et de rien. 

Mais comment reprocher à un Québécois de sacrer quand, depuis sa petite enfance, il entend ses parents sacrer en permanence dans la maison ? Hélas, près de la moitié des familles chez nous éclatent ou se reconstituent tant bien que mal. L'éducation des enfants dans la bulle familiale peut en souffrir, c’est évident.

Jurer et sacrer n'est pas une affliction unique au Québec. Dans d'autres sociétés on sacre et on jure également. Ce qui nous distingue, toutefois, c'est le recours au vocabulaire religieux (hostie, tabernacle, ciboire, calice, etc.). On invoque, très en vain, le nom du Seigneur (Christ). On est devenu incapable de se trouver des expressions moins vulgaires pour exprimer ses émotions ou renforcer ses affirmations.

Nos parents, quand ils étaient très choqués, pouvaient échapper un "bâtard !" (jugé quand même vulgaire), un "Jérusalem !", un "cibolle", un "tabarnouche !" ou un "viande à chien !"... D'autres expressions colorées étaient utilisées, mais dans ces générations, en général, on ne sacrait pas comme aujourd'hui. 

Comme Québécois, nous avons là un défi à relever. Moins de 'sacrure' fera peut-être que notre 'parlure' sera plus acceptable et mieux acceptée…


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Avec l'aimable collaboration de mes vieux complices de Québec Normand Chatigny, Denys Larose et Jean-Noël Tremblay.

Image : Les Affaires


mardi 28 février 2017

CES TECHNOLOGIES QUI NOUS ASSERVISSENT

Les nouvelles technologies de l'information, en principe, doivent libérer l'humain de plusieurs tâches répétitives, tout en accélérant presqu'à la vitesse de la lumière l'échange d'information d'un bout à l'autre du globe. Bel idéal. En échange, nous avons, plus ou moins consciemment accepté que de plus en plus de tâches soient faites par les nouvelles machines et ainsi de devenir assujettis aux nouvelles technologies de l'information.
 
D’abord, il y a eu la radio, et surtout la télévision qui ont modifié les habitudes de vie de nos parents ; la télévision est devenu la vraie reine du foyer et a remplacé la danse, les parties de cartes, les discussions en famille, le chapelet en famille, etc. La télévision a contribué puissamment à tuer le dialogue.
 
Puis, les nouvelles technologies sont arrivées et celles-ci, maintenant, régulent et mènent nos vies. Très peu de nos actions quotidiennes sont effectuées sans le recours à ces technologies et à Internet. Acheter un pain au dépanneur, vérifier la météo, payer une facture, commander du poulet ou de la pizza, emprunter une hypothèque pour acheter une maison, consulter les petites annonces, réserver des billets pour un spectacle, lire un journal, tout cela et bien davantage se fait grâce à Internet et à ses applications.
 
L'automobile est de plus en plus bourrée de toutes sortes d'éléments informatiques et dans laquelle le jugement du conducteur sera de plus en plus qu'un vague souvenir; automobile le mot le dit : auto et mobile; c'est comme automatique dans transmission automatique; on fait de moins en moins d'efforts, on pense de moins en moins, on est de plus en plus en pâmoison devant toutes ces réussites technologiques, comme au temps du Titanic. Tout pour nous rendre supposément la vie plus facile agréable. On embarque les  yeux fermés en chantant « tout le monde le fait, fais le donc... »
 
S'il fallait que les technologies fassent défaut toutes ensemble, notre société serait totalement paralysée. Plus un véhicule ne roulerait. Plus aucun avion ne pourrait voler. Aucun guichet automatique ne pourrait vous fournir de l'argent, et le dépôt des salaires ou des pensions directement dans votre compte bancaire cesserait. Les cartes de crédit ou de débit deviendraient d'inutiles morceaux de plastique. Les cellulaires comme les GPS deviendraient inopérants et donc inutiles. Ordinateurs, tablettes, tableaux interactifs, tout cela serait à jeter aux poubelles ou à la récupération. Fini les jeux vidéo ou la télévision. Dans les hôpitaux, bien des malades maintenus en vie grâce aux appareils de haute technologie décèderaient, tout comme ceux ou celles dont la vie dépend d'un stimulateur cardiaque (pacemaker).
 
