samedi 28 septembre 2019

MON PETIT GESTE…

J’ai beaucoup lu ce matin sur la grande marche pour la défense de la terre qui a eu lieu hier à Montréal et dans d’autres villes du Québec et du Canada. J’ai suivi avec intérêt la démarche inusitée de la jeune suédoise Greta Thunberg qui l’a amenée jusqu’à l’ONU. Du haut de mes soixante-quinze ans, je ne regarde pas tout cela avec désintérêt ou de haut. Le sort de notre planète me préoccupe et m’inquiète tout autant, je crois, que les plus jeunes que moi. Mais fort d’une longue expérience de la vie et de l’observation du monde politique, la seule interrogation qui me vient à l’esprit est : et après ?

Que se passera-t-il après cette immense manifestation de solidarité au nom de notre planète ? Au-delà des déclarations un peu lénifiantes de nos décideurs politiques, que feront-ils et elles vraiment pour réduire, sinon éliminer le plus complètement possible notre empreinte carbone sur notre environnement ? Pourquoi ai-je des doutes ?

Dans La Presse de ce matin, le chroniqueur Francis Vaille pose les vraies questions à ce sujet. Il écrit :

« Pour en venir à bout, la bonne volonté, les publicités et les mesures incitatives ne seront pas suffisantes. Pour en venir à bout, il faut interdire ou pénaliser fortement la surutilisation du carbone. Il faut taxer fortement les stationnements et l’entrée au centre-ville de Montréal. Il faut imposer de lourdes amendes aux automobilistes qui laissent tourner inutilement leur moteur. Il faut taxer les vols aériens vers Cuba et ailleurs, puisque les voyageurs ne choisissent pas par eux-mêmes de compenser leurs émissions de carbone (en achetant des arbres, par exemple). Il faut forcer la fermeture des centrales au charbon. Il faut punir les entreprises qui n’atteignent pas leurs quotas d’émission. Il faut fixer des échéances précises aux entreprises de transport pour la conversion de leurs véhicules à l’électricité. Il faut imposer aux régions de développer un urbanisme qui défavorise l’étalement urbain. Il faut faire une croix sur le développement d’un troisième lien à Québec. Il faut imposer une réduction du coût des transports en commun et augmenter les services. »

Bien sûr, il a raison. Mais qui, parmi nous, croira que cela se fera réellement et surtout, rapidement ? En tout cas, pas moi.

Fantaisie personnelle

Dans un roman que j’ai écrit récemment mais qui n’est pas encore publié, j’ai imaginé une action mondiale contre l’augmentation globale de la température de la terre et les dérèglements grave du climat. Bien sûr, c’est le pur fruit de mon imagination mais lisez ce que j’ai rédigé :
« En 2027, à la suite de conférences secrètes, l'ensemble des gouvernements du monde, sous l'égide des Nations-Unis annoncèrent le même jour des mesures extrêmement sévères destinées clairement non seulement à réduire l'augmentation du parc automobile, mais aussi et surtout à diminuer le nombre absolu de véhicules sur des avenues, routes et autoroutes qui ne pouvaient plus en recevoir davantage. D'abord, toutes les villes de plus d’un million d’habitants dans le monde durent instaurer des péages coûteux et dissuasifs sur toutes les routes, autoroutes, ponts ou tunnels qui leur donnaient accès. Ces péages ne s'appliquaient pas aux transports en commun et aux véhicules personnels transportant au moins trois adultes. Puis, les gouvernements légiférèrent afin qu'aucune adresse résidentielle ne puisse dorénavant compter plus d'une voiture immatriculée. Pendant la période de transition allouée pour que les citoyens s'adaptent à cette nouvelle réalité en se défaisant de leur seconde ou même troisième voiture, de lourdes taxes furent imposées sur les seconds ou troisièmes véhicules.

Le prix de l'essence fut rapidement multiplié par dix. Un litre d'essence dépassait maintenant les quinze dollars au Canada. Aux États-Unis, le gallon d'essence coûtait autour de cinquante dollars. Rapidement, les banlieues les plus éloignées des villes-centres furent désertées. Il y eut une autre mesure que les gouvernements du monde adoptèrent, malgré les féroces protestations des milieux d'affaires. Dorénavant, les nouveaux modèles annuels de voitures ou de camions n'existeraient plus. Les manufacturiers ne pourraient apporter de changements à leurs modèles qu'à tous les trois ans. Cela signifiait que tout modèle demeurerait 'neuf' et en vente pendant trois ans. Pour que la mesure soit équitable pour tous les manufacturiers, les gouvernements décrétèrent ensemble l'année où commencerait ce cycle triennal. Partout dans le monde, des manifestations de toutes sortes et même des émeutes se produisirent, mais rien n'y fit : les villes, où demeurait maintenant la très grande majorité de la population mondiale sur les cinq continents, étouffaient. Il fallait faire quelque chose de draconien pour y remédier. D'autres décisions gouvernementales limitèrent sévèrement les cylindrées pour les moteurs à combustion.

Enfin, pour frapper davantage l'imagination collective, d'un commun accord, les dirigeants de tous les pays mirent une fin définitive et sans appel aux courses d'automobiles mues à l'essence, notamment la F1. Les courses de véhicules électriques seraient tolérées. Dans de nombreuses villes surtout nord-américaines, comme à Québec, des animateurs de radio adeptes de la culture 'du char' à tout prix furent fermement réduits au silence et écartés de leurs micros. Aucun lobby ne put faire renverser ces décisions radicales. La planète essayait simplement de ne pas mourir. Toutefois, les assauts d’un climat global déréglé et d'autres événements cataclysmiques allaient rendre beaucoup de ces mesures caduques avant même qu'elles ne soient toutes implantées. »

(Extrait du roman Le Domaine perdu, de Michel Héroux et non publié)


Évidemment, tout ça, c’est purement imaginaire, donc peu sérieux. Mais quand j’ai lu la chronique de Francis Vaille, j’ai réalisé que le fruit de mon imagination repose sur des évidences.