À force de succomber aux stratégies des vendeurs de technologie, nous sommes donc devenus totalement dépendants de ces mêmes technologies. Notre société, dorénavant, dépend d'elles pour son fonctionnement le plus ordinaire, le plus banal. Cela devrait nous interpeler. Cela devrait même nous inquiéter. Pourtant, on continue à se moquer de personnes plus âgées éprouvant de la difficulté à manœuvrer avec les appareils technologiques quotidiens comme le cellulaire ou le guichet automatique. On traite ces gens de dinosaures. Mais ce faisant, les rieurs oublient que leur univers a les pieds bien fragiles, qu'il est à la merci d'une panne prolongée d'électricité, voir d'une éruption solaire un peu plus violente et apte à griller les milliards d'appareils de haute technologie sur le globe.
 
 
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Un autre aspect de cette question mérite d’être évoqué. L'évolution des nouvelles technologies va beaucoup plus loin que le seul fait de changer nos habitudes de vie : elles sont en soi des «systèmes de pensée» qui nous sont imposés. Pensez aux algorithmes et à l'évolution de l'intelligence artificielle. En fait, on pense à notre place, on prend des décisions à notre place sur des questions fondamentales : la finance, la consommation, la sécurité, la gestion, etc. Aujourd'hui, les analystes de Wall Street fondent leurs actions à partir de décisions prises par des algorithmes.
 
Or, l'évolution rapide des technologies de l'information, y compris le téléphone dit intelligent (Confusion: il n'est pas intelligent, il est multifonctions), conditionne nos vies. C’est donc dire que par leur convivialité, ces technologies développent dans nos rapports à la vie, à la santé, à la maladie, etc., une dépendance qui contient une part importante d'inadaptation. 
 
 
Par exemple, Alain Deneault dans «Gouvernance, le management totalitaire» souligne qu'il est possible aujourd'hui de «dialoguer» avec des fous et des criminels simplement avec son téléphone ou sur Facebook, etc. C’est donc à la portée de n'importe quelle entreprise (politique, commerciale) «d'anesthésier quiconque est sujet à la dissonance cognitive». Les nouvelles technologies contribuent fortement à la croissance observée en plusieurs sociétés de l’individualisme, de l’égocentrisme au détriment du collectif, de la solidarité et ultimement de la justice sociale.
 
On oublie trop facilement que le Titanic était réputé insubmersible. Pourtant, il a fallu d'un seul iceberg mal placé pour que l'orgueilleux navire, à l'époque à l'avant-garde de la technologie, se retrouve au fond de l'Atlantique. Notre esclavage bien réel face aux technologies de l'information et de la communication ne doit jamais nous faire oublier son inhérente fragilité.
 
 
(Ce texte a été rédigé avec la collaboration de mes vieux complices Normand Chatigny, Denys Larose et Jean-Noël Tremblay, tous trois de Québec).
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lundi 30 janvier 2017

LE RECUL


Avant de revenir à Montréal à l'été 2014, je suis demeuré 23 ans à Québec. J'habitais Sainte-Foy, et j'empruntais très souvent le Chemin Sainte-Foy pour aller à l'Université Laval où je travaillais. Je suis passé devant la Grande Mosquée de Québec des centaines, sinon des milliers de fois devant cet édifice, une ancienne caisse populaire Desjardins, située Chemin Sainte-Foy au coin de la route de l'Église.
Des musulmans de Québec ont acheté cet édifice qui était à vendre, pour le transformer en une mosquée et en un Centre culturel. Au hasard de mes passages, j'y ai vu des fêtes, des opérations « portes ouvertes ». Le vendredi, jour de la prière pour les Musulmans, le petit stationnement attenant était plein, mais autrement, l'endroit était tranquille, tout comme son environnement.

Voilà qu'en ce 29 janvier 2017, l'impensable est survenu. Deux individus (1) ont fait irruption dans cette modeste mosquée, ouvert le feu, et assassiné au moins 6 personnes et en ont blessé autant d'autres. On ne sait pas pourquoi ils ont agi ainsi. Les autorités parlent d'un acte terroriste, mais cela ne nous en dit pas beaucoup. Ce qui est clair, c'est que c'est un autre recul de notre civilisation, tout comme l'ignoble président américain, avec son décret bannissant tous les ressortissants de certains pays arabes, engage son pays dans un immense bond en arrière.

On croyait, comme Canadiens et Québécois, que nous progressions dans le bon sens, vers une meilleure acceptation de l'Autre, vers une meilleure intégration des populations venues s'installer chez nous, un pays étranger pour elles. Notre réputation est celle d'un pays ouvert et tolérant, pas sectaire et haineux. Les assassinats d'hier viennent soudainement déchirer cette croyance.

Il nous faut réaliser que nous ne sommes ni meilleurs ni pires que les autres nationalités autour de nous, que ce soit ici en Amérique ou en Europe. Nous avons dans notre sein une fange de dérangés, car il faut l'être sérieusement pour ouvrir le feu sans provocation sur des gens pacifiques, désarmés et terminant une séance de prière. Nous avons parmi nous nos haineux qui s'abreuvent au discours de la détestation des autres, quel qu'ils soient. Nous avons nos obsédés de la pureté de la nation, de l'intégrité de notre christianisme, même si presque plus personne ne fréquente l'église au Québec. Nous avons nos radicaux de toutes les causes pour qui leur foi en leur cause remplace la réflexion.
Nous avons, plus particulièrement à Québec, des radios dites populaires ou poubelles  qui incitent plus ou moins tacitement les plus bas instincts radicaux et exclusifs à s'exprimer. Nous avons des médias sociaux dont le degré de morbidité et de diffusion de faussetés est sans précédent. Internet et les technologies des communications n'ont pas que des effets bénéfiques.

Bref, nous avions en nous les germes de ce qui vient de se passer à Sainte-Foy. On croyait que les attentats de fous, c'était pour Londres, New York, Paris ou Mumbai, mais pas ici. Bien sûr, nous avons eu les deux dérangés lâches de Saint-Jean-sur-Richelieu et d'Ottawa, il y a une couple d'années, mais à part deux militaires, ils n'ont pas causé de carnage.
Mais là, le carnage gratuit et insensé est bel et bien survenu ici, chez nous. Je prédis qu'il y en aura probablement d'autres, à terme.

C'est le moment parfait pour se recueillir, réfléchir et regarder d'un œil neuf ceux et celles qui nous entourent. C'est le moment parfait pour nous ouvrir davantage aux autres qui ont choisi de venir vivre ici.
Enfin, c'est le moment parfait pour exprimer aux proches des victimes de Québec et à toute la communauté musulmane du Québec et du Canada toute notre sympathie dans ce deuil cruel qui les frappe.

(1) Depuis ma première rédaction de ce texte, nous avons appris que l'attaque sanglante du 29 janvier a été  le fait d'un seul individu qui, présentement, fait face à un procès pour multiples meurtres et tentatives de meurtre.
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mercredi 26 octobre 2016

LE GRAIN DE SABLE...

Dernière heure : La Wallonie a finalement donné son accord au texte, ce qui permet à la Belgique de signer l'accord de libre-échange Canada - UE. Mais l'hésitation de la région belge a semé encore plus de doutes sur le contenu de cet accord. Mieux encore, davantage de gens voudront chercher à savoir ce que contiennent précisément ces accords...

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Gavrilo Princip est ce jeune Yougoslave qui, le 28 juin 1914, a assassiné l'archiduc François-Ferdinand, héritier du trône austro-hongrois, et son épouse, Sophie à Sarajevo en Bosnie. 
Gavrilo Princip
Ce geste de Princip a donné à l'Autriche-Hongrie l'excuse qu'elle recherchait pour ouvrir des hostilités contre la Serbie. Ce faisant, l'empire austro-hongrois précipita le monde dans la Première guerre mondiale, avec toutes les conséquences que nous connaissons aujourd'hui. Le monde a été mis à feu et à sang pendant quatre années,  les empires russe, austro-hongrois et ottoman ont été démantelés, et le Traité de Versailles a mis en place les conditions qui allaient permettre la montée des fascismes, surtout en Allemagne et en Italie, et le second conflit mondial. Tout ça pour les deux ou trois coups de revolver d'un adolescent anarchiste.
 


Sans être aussi sinistre, le refus de la Wallonie de donner maintenant son accord à la 
Paul Magnette
conclusion du traité de libre-échange entre l'Union européenne et le Canada est-il susceptible de jouer un rôle analogue dans le développement du libre-échange et de la mondialisation sans cesse accrue de l'économie ? Il est probablement trop tôt pour répondre à cette question, mais le parallèle est frappant entre ces deux événements bien différents en nature.
En 1914, même sur un fond de nationalismes réprimés et de querelles sur le développement des colonies, les empires paraissaient d'une solidité à toute épreuve ; le geste de Princip constitua une note discordante, la proverbiale allumette au milieu des barils de poudre. En 2016, sur un fond de nationalismes de plus en plus hostiles à la fusion dans les grands ensembles et face au mécontentement croissant envers la globalisation et la mondialisation des échanges, l'attitude de la Wallonie oblige à la réflexion sur les bienfaits de ces traités de libre-échange.