L’auto individuelle, dans les villes, tue les villes et augmente les émissions de carbone. La mondialisation du commerce et des théories comme le ‘juste à temps’ ont considérablement accru la circulation des camions tant sur les routes que dans les villes où ils contribuent à une congestion devenue la norme plutôt que l’exception.
L’industrie du tourisme de masse tout comme l’incessante propagande publicitaire des fabricants d’autos et de camions, notamment les gros VUS, apportent une contribution directe à la dégradation de l’atmosphère de notre planète, de l'air qu'on respire. Et je n’ai pas parlé de l’utilisation du plastique. Je me scandalise de voir, à l’épicerie, des paquets de bouteilles d’eau en plastique emballées par une solide pellicule de plastique évidemment non biodégradable… Les exemples de ce type de situation de de comportement sont légion.

Mon petit geste
Alors, moi, simple citoyen, que puis-je faire ? Je ne suis pas allé marcher dans les rues de Montréal. Je n’en aurais eu ni la force, ni l’énergie. J’ai plutôt accompagné mon épouse à un important rendez-vous médical qu’elle attendait depuis un bon moment, et qui a gobé tout l’avant-midi hier. Mais, avec mon épouse, j’ai fait mon petit geste. Celle-ci avait un cellulaire dont elle ne se sert plus. On a décidé de s’en passer (et d’économiser presque 40$ par mois ce faisant). On ne s'en servait tout simplement plus. J'irai donc porter ce ‘serpuarien’ dans un centre de récupération.

C’est ça, un de mes petits gestes. Ce n’est pas spectaculaire ou sensationnel, mais pour moi comme pour l’humanité, c’est un pas.

Image : Amnistie internationale

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lundi 24 juin 2019

ON EN A MARRE !!!

Ouais. 

Dans l'affaire du vol de données chez Desjardins par un employé véreux, j'en ai un peu marre de ces poursuites, fomentées par des avocats en mal de dossiers. L'activité frénétique judiciaire contre Desjardins est un exemple répugnant de la rapacité avocate. 

Au moment où j'écris ces lignes, PERSONNE N'A PERDU UN SEUL DOLLAR NI N'A SUBI LE MOINDRE PRÉJUDICE SUITE AU VOL DE DONNÉES DE PRÈS DE TROIS MILLIONS DE MEMBRES DE DESJARDINS. 
Je répète : PERSONNE N'A SUBI LE MOINDRE PRÉJUDICE.

Je lis aussi dans le message envoyé par Desjardins à tous ses membres et que j'ai reçu :

« Il est important de savoir que :

Les mots de passe des utilisateurs d'Accès D (membres particuliers et entreprises), les questions de sécurité et les NIP n'ont pas été compromis.
Desjardins n'est pas victime d'une cyberattaque et ses systèmes informatiques ne sont aucunement touchés par cette situation.

Le nombre de fraudes envers nos membres n'a pas connu de hausse notable dans les derniers mois.

Nous comprenons que la situation puisse vous inquiéter et nous regrettons sincèrement les inconvénients qu'elle pourrait occasionner. Vos avoirs et les transactions que vous effectuez chez Desjardins sont protégés. Vous n'encourrez aucune perte financière si des transactions non autorisées étaient réalisées dans vos comptes Desjardins à la suite de cette situation. »


Alors, les avocats-requins, calmez-vous le pompom, et sacrez-nous la paix. On en a marre !

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jeudi 20 juin 2019

NON À LA PROPORTIONNELLE, OUI À LA MAJORITÉ ABSOLUE


* Avec la collaboration de mes vieux complices de Québec, Normand Chatigny, Denys Larose et Jean-Noël Tremblay.
 
Il est temps de remettre les pendules à l’heure. Nous ne sommes pas issus ou membres d’un lobby subventionné cherchant à enfoncer – sans référendum – l’idée de la représentation proportionnelle à l’Assemblée nationale. Nous ne sommes que des citoyens attentifs aux débats de notre société et soucieux de l’intérêt supérieur de notre société.

Dans un très intéressant texte du politologue Christian Dufour publié dans la Presse +, ce dernier taille en pièce avec raison et habileté le projet de Jean-Pierre Charbonneau qui voudrait 75 députés élus et 50 députés choisis par les partis au prorata des votes populaires exprimés. Ainsi, rappelle Dufour, on pourrait avoir des ministres parmi les députés choisis par les partis, bref des ministres non élus par la population. Dans le passé, des premiers ministres ont tenté de nommer des ministres qui n’étaient pas députés. Ça s’est fait à Québec autant qu’à Ottawa. Dans tous les cas, quand il y a eu une élection complémentaire pour élire le ministre, il a été battu. Le peuple avait parlé.

La proportionnelle telle que promue par Jean-Pierre Charbonneau et son groupe, c’est la garantie de gouvernements inefficaces et incapables de gouverner pour le bien commun le plus large. Le Québec du 21e siècle n’a pas besoin de pareille « réforme » qui n’en serait pas une au profit de la vraie démocratie. À tout événement, toute réforme de cette nature devra être soumise à un référendum comme il y en a eu en Colombie britannique et à l'île du Prince-Édouard.

Nous ne sommes pas dupes. Ce n’est pas pour rien que les promoteurs de l’élection à la proportionnelle ne veulent surtout pas de référendum. Ils savent très bien que le peuple n’en voudra pas.
 
Une majorité absolue

Un des reproches adressés au système actuel, c’est que des partis ayant remporté une nette majorité de sièges, n’ont pas une nette majorité des voix. C’est vrai et cela se constate à presque toutes les élections. Il y a pourtant un moyen simple pour corriger un tant soit peu cette situation. Il s’agit d’offrir aux électeurs la chance de donner 50 % plus une de leurs voix à un ou à une députée.

Le principe est simple. Une première élection générale est déclenchée aux quatre ans, conformément à la loi. Sauf de très rares exceptions, la très grande majorité des députés dans chaque comté n’aura pas la majorité absolue des voix exprimées, pas même le gagnant dans le comté, c’est-à-dire celui qui a eu le plus de voix.

Ce que nous proposons, c’est que cette première élection (durée : quatre semaines) soit suivie, quinze jours plus tard, d’une seconde élection où ne seront en lice que les deux candidats ayant obtenu le plus de voix au premier tour. Le résultat de ce second tour ferait en sorte que tous les députés élus le seraient avec la majorité absolue des voix exprimées. Cela se fait déjà pour la présidentielle française et pour l’élection des députés français à l’Assemblée nationale française et ça fonctionne très bien.

De cette façon, si on adoptait cette procédure électorale, tous les députés de l’Assemblée nationale du Québec seraient légitimement élus avec une majorité absolue des voix exprimées. Il faudrait être de bien mauvaise foi pour nier cette légitimité.

Enfin, à ceux qui affirment, inspirés sans doute par Jean-Pierre Charbonneau, que le système actuel ne permet pas l’émergence de nouveaux partis, faut-il rappeler que depuis moins de cent ans, notre bon vieux système uninominal à un tour a permis l’émergence de trois partis de gouvernement, soit l’Union nationale en 1936, le Parti québécois en 1968 et la Coalition Avenir Québec en 2011. Notre système fonctionne, et il fonctionne assez bien. Il y a moyen de l’améliorer sans le saboter au nom d’intérêts plus ou moins connus, et un de ces moyens, c’est l’introduction d’un second tour pour permettre l’élection de députés jouissant d’une majorité absolue d’électeurs dans leur comté.

De cette façon, la légitimité de tous les partis représentés à l’Assemblée nationale n’en serait quel plus forte, sans avoir besoin de députés ou de ministres non élus.


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mercredi 3 avril 2019

LE VOCABULAIRE MODERNE…

Nous vivons quand même une belle époque. On devrait bientôt retourner sur la lune pour préparer le débarquement sur mars en 2033. Le pot est légalisé et le gouvernement du Québec, contrairement au petit pusher de la cour d’école, ne réussit pas à fournir à la demande dans ses succursales de vente du cannabis. Bientôt, ce sera notre auto autonome qui nous ramènera, ivres, à la maison en toute sécurité. Plus besoin de Nez Rouge. Signe de progrès, notre vocabulaire évolue lui aussi. Par exemple, nous sommes arrivés dans une ère où il n’y a plus de problèmes. Non, les problèmes ont été remplacés par des problématiques. Oui Monsieur ! Des problématiques, c’est pas mal plus sérieux que de simples problèmes.

Autre changement signe évident de progrès. Dans la plupart des pays francophones, un lieu où on accueille des personnes âgées et démunies, cela s’appelle, en bon français, un hospice. Ici, au Québec, c’est un 'céhacheaileessedé' ou, si vous préférez, un CHSLD. Nous sommes d’ailleurs au royaume des acronymes, dans notre belle province. Ainsi, nous avions des CSSS. Après quatre années de sévères 'barrettitudes', voilà que nous avons des CISSS et des CIUSSS. Ça, mes amis, c’est du progrès.

Ce progrès dans le vocabulaire se veut également positif. On fait disparaître des termes présumés négatifs pour les remplacer par du vocabulaire à l’allure plus jovialiste. Par exemple, savez-vous qu’il n’y a plus d’aveugles au Québec. Nous n’avons que des non-voyants. Idem pour les sourds. Ils ont tous et toutes été remplacés par des malentendants. Les infirmes de mon enfance ? Envolés en fumée, remplacés par des handicapés, qui peuvent avoir des infirmités, pardons, des handicaps de différentes natures. C’est quand même émouvant, le progrès. On accepte sans cligner des yeux des néologismes souvent un peu barbares.

Ainsi, on ne dira plus que ce sentier peut être dangereux à certains endroits. On va plutôt évoquer la « dangerosité » du dit sentier. Ça fait tellement plus… dangereux ! Et on se sent bien. Plus encore, on se sent mieux. Signe de liberté, aujourd’hui, on s’affranchit des règles jugées désuètes de la grammaire française. Comme disait un animateur de télévision bien connu, « tout cela fait partie des sujets que je veux vous parler ce soir ». Bon. Il a oublié d’ajouter le « de ». Pour être fidèle à son anglicisme, il aurait dû dire « tout cela fait partie des sujets que je veux vous parler ce soir de ». Un autre chroniqueur (que je ne nommerai pas) écrivait à propos des « bagages que la vedette X aura besoin dans sa tournée ». Même oubli de ce pauvre « de ». Décidément, le dont a mauvaise presse.

Je ne m’étendrai pas sur l’utilisation de mots anglais chez nos très, très lointains cousins français, ceux de la France. Nous le subissons régulièrement et nous tentons de demeurer stoïques. Après tout, le parking du drugstore est toujours vide pendant le ‘ouiquenne’ (week-end). Si vous êtes jeunes, vous trouverez ça « cool ». La coolitude est un concept difficile à comprendre et plus encore à décrire. Le mot signifie tellement de choses qu’on s’y perd. On peut être cool ou pas. Mais généralement les vieux comme moi ne sont pas réputés cools. Les jeunes, eux, bien sûr, le sont. Par exemple, pour certains Catherine Dorion est cool, mais pas François Legault ou Pierre Arcand, pour utiliser des modèles politique. Justin Trudeau est réputé cool, mais pas Donald Trump ou Doug Ford. Eux, ils ne sont vraiment pas cools. Vraiment pas.

Autre chose. Quand j’étais jeune, disons en 1950 ou 1955, échapper un sacre était insultant et vulgaire pour ceux ou celles qui l’entendaient, même si c'était un coup de marteau sur un pouce qui l'avait provoqué. En général, les parents réprimaient ce genre de langage chez leurs enfants. Signe de progrès manifeste, aujourd’hui le sacre est devenu un outil accepté d’expression de soi et ce, au point qu’on entend sacrer non seulement sur la rue mais, tenez-vous bien, à la télévision, à la radio et même sur Facebook. J’ai même un ancien confrère de collège devenu vedette du rock québécois dont on m’a rapporté qu’il avait sacré sur scène, oui Madame, et plus d’une fois. C’est pour dire, le progrès n’attend pas ! Oui, les ‘sties, c*lices, les t*barn…, les cib*ires, les cr’sses, c’est maintenant versé dans le langage courant du Québec, de même que le f*ck, le sh*t, etc. On progresse, c'est clair et net.

Il n’y a pas à dire, mais depuis un demi-siècle, nous avons avancé. Nous nous sommes libérés de plein d’autres vieilles affaires et nous sommes devenus modernes et cools. Oh oui, nous vivons une bien belle époque…
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dimanche 24 février 2019

QUE VIENNNE LE PRINTEMPS !!!