Le doute est maintenant installé. Cui bono ? demanderait un Bernard Landry, toujours friand de citations latines. En effet, à qui profitent vraiment ces traités et cette mondialisation économique ? De plus en plus, des citoyens réalisent que la mouvance facilitée des biens et des services ne profite vraiment qu'aux entreprises multinationales et par elles, au célèbre « 1% » de la population qui trône au sommet des plus riches de la planète.
La classe moyenne, pour sa part, ne tire pas aussi bien son épingle du jeu, même si le crédit et la consommation lui permettent de mener une certaine dolce vita, toujours sous la menace des opérations de « restructuration » autant dans le privé que dans les services publics. La classe plus ouvrière a vu, subit et voit et subit encore les effets de la délocalisation des emplois, terme poli pour dire qu'on déménage les usines là où la main-d'œuvre coûte moins cher. Même la Chine commence à délocaliser sa production vers l'Afrique, car les ouvriers chinois, pas plus cons que les nôtres, ont demandé et obtenu de meilleures conditions de rémunération. Chez nous, la Caisse de dépôt va même construire tout un réseau de transport en commun électrique sans un seul conducteur. Le progrès, dit-on. Quant aux plus démunis, la mondialisation économique ne leur a rien apporté. Rien.

Ici au Canada et au Québec, nos dirigeants en sont encore à la croyance béate dans les avantages du libre-échange. Que ce soit chez M. Couillard ou M. Trudeau, pas la moindre réserve envers le dogme libréchangiste. « C'est bon pour l'économie », entonnent-ils en chœur, faisant écho à d'autres dirigeants politiques comme Angela Merkel ou François Hollande, et se faisant encenser par toutes les chambres de commerce et autres agents de l'économie.

Pourtant…
Pourtant le libre-échange et son objectif de mondialisation de l'économie constituent un géant aux pieds d'argile. On a toujours dit que nul monarque ne peut gouverner sans l'accord de ses sujets. C'est tout aussi vrai en démocratie. Or, la colère monte. Elle monte lentement, mais elle monde. L'échec de la tentative de créer une zone de libre-échange entre les deux Amérique au début des années 2000 aurait dû lancer un signal de prudence. Il n'en a pas été ainsi. Le projet Trans-Pacifique bat de l'aile pour toutes sortes de raisons, mais fondamentalement pour protéger des marchés. Enfin, vingt-cinq ans après la conclusion du traité de libre-échange nord-américain, l'ALENA, voici que les deux candidats à la présidence des États-Unis expriment de sérieuses réserves sur le libre-échange existant ou à venir, en réponse à un sentiment négatif grandissant chez les électeurs américains envers cet aspect du néolibéralisme.

Bref, l'édifice vacille. La Wallonie, qui demande à comprendre les tenants et aboutissants du traité Canada-UE, ne veut pas se faire bousculer. Son refus d'obtempérer en silence a créé et crée encore une sérieuse onde de choc. Les optimistes comme nos premiers ministres sont irrités certes par la communauté wallonne, mais ils sont persuadés d'avoir l'histoire de leur côté.
Les plus réalistes, cependant, saisissent probablement que la résistance des Wallons pourrait bien être le grain de sable, le coup de revolver capable sinon de renverser des empires, du moins d'entreprendre le début de la fin de la libéralisation sans limites des échanges commerciaux dont Monsieur ou Madame tout le monde ne voit toujours pas les bienfaits.

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mercredi 28 septembre 2016

LA COURSE AU PQ : D'ENNUYANTE À ESSOUFFLANTE...

La sortie du député de Bourget Maka Koto à propos du recours à l'argument identitaire par Jean-François Lisée n'est que le plus récent épisode de cette course dont tout le monde déplorait l'ennui l'été dernier, mais qui s'est soudainement enflammée en septembre, avec la rentrée et surtout le retour des journalistes devant leur écran. Bien sûr, il est clair que c'est une course à deux paliers : Lisée et Cloutier sur le gradin supérieur, et Martine Ouellette et Paul St-Pierre Plamondon là, en dessous. Loin en dessous. Ou derrière, comme vous le voulez.