Quand j’étais à l’école, il y a bien longtemps, le professeur de géographie nous disait qu’au Canada, on avait un climat « tempéré ». Naïvement, je nous estimais chanceux de ne pas vivre dans un climat tropical (trop chaud et humide, trop de serpents et d'alligators) ou arctique (définitivement trop froid). Je n’avais pas compris que notre climat dit 'tempéré', c’est un climat qui est la moyenne de nos saisons. En moyenne, on est bien. Mais vous savez, les moyennes… 

L’hiver que nous venons de vivre n’a rien eu de tempéré : on a gelé, on a glissé sur de la glace, on a pelleté et pour certains, il a fallu déneiger le toit de leur maison. Et ce n'est pas fini. Officiellement, il reste encore quatre semaines à cette saison hivernale éprouvante.

Cet hiver 2019 a succédé à un été surtout de canicule, dur à supporter même avec des climatiseurs. Ce n’est pas surprenant que la météo fasse partie de nos sujets quotidiens de conversation. Oui, que vienne le printemps !!!


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dimanche 13 janvier 2019

MON PREMIER ROMAN

Je suis heureux de faire savoir, par le biais de ce blogue, que je viens de publier mon premier roman sur la plateforme Kobo. Il est à l'adresse :

https://www.kobo.com/ca/fr/ebook/le-secret-de-maurice-duplessis

Ce roman est une fiction historique dont je suis très fier. Mon roman a été refusé par une bonne demi-douzaine d'éditeurs de livres sur papier. Mais ayant découvert le Kobo Writing Life, j'ai décidé d'en profiter et de soumettre mon livre. Il a été accepté.

Voici la page couverture de mon roman :


À tous ceux et celles qui m'ont encouragé dans ce projet, mille mercis !!!

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mardi 18 septembre 2018

ÉLECTION : ÇA SE RESSERRE

Il n’y a pas à dire. La campagne « plate et ennuyeuse » commence à être plus captivante, au fur et à mesure qu’on s’approche du 1er octobre. Les débats (et il reste celui de jeudi à TVA à venir) ont eu, semble-t-il, un effet perceptible sur les intentions de vote. Si on se fie à Québec125, la CAQ, donnée gagnante majoritaire depuis des mois, serait maintenant presque en zone minoritaire, au plan des sièges. Les quelques cafouillages de François Legault sur la question de l’immigration ont été la faille au travers de laquelle ses adversaires se sont engouffrés pour le faire trébucher.

Pour son plus grand malheur, François Legault n’a probablement jamais appris aux HEC que « De minimis non curat praetor », ce qui veut dire que le grand chef ne s’occupe pas des détails. Il lui aurait suffi de répéter ad nauseam le principe de son engagement : réduire le total de l’immigration pour mieux intégrer ceux que nous accueillons. Pour son plus grand malheur, il s’est pris les pieds dans les détails et on assiste au résultat.  
Le PQ, fouetté par son chef Jean-François Lisée, aurait gagné quelques points qui lui permettraient peut-être de conserver son statut de parti reconnu au parlement québécois avec entre 10 et 15 sièges. Quant à Philippe Couillard, il se bat avec l’énergie du désespoir pour tenter de gagner un autre mandat pour les libéraux. Il a beau dire qu’il demande un « second » mandat, les électeurs et les électrices ne sont pas vraiment dupes. Il reste Québec solidaire, qui promet monts et merveilles, avec la lune en prime, grâce aux fortunes récupérées fiscalement auprès de nos très nombreux richissimes Québécois. Là encore, il ne semble pas que la majorité de la population soit vraiment impressionnée.

Le resserrement des intentions

J’écris beaucoup au conditionnel. C’est que l’avenir est toujours difficile à prévoir. Le recul relatif de la CAQ, par exemple, était prévisible : c’est le sort de tous les partis donnés gagnants en début de course. À mes yeux, jusqu’à maintenant, la CAQ a assez bien résisté aux coups de boutoir de ses adversaires, et il reste douze jours de campagne. Est-ce que François Legault va passer à l’attaque avec des éléments nouveaux et insoupçonnés ? Ce sera peut-être nécessaire pour frapper l’électorat avant le 1er octobre.
Le PQ semblait voué à une quasi-disparition avant le départ de la course électorale. Mais grâce à l’énergie admirable et incessante de son chef Jean-François Lisée, le parti résiste et gagne même quelques points. La question demeure : le parti va-t-il suivre son chef jusqu’à la fin dans cette frénésie ? Lisée a-t-il encore beaucoup de « trucs » - comme le détour à Ottawa - pour frapper l’imagination et obtenir de belles images pour les médias ? Peut-être, mais des médias, ça se lasse rapidement.

Du côté de Philippe Couillard, je m’attends au maintien du rythme actuel de sa campagne. Comme le Parti Québécois, le Parti libéral du Québec peut compter sur une solide organisation dans les comtés, ce qui augmente les chances de succès.
Quant aux promesses, il semble que celles-ci ne dérangent et n’impressionnent plus personne, sauf quelques groupes d’intérêt. Depuis le 23 août, il y a eu tellement de promesses de toutes sortes, allant du sandwich aux soins dentaires, en passant par des moyens de transport structurant et des bouts de routes et surtout d’autoroutes, que la population ne semble plus en faire de cas. Manifestement, nos leaders politiques ont abusé de ce truc et des finances publiques. Même les cadres financiers des partis se sont éloignés du rapport pré-électoral de la Vérificatrice générale du Québec. C’est dire…

Et alors ?...

À moins d’un événement dramatique ou totalement imprévu, il semble que les jeux soient presque faits dans cette élection. La CAQ va former le prochain gouvernement, majoritaire ou minoritaire à quelques sièges près. Le PLQ va former l’Opposition officielle avec 35 ou 40 députés. Il reste à voir si Philippe Couillard va remporter son comté de Roberval.

De son côté, le PQ sera la deuxième opposition avec autour d’une douzaine de députés. Là aussi, la réélection du chef Lisée dans Rosemont n’est pas encore assurée. Enfin, Québec Solidaire aura entre trois et cinq députés, dont peut-être une première députée à Québec dans le comté de Taschereau.
 
Enfin, au total, il y aura un aspect fort stimulant dans ce vote du 1er octobre prochain. Jamais autant de femmes n’ont été candidates, et il faut espérer que jamais autant de femmes ne seront députées à l’Assemblée nationale.