La course devait être facile pour Alexandre Cloutier, presqu'un couronnement. Puis vînt Jean-François Lisée, brouilleur de cartes professionnel. Et une seconde course a démarré, davantage pour consommation médiatique que pour rejoindre un à un, comté par comté, les membres votants du PQ. Cette seconde course en devient essoufflante, notamment en raison des attaques pas toujours très… gentilles que les candidats se lancent les uns aux autres. Elle devient aussi, en apparence du moins, une course qu'on dit plus serrée entre les deux principaux candidats, ceux du gradin supérieur, bien sûr.
Je ne connais personnellement aucun des quatre candidats et je ne suis pas membre du PQ. Mais ma perception d'Alexandre Cloutier est celle d'un jeune politique brillant dont le bref passage aux « relations intergouvernementales canadiennes et à la gouvernance souverainiste » n’a pas laissé de souvenirs ou de squelettes très particuliers. Bel homme (comme l'autre, à Ottawa), Cloutier est sérieux, réfléchi, prudent et jusqu'à un certain point prévisible. Mine de rien, même s'il n'a que 39 ans, cela fera dix ans l'an prochain qu'il siège à l'Assemblée nationale comme député du Lac St-Jean. On a dit et écrit qu'il est le favori de l'appareil du PQ. L'intéressé le nie fermement, mais l'affirmation lui colle à la peau.

Jusqu'ici, il a mené une campagne qui lui ressemble, une campagne positive et souriante sous le thème de « Rassembler, construire, gagner ». Plus récemment, son sourire s'est un peu crispé. Sa position référendaire lui a attiré quelques volées de bois vert, surtout de la part de la pasionaria de l'indépendance, Martine Ouellette. Les péquistes sont peut-être indépendantistes, mais, en général, ils ne sont pas suicidaires au plan politique. Avec Alexandre Cloutier à sa barre, le PQ continuerait vraisemblablement son chemin sans trop dévier du sentier qui a été le sien depuis une bonne quinzaine d'années.
Et puis, il y a Jean-François Lisée. L'auteur prolifique de plusieurs bons bouquins, et de quelques-uns moins bons, le blogueur permanent, la machine à idées, le tacticien par excellence, le stratège même, écrivent certains chroniqueurs qui devraient savoir faire la différence entre les deux mots, bref, Lisée le spectaculaire. Pour lui, la fin justifie les moyens. Sa position référendaire ? On en fera un dans un second mandat. Pour le reste, Lisée a fait les manchettes régulièrement en prenant une position plus dure sur l'identité, jouant du même coup sur la peur de l'autre, surtout si l'autre est musulman (« moins d'immigrants, mais de 'meilleurs' »). Il a aussi réussi le tour de force de revenir à l'avant-plan du PQ après en avoir été le paria pour avoir dit publiquement que PKP était une bombe à retardement. Faut quand même le faire.

Lisée a des idées sur tout et à peu près tout le temps : les sièges sociaux, l'éducation, l'économie et les exportations, l'intégration des immigrants (les meilleurs, je le répète), une concordance culturelle. En voulez-vous, en v'là ! Ça peut être amusant de le voir aller, mais en même temps, on ne peut s'empêcher de penser à l'image du « loose canon on the deck » quand on regarde aller ce candidat qui fait flèche de tout bois. Cette expression, pour ceux qui ne la connaissent pas, désigne une personne ou une chose imprévisible, apte à causer des dommages si elle n'est pas contenue par d'autres.
Lisée a de grandes qualités, mais il en a aussi les défauts. Sa vanité est légendaire, et son arrogance naturelle, temporairement contrôlée ces jours-ci, ne pourra que surgir à nouveau s'il est élu chef le 7 octobre. D'ailleurs, est-ce que quelqu'un le croit vraiment quand il dit qu'une fois élu chef, il se voudra « rassembleur » ? À mes yeux, il me semble davantage du genre à faire le ménage chez ceux qui ne l'ont pas appuyé ou qui l'ont hué quand il s'en prenait l'an dernier seulement à PKP. De plus, sa capacité de travailler en équipe est loin d'être démontrée.