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vendredi 7 septembre 2018

CAMPAGNE ÉLECTORALE : ENCORE, ENCORE ET ENCORE… *

Depuis plusieurs jours, la campagne électorale bat son plein au Québec. La surenchère des promesses et des engagements est bien amorcée. Les candidatures dites vedettes ont presque toutes été annoncées, non sans quelques difficultés ici et là. Les chefs se promènent en autobus nolisé et patrouillent le Québec, surtout là où ils escomptent faire des percées. Bref, le rituel habituel est en marche.

Lorsque comme nous, on a plusieurs décennies d’observation de la politique derrière la cravate, un certain sentiment de résignation nous envahit. « Pas encore cela », nous disons-nous, « c’est toujours la même chose » … Bien sûr, les bouilles des chefs et des candidats changent. Des vieux s’en vont. Des jeunes arrivent. Chose heureuse, les femmes sont maintenant nombreuses à entrer dans la joute politique. Mais finalement, c’est toujours la même chose.

Comment se fait-il que cette campagne de 2018 ne soit pas si différente, disons, de la dernière campagne de Maurice Duplessis en 1956 ? Mis à part les technologies de l’information et les inutiles nouvelles en continu, on dirait que rien n’a changé. On accroche des pancartes aux poteaux électriques ou aux lampadaires, on fait du pointage pour savoir si vous penchez un peu par ci ou un peu par là, on nous lance des sondages dans les médias et les sondages, le ridicule ne tuant plus personne, deviennent de la nouvelle. Les candidats font du porte à porte, toujours escortés par un assistant. Les débats des chefs se préparent, tout comme ceux des candidats dans certains comtés.
En somme, on refait l’exercice d’élire des députés et de choisir un gouvernement toujours de la même façon, campagne après campagne. Si vous percevez un peu de nouveauté dans la présente campagne, nous vous saurons gré de nous en informer. En effet, campagne après campagne, c’est comme si on avait remisé l’imagination au vestiaire.

FAIRE AUTREMENT ?            
Serait-il possible de désigner nos députés autrement ? Est-il même pensable de vouloir réformer les scrutins ? C’est probablement impossible sans sans remettre en cause notre système et nos modes démocratiques. Déjà, et depuis un bon moment, des partis politiques réclament le scrutin proportionnel pour que notre parlement reflète mieux la composition diverse de la population. Mais ceux ou celles qui réclament ce type de scrutin ne répondent jamais à la question de la stabilité et de l’efficacité d’un parlement et d’un gouvernement durant un mandat.

On a vu, lorsque le Parti québécois a fait entrer sept députés à l’Assemblée nationale en avril 1970 à quel point une petite poignée de députés peut paralyser le processus législatif. On a revu ce phénomène plus récemment avec Mario Dumont et un peu plus tard, l’arrivée de Québec solidaire. Cela dit, la représentativité en politique est un exercice délicat et périlleux. Le fait pour chaque citoyen et chaque citoyenne de voter pour envoyer un député le ou la représenter au parlement est la base même de la démocratie ; altérer la portée de ce geste aurait de sérieuses conséquences, pas toutes positives. Ainsi, envoyer au Parlement des députés qui n’ont pas été directement élus constituerait un geste nocif, au plan démocratique.
Par ailleurs, d’autres ont avancé l’idée d’inclure des corps intermédiaires au sein de nos représentants élus. Ces corps intermédiaires seraient les syndicats réunis en centrales, les chambres de commerce, les mouvements sociaux, etc. Les proposeurs de cette idée se sont appuyés sur le fait que dans la majorité des mouvements et des organisations, les dirigeants sont élus, ce qui justifierait qu’on reconnaisse le caractère « démocratique » de leur présence parmi les députés qui n’ont, selon ces proposeurs, qu’une représentation « géographique » de la population.

Cette idée est, au mieux, farfelue. Ne serait-ce pas là permettre à des lobbys de faire leurs représentations directement sur le parquet de l’Assemblée nationale ou de la Chambre des Communes ? Déjà on déplore la multiplication invraisemblable des lobbyistes autour des gouvernements et des députés. Nos deux niveaux de gouvernements ont même créé le poste de Commissaire au lobbyisme pour tenter de réguler cette activité intense de représentation d’intérêts particuliers. Les loups sont déjà à la porte de la bergerie. Inutile de leur ouvrir toute grande cette porte.
Puis, parmi d’autres voies de changement, certains proposent que les députés soient élus à la majorité absolue, même si cela pourrait entrainer un deuxième tour avec les coûts conséquents, la légitimité du député ainsi élu serait renforcée et incontestable.

En définitive, peut-être serait-il possible de faire autrement nos élections notamment en introduisant avec prudence les technologies de l'information, mais l’enjeu est trop important pour qu’on « s’amuse » avec cela. La représentativité en politique est un exercice délicat et périlleux. Le fait pour chaque citoyen et chaque citoyenne de voter pour envoyer un député nous représenter au parlement est la base même de la démocratie ; altérer la portée de ce geste est affaire sérieuse.
Dans chaque vote exprimé, même si l’électeur n’y pense pas, il y a l’intérêt supérieur de la collectivité, le bien commun de toute la population. De plus, et on a tendance à l’oublier, aucun député élu n’a de patron, si ce n’est la population de son comté. Son mandat, il le tient de ses électeurs et aucune autorité ne peut le démettre.

La campagne électorale actuelle est peut-être ennuyante et répétitive, mais pour paraphraser Winston Churchill, elle est aussi le moins mauvais moyen pour offrir à la population un gouvernement représentatif.
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Photo : Le Devoir

* Un grand merci à mes collègues de Québec, Denys Larose, Normand Chatigny et Jean-Noël Tremblay, pour leur suggestions pour améliorer ce texte.

samedi 14 juillet 2018

IGNORANCE, MENSONGE, IRRESPECT...

Il y a des jours où trop, c’est trop. Il y a des jours où la moutarde nous monte au nez. Ces temps-ci, ça m’arrive trop souvent.  
Les poilus

L’irrespect, d’abord. Radio-Canada a décidé de baptiser une émission estivale sur les animaux de compagnie « Les poilus ». Quand on est ignorant, on trouve que c’est une bonne idée. Quand on est ignorant, on trouve même cela rigolo. Lors de la première Guerre mondiale (la guerre 14-18, pour les ignorants), la France a perdu 1 397 800 militaires, et 4 277 000 autres de ses soldats ont été blessés. Quand on est ignorant comme les producteurs d’émissions de télévision, on ne sait pas que ces soldats français, pendant ce conflit de 1914-1918, s’appelaient « les poilus ».

Ce surnom est apparu parce que les soldats faisaient la guerre essentiellement dans des tranchées. Ils y passaient typiquement sept jours avant d’être relevés. Dans les tranchées, pas question de se laver et de se raser alors que les soldats pataugeaient dans la boue et les déchets de toutes sortes jusqu’aux genoux, sous des bombardements quasi constants de l’artillerie ennemie et la menace permanente des tireurs d’élite. Lorsque les soldats sortaient des tranchées pour aller se reposer à l’arrière du front, leur allure hirsute leur a valu ce surnom de « poilus ». Ce surnom ne fut pas et n’a jamais été péjoratif, bien au contraire. C’est même devenu un titre de gloire que d’avoir été un des poilus français de la Grande Guerre.


Donner le nom de « Les poilus » à une émission de télévision simplette, c’est démontrer son ignorance de l’histoire, et pour une télévision de langue française ici au Québec, c’est faire preuve d’un manque flagrant de respect et de sensibilité historique. Il y a des mémoires courtes qui n’ont simplement pas le droit d’exister.


Bon, je l’ai écrit et oui, ça m’a fait du bien. Je continue.

Désastres maritimes

Jusqu’à récemment à Radio-Canada toujours, on a fait la promotion d’un documentaire qui a été télévisé le 14 juillet. Le documentaire porte sur le naufrage du paquebot de luxe italien Costa Concordia en 2012. La narratrice de cette promotion dit qu’il s’est agi « d’une des plus grandes catastrophes maritimes de l’histoire ».  Bien sûr, c’est totalement faux. Trente-deux personnes ont perdu la vie dans ce naufrage. Trente-deux. De dire que ce naufrage est un des plus grandes catastrophes maritimes de l’histoire est un mensonge éhonté.


Pour mémoire, le Titanic a coulé le 14 avril 1912 au large de Terre-Neuve. Entre mille quatre-cent-quatre-vingt-dix et mille cinq-cent-vingt personnes ont alors perdu la vie. En mai 1914, l’Empress of Ireland a fait naufrage dans le fleuve Saint-Laurent face à Pointe-au-Père près de Rimouski. Mille vingt-sept personnes ont alors perdu la vie. Face à ces vraies tragédies, les trente-deux personnes du Costa Concordia ne pèsent pas lourd. Ces accidents tragiques ont eu lieu en temps de paix.


En temps de guerre, de véritables désastres maritimes ont également eu lieu. Le Lusitania, torpillé en mai 1915, a vu mille deux cents de ses passagers – incluant 94 enfants - et membres de l’équipage périr. En janvier 1945, le Wilhelm Gustloff a été torpillé par un sous-marin soviétique alors qu’il transportait vers l’ouest des soldats blessés et des réfugiés de la Prusse orientale. Neuf mille trois cents personnes ont alors perdu la vie dans les eaux de la Baltique. Est-ce que ça vaut la peine encore de mentionner la bataille maritime du Jutland en mai-juin 1916 ? Wikipedia nous apprend que « les Britanniques ont perdu quatorze navires contre onze allemands mis hors de combat. Du fait que trois de ceux-ci étaient des croiseurs de bataille, leurs pertes humaines sont aussi plus élevées, 6 094 marins anglais contre 2 551 Allemands... »

Alors, entendre une lectrice de Radio-Canada s’exciter à propos d’une « des plus grandes catastrophes maritimes de l’histoire » - le Costa Concordia - quand c’est carrément faux, ça dépasse l’ignorance. C’est un signe d’incompétence crasse dans la tour du boulevard René-Lévesque à Montréal.


Personnellement, je suis passionné de l’histoire et je reconnais que ce n’est pas le lot de tout le monde. Il y a cependant des dates évidentes, des faits majeurs de l’histoire qui ne devraient jamais être oubliés, surtout pas par des gens qui travaillent en information dans un média.


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jeudi 31 mai 2018

OÙ SONT DONC PASSÉS LES ÉTÉS D'ANTAN…

Quand les décennies s'ajoutent à son compteur personnel, quand le temps semble filer plus vite qu’auparavant, quand les chefs d’état et de gouvernement sont plus jeunes que soi, la réminiscence de ce qui fût est inévitable, sauf pour les malheureux qui ont perdu leur mémoire. C'est parce qu'on vit encore et qu'on a vécu que l'on se rappelle le chemin parcouru, et pas nécessairement pour vivre dans le passé ou dans la nostalgie. Le « vécu » est loin d'être toujours intéressant. À preuve ces ennuyeuses émissions de téléréalité, dont le nom même est un mensonge, ou encore certains contenus de Facebook. Dans mon cas, face aux saisons estivales de nos temps modernes, je me demande souvent où sont passés les étés d'antan. Je vous explique pourquoi.

Mon enfance s’est déroulée, pour l'essentiel, entre 1950 et 1960. Né en 1944, j'ai eu 6 ans en 1950. Mes souvenirs ne sont pas très précis pour toute cette décennie, mais je me rappelle surtout que l'été, c'était la fin des classes, la liberté de jouer dans la cour de la maison ou au parc tout près, et un certain silence, un certain calme. Après dix mois de discipline scolaire, de devoirs, de leçons, la fête de la Saint-Jean représentait la liberté estivale, le farniente, même si on ne connaissait pas ce mot. Bien sûr, il subsistait une certaine discipline à la maison, mais c'était davantage pour notre bien et notre sécurité que pour nous opprimer.

J'ai passé cette enfance à Montréal-Nord, sur la rue Sainte-Gertrude. De temps à autre, un vieil autobus brinquebalant y passait. Il n'y avait pas beaucoup de circulation automobile. Au début, le laitier venait nous porter nos nombreuses pintes de lait dans sa voiture à cheval. Quand il faisait particulièrement chaud, il nous donnait des éclats tombés des gros cubes de glace qui gardaient au frais ses produits laitiers dans sa voiture. Un jour, il est arrivé avec un camion tout neuf. Fini la glace. Moi, j'ai été déçu de ne plus voir et même sentir son cheval, et de ne plus avoir de morceau de glace à sucer tranquillement à l'ombre. Dans ces années-là, voir passer un avion dans le ciel était un événement qui nous fascinait. Je me rappelle d'avions avec trois gouvernails : c'était des Super Constellations. On n'arrêtait pas le progrès.