Un PQ sous la gouverne de Jean-François Lisée serait, suivant certains, moins ennuyant et plus drôle, notamment en Chambre. D'autres salivent à l'idée des joutes entre Lisée et Philippe Couillard et croient que les talents oratoires de Lisée aideront le PQ à battre les libéraux en 2018. C'est évidemment possible. De là à dire que c'est probable, c'est un pas que je refuse de franchir pour le moment.
S'il est élu chef, Lisée va brasser le PQ et oui, on aura plus de plaisir à regarder la joute politique provinciale. Mais cela ne règle en rien les problèmes de fond pour ce parti.
En définitive, la question fondamentale qu'il faut se poser alors qu'on approche de la fin de cette course, c'est la suivante : que ce soit Jean-François Lisée ou Alexandre Cloutier qui gagne la chefferie le 7 octobre prochain et devient le nouveau chef, le PQ sera-t-il davantage en mesure de renverser les tendances lourdes démontrant de plus en plus qu'il est le parti d'une génération, essentiellement celle des baby boomers, et que les jeunes s'y intéressent de moins en moins ?

On peut dire et promettre bien des choses durant une course à la chefferie. Mais les chiffres, eux, sont là et ne mentent pas. Pour le PQ, l'heure n'est peut-être pas à la rigolade.
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samedi 10 septembre 2016

NOUVEAUX SPORTS OLYMPIQUES...

Planche à roulettes
Le CIO a annoncé l'ajout de nouvelles "disciplines" sportives pour les prochains jeux, dont la planche à roulettes, baseball/softball, qui effectuera un retour, et des sports axés vers la jeunesse comme le surf, le karaté et l’escalade qui feront également partie du programme des Jeux de 2020. Tous ces ajouts sont un peu ridicules, bien sûr.

Cela dit, tant qu'à ajouter des 'sports', pourquoi ne pas faire preuve d'imagination et ajouter aux épreuves d'athlétisme, par exemple, le saut en largeur ? J'y rêve depuis les années '50, quand j'étais jeune et pas très bon ni à la course, ni au saut. Le saut en largeur : au moins, on rirait un peu...

Quand j'ai mis cela sur Facebook, ce n'est pas devenu viral, comme on dit, mais pas mal d'amis m'ont fait des suggestions toutes les plus intéressantes les unes que les autres.

Par exemple, A.B. m'a écrit : « Et le saut à reculons, hein ? Que fait-on du saut à reculons ? Et le lancer léger, ou à la mouche ? Que fait-on de cette activité mondiale? Et la planche à râper? Que fait-on d'un si beau sport? Et le lancer du mouchoir? Hein, que fait-on du lancer du mouchoir? Le lancer des bobettes, droit Aubut? Que fait-on de ce grand précurseur sportif! Forcez-vous un peu, merde ! »

Marelle
Puis, G.P.D. m'a dit que pour lui, les disciplines olympiques à ajouter sont ce sont le saute-mouton, la marelle et le « lancer du crachat ». Bon. Il en a rajouté : « Ce seront des Jeux inoubliables, qui feront frissonner les imaginations tous les « commanditaires de cochonneries » de la planète... ». Rien de moins.

Pour G.D., c'est plutôt la course à trois jambes, la course dans un sac de patates... « Nous sommes les nouveaux Coubertin ! » a-t-il lancé !

Mais J.S. a soulevé une question importante. Il a écrit : « Il vous manque des sports d'équipe: le ballon prisonnier et le drapeau (pour celui-là, faut être pas mal vieux pour le connaître) »…

Puis, F.C. a écrit que lui irait avec les « pitchnuts... ». Dans ses mots, « ce jeu est tellement palpitant et exige beaucoup d'habilité au niveaux des doigts, des yeux, des nerfs et du cerveau. J'aimerais beaucoup entendre la belle Marie-Josée nous décrire les matchs. »

Ballon-chasseur
Inspiré par ce jaillissement d'idées, j'ai pensé à deux autres sports : le ballon-chasseur et le tire-pois. Ce qui a amené un autre ami FB à proposer « une course de 100 mètres à reculons et les quilles les yeux bandés ! ». Décidément, il ne manque que le championnat mondial de cache-cache pour que les Jeux olympiques se rapprochent enfin du vrai monde…

vendredi 12 août 2016

A40 À MONTRÉAL : FLEUR ET POT

J'ai vécu de près la déflagration et l'incendie sur l'autoroute 40 à Montréal mardi dernier, mon auto ayant été immobilisée sept ou huit véhicules derrière les camions qui se sont télescopés, provoquant le furieux incendie que l'on sait.