Au Parc Léonard, niché entre le Boulevard Gouin et la Rivière des Prairies, on s'amusait pendant que les plus grands jouaient dans un coin du parc à la balle molle ou au baseball. On avait des balançoires, des carrés de sable pour les « bébés », comme on disait du haut de nos huit ou neuf ans… Une fois par été, si je ne m'abuse, il y avait une tombola au parc. Des jeux, des kiosques étaient érigés et une atmosphère festive, avec de la musique, des spectacles et des guirlandes de lumière nous remplissait les yeux d'émerveillement. Si on avait quelques sous, on se payait la traite : un petit sac de chips Maple Leaf et un Coke en bouteille faisaient de notre journée un succès… La tombola durait, je ne sais plus, quelques jours ou même une semaine. Puis, le parc retrouvait son calme habituel. Mis à part les éclats de voix des enfants, le parc était plutôt silencieux.

Moi, j'étais un « liseux ». J'aimais lire. Dès que j'ai eu neuf ou dix ans, on m'amena en tramway à une bibliothèque municipale au coin de Lajeunesse et Gouin. La bibliothèque était logée en haut d'un poste de pompier. Pour y accéder, il fallait grimper un long escalier en métal qui résonnait sans bon sens. J'empruntais trois livres et je revenais à la maison, toujours en tramway. Généralement, j'avais lu mes trois romans en une journée. Le lendemain, je recommençais. J'ai dû faire cela un ou deux étés à Montréal-Nord. Puis, mes parents ont déménagé à Rosemont. J'avais quelques années de plus, et mon père m'avait acheté une bicyclette à un encan de la police. La bécane avait deux barres et devait peser trente livres, mais c'était ma bicyclette. Rapidement, l'été, j'ai poursuivi mon manège de lecteur vorace en me rendant à bicyclette à la bibliothèque municipale au coin de Bellechasse et de la 8e avenue. Le manège des trois livres lus en une journée se poursuivait. Mais je ne faisais pas cela sept jours par semaine.

J'allais aussi au parc où j'ai vu la Roulotte de Paul Buissonneau, et le comédien lui-même nous présenter des comédies. On jouait aussi à différentes sortes de jeux sur le gazon.  D'autres jours, je devenais explorateur de Montréal. Je partais en bicyclette sans but précis, pour connaître la ville. Ma mère s'inquiétait un peu et me disait d'être prudent. Souvent je revenais pour le repas du midi et je passais mon après-midi à lire en grignotant des carottes… L’été, c’était tranquille.

Aujourd’hui, pareil régime de calme et de tranquillité est impensable. L’été, maintenant, rime avec party. Les festivals de n’importe quoi se succèdent les uns aux autres. On ferme les rues. Les haut-parleurs sont omniprésents. On a des feux d’artifices pour avoir des feux d’artifices. On s’invente des anniversaires pour fêter bruyamment encore plus, même si ces anniversaires sont plus ou moins bidons, comme le 375e de Montréal ou le 150e du Canada, pourtant découvert en 1534 par Jacques Cartier. J’ai entendu dire que le maire Coderre voulait préparer activement les fêtes du 380e de Montréal… Disons que le 400e de la fondation de Québec en 2008, c’était un réel anniversaire.

Cette pléthore de fêtes n’est pas l’apanage de Montréal, de Québec ou du Québec. C’est partout. Les entreprises créatrices d’événements – oui, oui, ça existe et on les subventionne grassement – se multiplient et font preuve d’une imagination sans limites pour distraire les citoyens et ça, du plus petit hameau à la plus grande ville.

Dites, est-ce que les gens s’ennuient tant que cela ? Je pense qu’en général, oui, les gens s’ennuient. Sinon, comment expliquer les foules qui se bousculent au moindre événement festif, au moindre festival de l’épingle à linge? Peut-être que c’est la platitude sidérante de la télévision en été qui explique un peu cela. Après tout, à quoi serviraient les étés si on n’en profitait pas pour s’envoyer en l’air.

Ah… le monde moderne. Je vais aller faire une sieste...



lundi 21 mai 2018

PQ : RIEN NE VA PLUS

Ça ne va pas bien pour le PQ de Jean-François Lisée. Après avoir proposé de stopper les travaux du REM, rien de moins, voilà que les médias dévoilent que la candidate péquiste dans Maskinongé, Muguette Paillé, au cours des dernière semaines, a « formulé ou cautionné une série de commentaires agressifs dans ces forums de discussion, notamment au sujet de l'Islam. Mme Paillé a « aimé » un commentaire qui présente l'Islam comme une « idéalogie (sic) démoniaque totalitaire ». Elle a aussi « aimé » qu'un internaute propose de « castrer avec une lame de rasoir » les musulmans pour « les empêcher de violer les femmes et les petites filles ». Elle a également qualifié le premier ministre Justin Trudeau d’« antinationaliste », de « voleur» et de «menteur», et présenté Philippe Couillard comme un « cheikh ». »

Cela, C’était rapporté dans La Presse du 15 mai 2018. Madame Paillé, bien évidemment, a retiré sa candidature.

Alors que le Bloc québécois s’effondre, un de ses visages les plus emblématiques, Michel Gauthier, prend sa carte de membre du Parti conservateur du Canada et rigole avec Andrew Scheer.

Alexandre Taillefer, « techniquement » membre du PQ, présidera la campagne libérale de Philippe Couillard après avoir été approché deux fois par… la CAQ pour être candidat. Il ne semble pas que le PQ ait tenté de recruter un des hommes d’affaires les plus en vue au Québec. Quelqu’un au PQ dormait au gaz. Faudrait lui rappeler que l’élection est le premier octobre 2018, pas 2019.
Pendant ce temps…
Pendant ce temps, les sondages se suivent… et se ressemblent. La CAQ est en tête des intentions de vote, suivie du PLQ. Assez loin derrière, vient le PQ au plus bas des intentions de vote depuis sa fondation, suivi enfin de QS.

Comme les diverses firmes (Ipsos, Léger Marketing, etc.) présentent à peu près toutes le même tableau sondage après sondage, quelque chose s’est passé dans la tête des Québécois et des Québécoises qui n’a plus rien à voir avec l’idéal de l’indépendance politique de la province. Le monde a beaucoup changé entre 1970 et 2018. Le PQ, à part changer la couleur et l’orientation de la barre dans la lettre Q de son sigle, n’a pas vu ou compris ce changement.
Voilà aussi qu’un chroniqueur généralement assez sympathique au nationalisme québécois, Claude Villeneuve, écrit dans le Journal de Montréal (et de Québec)[1] : « Serait-il possible que le PQ cesse d’écrire lui-même l’argumentaire de ses adversaires ? Sa position est compliquée, mais elle est légitime, voire nécessaire. Éviter de la discréditer d’emblée serait salutaire. »

Un autre chroniqueur dans ce même média[2], Rémi Nadeau, écrit à propos de Québec solidaire : « À voir et entendre Gabriel Nadeau-Dubois, il se dégage une impression qu’à l’exception de la question identitaire, les péquistes pourraient trouver bien des terrains d’entente avec lui. Si les sondages disent vrai, ce n’est pas seulement une simple défaite que risque de subir le parti de Jean-François Lisée le 1er octobre, mais une dégelée. La poussière retombée, peut-être Véronique Hivon sera-t-elle tentée de reprendre des pourparlers avec Nadeau-Dubois... »
Qu’est-ce que ne va plus dans le Parti québécois, naguère porteur d’espoir et d’idéalisme ? Même s’il abandonnait l’article un de son programme (sur l’accession à la souveraineté du Québec), l’impression subsiste que ce parti n’a plus sa place dans notre société. Malgré des erreurs tactiques et stratégiques, son chef et sa co-chef sont actifs, mettent de l’avant des propositions, critiquent le gouvernement, comme c’est leur devoir, mais comme on dit au casino, rien ne va plus.

On assiste possiblement à la fin de ce qui fut un grand parti, comme on a assisté en 1973, à la fin de l’Union nationale. Ce spectacle est désolant. Il l’est toujours.



[1] Journal de Montréal, 16 mai 2018.
[2] Ibid.

mercredi 21 mars 2018

DES ROULETTES, DES MILLIERS DE ROULETTES…

Ces récentes semaines, j’ai encore une fois dû me résigner à fréquenter notre système de santé. Il le fallait bien, car je n’étais pas bien de ma personne. Pour diverses raisons, je suis allé dans trois hôpitaux : une fois pour un ami, une autre fois pour mon épouse et puis pour un de mes frères hélas décédé depuis, et enfin deux fois pour moi-même. J’y ai été bien traité, par tout le monde. Des préposés aux médecins, je n’ai pas de plainte à formuler, bien au contraire. J’ai été reçu, écouté et diagnostiqué de façon extrêmement compétente et humaine. Malgré tous ses efforts, notre ministère centralisateur de la santé n’a pas réussi à déshumaniser notre système car trop de gens, dévoués et compétents, y exercent leur profession.

 Cependant, il y a un facteur auquel le ministre de la santé, notre incontournable Gaétan Barette, n’a pas porté attention. Je parle ici des roulettes. C’est fou ce qu’il y a comme roulettes dans un hôpital, et des roulettes de toutes les tailles et de toutes les qualités, semble-t-il.

Que ce soient les poteaux à solutés, les chariots des technicien(ne)s en ECG, les chariots pour les repas, les roulettes des seaux pour le ménage, les roulettes des civières ou des lits, les petits chariots pour transporter des masses imposantes de documents ou de fichiers, tout roule, dans un hôpital. Quand le véhicule électrique circule en tirant un wagon rempli de linge, mieux vaut se tasser. Tout cela, me direz-vous, est bien normal, et je suis d’accord.

Ce qui est moins normal, cependant, c’est le bruit. Je suis assez âgé pour me rappeler les panneaux de circulation demandant le « SILENCE SVP » autour des hôpitaux, il y a de cela plusieurs décennies. Aujourd’hui, c’est à l’intérieur des hôpitaux que règne le bruit. Une source importante de ce bruit, ce sont les damnées roulettes des innombrables objets en mouvement. Pour un seul ensemble de roulettes plutôt silencieux, vous en aurez neuf qui émettent du vacarme à des divers degrés de décibels.
Qui donc, dans l’immense bureaucratie ministérielle, a reçu le mandat d’approuver non pas les nécessaires roulettes, mais le bruit ambiant qu’elles génèrent ? Comment se fait-il que les administrations hospitalières ne fassent rien pour limiter le plus possible le bruit ambiant, tant aux urgences que sur les étages ? Ce bruit presque constant est contraire au calme et au repos qui devrait être la norme dans nos hôpitaux.

Dans certains cas, j’ai constaté que certains chariots s’approchant de là où j’étais étendu donnaient l’impression très nette qu’une rame de métro me passerait devant, tant le bruit était semblable. Dans d’autres cas, je me pensais chez un ferrailleur : il s’agissait d’une préposée tirant et poussant plusieurs poteaux de solutés. Ou encore, j’ai davantage entendu que vu des chariots construits en grilles de métal, un peu comme des paniers d’épicerie, être trimbalés à gauche et à droite. Quand ils sont pleins, ça peut aller. Mais quand ils sont vides, vous serez réveillés, que vous le vouliez ou non. Le bruit de ces chariots est difficile à supporter, comme si quelqu’un faisait grincer ses ongles sur un tableau.

Certains me diront que c’est le prix de la modernité et qu’on n’est plus à l’époque des panneaux demandant le « SILENCE » autour des hôpitaux.
De fait, je crois sincèrement que ces panneaux devraient être partout à l’intérieur des hôpitaux, car trop de gens, le personnel de la santé comme les visiteurs, oublient qu’ils sont dans un environnement qui doit favoriser le calme pour tout mettre en œuvre afin que les malades guérissent. Il y a autre chose.

Quand les services d’approvisionnement de nos hôpitaux achètent du matériel mobile, font-ils un effort pour vérifier si les roulettes de ce matériel sont suffisamment silencieuses ? Essaient-ils au moins de s’assurer que tous ces chariots n’ajouteront pas aux bruits ambiants déjà présents ? Permettez-moi d’en douter. À voir l’indifférence générale à l’égard du bruit dans les établissements hospitaliers, j’ai le sentiment qu’à cet égard, on a lancé la serviette et qu’on est passé à d’autre choses.

Alors, Monsieur Barrette, est-ce que ce problème est digne de votre attention ? Enfin, sous peu, je reviendrai sur cette autre calamité dans les hôpitaux que sont les téléphones cellulaires.

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