D'abord une fleur

Je critique souvent le ministère des Transports du Québec que je désigne souvent par dérision de son ancienne appellation de ministère de la Voirie. Mais cette fois, je ne le ferai pas : en effet, d'avoir pu ouvrir à nouveau à la circulation l'A40 Ouest moins de 48 heures après l'accident de mardi mérite un honnête coup de chapeau. Fallait le faire, et le ministère l'a fait.

Je salue aussi les intervenants sur place, policiers, ambulancier et pompiers : ils et elles ont tous et toutes fait preuve d'un grand professionnalisme.

Ensuite, le pot

Je réserve le pot à la portion élevée le l'A40, qui va de Saint-Léonard dans l'Est à Saint-Laurent dans l'Ouest. Cette voie « rapide » surélevée a été conçue dans les années 1950, et construite vers la même époque. Elle est, évidemment désuète. Les trois voies de circulation dans chaque sens sont trop étroites ; de plus, il n'y a aucun espace ou voie réservée pour permettre à des véhicules d'urgence de se rendre sur les lieux d'un accident : l'autoroute est trop étroite. Mardi dernier, les ambulances et les camions de pompiers étaient bloqués derrière les autos et les camions immobilisés sur les trois voies de l'autoroute et donc ne pouvaient pas atteindre le site de l'incendie.

Pire encore. Au nom de la sécurité, la séparation des voies au milieu de l'autoroute par un muret bétonné est ininterrompue, ce qui empêche tout véhicule de s'approcher du lieu d'un accident comme celui de mardi en effectuant un virage en U comme la chose est possible sur les autoroutes normales. Pourquoi n'a-t-on pas prévu, à tous les 1 000 mètres, une ouverture suffisamment large pour permettre, en cas d'urgence, ce type de manœuvre aux véhicules autorisés ? Mystère et boule de gomme. Mardi dernier, une pareille ouverture dans le muret de ciment du milieu de l'autoroute aurait permis également une évacuation plus rapide des véhicules civils prisonniers de l'autoroute.

L'accident de mardi dernier doit nous ouvrir les yeux. Le gouvernement du Québec mijote peut-être des projets pour cette section de l'A40, mais on ne les connaît pas. Faute de projets de reconstruction ou d'enfouissement de cette autoroute, je mets de l'avant quelques suggestions de mon cru. Je ne suis ni ingénieur ni expert en circulation. Mais j'ai des yeux pour voir, et en me promenant à pied sur la portion élevée de l'A40 comme je l'ai fait mardi en observant les explosions, les flammes immenses et la fumée noire qui enveloppait l'édifice en hauteur de la FTQ, il m'est venu quelques idées.

D'abord, il faut que le ministère pratique des ouvertures dans la bande bétonnée centrale à tous les 500 ou 1 000 mètres. Ces ouvertures qui seraient faciles à sécuriser en temps normal, seraient immensément utiles en cas d'accidents sur l'autoroute.

Ensuite, nous sommes en 2016. Suite au grave accident de mardi, il faut repenser la circulation sur la partie surélevée de l'A40 à Montréal. Il est temps d'y créer, au centre de chaque côté du muret de séparation, une voie étroite de circulation réservée en tout temps aux véhicules d'urgence. Pour ce faire, le ministère doit se résoudre à ramener l'A40 dans cette portion à seulement deux voies un peu élargies dans chaque direction pour réserver la voie de gauche (un peu plus étroite) aux urgences. Oui, cela va engorger la circulation en provenance de l'Est et de l'Ouest de l'île. Cet engorgement durera le temps que les automobilistes ajustent leur comportement en conséquence, ainsi que l'industrie du camionnage.

Le temps n'est plus à la facilitation toujours grande de la circulation, mais plutôt à une sécurité plus grande des véhicules et de leurs occupants. Les solutions que je préconise ne sont ni parfaites, ni idéales. Elles sont moins utopiques que celle qui consiste à interdire les camions aux heures de pointe en cette époque du juste à temps.
 
Dans le contexte, avec cette vieille autoroute obsolète et dangereuse, il n'y a pas de solutions parfaites. Mais pour éviter d'autres drames comme celui de mardi, les suggestions que je mets de l'avant sont peut-être les plus réalistes et les moins dispendieuses à implanter.

Comme Monsieur Larousse, je sème à tout vent…

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